le cannabis rend-il schizophrène ? P’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non ... !

A Chanvre Info, nous avons beaucoup de respect pour le professeur Benyamina, une personnalité française forte de la "troisième voie". Mais là franchement, dans cet article, le professeur n’est pas clair ! Résumons : l’homme est addictologue, il est franchement pour le cannabis thérapeutique et la Recherche médicale, préférerait un modèle de légalisation contrôlé pour les adultes et en revanche, s’inscrit comme alarmiste en ce qui concerne le cannabis et la jeunesse. Mais ici, il n’est pas aussi franc qu’il en a l’habitude. C’est un exercice de com. à la "ni oui, ni non", avec "bottage en touche" ! "... chez un patient sujet à la schizophrénie, la consommation de cannabis amplifie le trouble, mais ne le provoque pas ... !" Nous avons donc une réponse claire mais elle est noyée dans un flot d’argumentations parfois contradictoires et elle n’est pas spécialement indiquée comme réponse donné au questionnement soulevé ici ! Est-ce un effet produit par l’article et un rédacteur qui ne va pas jusqu’au bout de sa pensée ? Est-ce l’expression d’un malaise médical ? Est-ce une gène liée à une forme d’autocensure ? Qu’est-ce que cela pourrait bien cacher ? Une petite lecture du PS pourrait vous éclairer !


Publié le 24/10/2014 par DestinationSante.

Le cannabis rend-il schizophrène ?

Le cannabis rend-il schizophrène ?

En 1988, une étude suédoise prouvait que la consommation de cannabis multipliait par 6 le risque de schizophrénie. Pour autant, le cannabinol, extrait de cannabis, est aujourd’hui prescrit à dose thérapeutique dans la prise en charge de la schizophrénie. Les patients atteints de ce trouble psychiatrique sont-ils plus sensibles aux effets du cannabis ? Les précisions du Pr Amine Benyamina, psychiatre et responsable de l’unité fonctionnelle d’addictologie à l’hôpital Paul-Brousse (AP-HP).

« C’est un fait, beaucoup de patients schizophrènes fument des joints. Et inversement, beaucoup de consommateurs de cannabis souffrent de cette psychose  », souligne le Pr Amine Benyamina. Mais le lien de cause à effet est difficile à confirmer. D’autant que la schizophrénie est complexe à diagnostiquer. « Dans certains cas, les symptômes sont clairement identifiés : hallucinations, bouffées délirantes. Mais le diagnostic est souvent moins évident. Des signes plus insidieux apparaissent comme l’apathie, un manque d’émotivité, des difficultés à s’organiser dans la vie de tous les jours, mais aussi des troubles de la concentration et de la mémoire ... ».

Chez la majorité des patients atteints de schizophrénie, les premiers symptômes surviennent à l’âge le plus propice aux comportements addictifs, soit entre 15 et 25 ans. « C’est aussi la période où se fait la maturation cérébrale  », confirme le Pr Benyamina.

Schizophrène avant d’être dépendant

Première drogue illicite la plus consommée, le cannabis engendre de sévères dommages sur le plan cognitif. Conséquences, une consommation élevée et précoce de cannabis peut mener à la dépression, voire aux troubles de la personnalité. Et donc aggraver ces symptômes caractéristiques de la schizophrénie. En effet, chez un patient sujet à la schizophrénie, la consommation de cannabis amplifie le trouble, mais ne le provoque pas. « La prédisposition génétique a une rôle très important dans le déclenchement de cette pathologie  ». D’autres facteurs de vulnérabilité sont clairement identifiés :

- « La précocité de la consommation : un jeune qui commence à fumer du cannabis à 12 ans est davantage exposé au risque de développer une schizophrénie qu’à l’âge de 30 ans  », explique le Pr Benyamina.

- La qualité du cannabis : un jeune qui consomme du cannabis fortement dosé en tétrahydrocannabinol (THC), substance addictogène, a plus de risque de développer une schizophrénie.

- La bipolarité dans sa famille a plus de risque d’être touché à un certain degré par la schizophrénie.

DestinationSante

P.-S.

Voici de curieux propos tenus par professeur Benyamina. Est-ce un effet d’un mauvais montage de l’article, mais il semblerait qu’il y a ait contradictions dans ce qu’il y est exprimé : en tout cas, tout cela ne répond absolument pas à la question posée puisqu’on y trouve à la fois un "oui possible" et un "non possible" ! C’est l’impression que cet article me laisse après l’avoir lu !

Je pense savoir pourquoi. En gros, si monsieur Benyamina devait aller plus loin, dans son raisonnement, il devrait dénoncer certains aspects des thèses de la prohibition et même remettre en questions certains dogmes de sa propre profession. En quelque sorte se tirer une balle dans le pied, professionnellement parlant, ce qui est difficilement envisageable !

Par exemple, un des arguments évoqués est la bipolarité, une "maladie" que beaucoup soupçonnent imaginaire (inventée pour rapporter encore plus en vente de médicaments aux industries concernées) qui, sous couvert d’une étiquette médicale, cacherait une origine plutôt sociétale du problème. Une origine sociétale qu’en est bien content de cacher sous couvert médical !

Eh oui, les comportements admis et imposés par la société peuvent être à l’origine de troubles mentaux, de léger à très développés, chez des individus dont le mental n’est pas fait pour les supporter ou les pratiquer ! Et inversement, des pratiques rejetées socialement peuvent à la longue, sur des individus qui aimeraient les pratiquer librement, provoquer les symptômes classiques de la bipolarité.

Les sauts d’humeur, avec plus ou moins de violences générées, s’ils sont pénibles pour l’entourage, peuvent être en revanches salutaires au dit "bipolaire" : c’est une soupape de sécurité qui empêche l’implosion interne du sujet !

La bipolarité est un symptôme apparemment classique chez les schizophrènes, mais on colle aussi de la bipolarité à ceux qui ne sont pas schizophrènes et c’est à ce stade qu’on parle de « bricolage médical » !

Pour le reste, l’article s’en réfère à une étude de 1988, étude réalisée en pleine période de "Guerre aux drogues" aux motivations plus politiques que réellement scientifique. Je fais personnellement plus confiance aux études plus récentes, bien que mon expérience de journalisme, me renseigne sur la possibilité que certaines de celle-ci puissent être aussi d’inspirations politiques. Mais au niveau cannabis comme médical en général, nous avons beaucoup plus de connaissances qu’en 1988 et surtout, beaucoup plus de technologies et d’informatique développées pour réaliser ces expériences.

Enfin et surtout : ces expériences qui pouvaient déboucher sur une approche positive du cannabis et des cannabinoïdes étaient jadis interdites. Il semble qu’aujourd’hui, elles sont au contraire devenues une priorité : en Israël, en Angleterre, aux USA, ... sauf en France, bien évidement. En rappel : les premières études de ce genre, ont été menées pour un dépôt de brevets par ceux-là mêmes qui nous les interdisaient (le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique qui, de la sorte, a berné tous ses alliés)

Or, que disent ces récentes études sur la relation cannabis-schizophrénie ? En voici une présentation :

1) Science/Homme : La consommation de cannabis n’entraîne qu’une faible augmentation du risque de schizophrénie (14 aout 2014)

Dans une étude incluant 5456 personnes présentant un diagnostic initial de schizophrénie, la consommation de cannabis a été associée à une faible augmentation du risque de la maladie de l’ordre de 1,6 après le contrôle d’autres facteurs risque. La consommation de stimulants et de cocaïne est aussi associée à un risque légèrement plus élevé.

2) Le cannabis, jadis accusé de déclencher la maladie, pourrait au contraire soigner la schizophrénie (info du 29 août 2014)

3) Australie : Le Council on Drugs indique que le cannabis possède une valeur médicinale certaine (info du 24 aput 2014) http://www.chanvre-info.ch/info/en/...

Le cannabis pharmaceutique est efficace pour traiter différents types de douleur, réduire la spasticité de la sclérose en plaques et les nausées, et aider les personnes à prendre du poids. Mais, en Australie, existent des barrières à l’usage médical de ce produit. Le conseiller principal du gouvernement sur les drogues, le National Council on Drugs, indique qu’alors que les cannabinoïdes peuvent traiter certaines pathologies comme les glaucomes, l’épilepsie, les désordres obsessifs compulsifs, la schizophrénie, le syndrome de Tourette et certaines lésions de la moelle épinière, la preuve de son usage dans ces conditions est moins claire.

Et surtout …

4) Cannabis : la fin d’un mythe prohibitionniste ! (21 décembre 2013) où selon une étude menée à l’Université d’Harvard, le cannabis ne cause pas la schizophrénie.

Bref, en conclusion, le professeur ne peut pas avouer un point de vue du style : « je suis un médecin qui soigne quelque chose qui parfois n’existe pas ». S’il le faisait … son existence même deviendrait difficile et compliquée ! Cela risquerait de fâcher tout un ensemble de gens qui gagnent bien leur vie avec cela !

Il semblerait que dans les deux principes du cannabis, le CBD et le THC, les schizophrènes trouvent une balance avantage/inconvénients en leur faveur. Ce qui expliquerait plus que tout, pourquoi beaucoup de schizophrènes fument du cannabis et surtout pourquoi on n’arrive pas à prouver que ce dernier est la cause de leur maladie ! Mais il y a beaucoup plus d’inconvénients, pour eux, avec le THC qu’avec le CBD ! La légalisation médicale du cannabis leur permettrait d’accéder à des traitements riches en CBD et, pour ceux qui désireraient la fumer, des variétés riches en CBD et pratiquement dénuées de THC.

Alors évidement, prétendre que la profession de monsieur Benyamina est une pure escroquerie est fausse ! D’une part, celle-ci le confronte à de « vrais malades » pour lesquels son action est vraiment utile, même indispensable. Il y a les drogues dures pour commencer.

Il peut y avoir aussi des gens qui fument du cannabis, qui aimeraient arrêter mais qui n’y arrivent pas. Mais concernant le cannabis en général, la plupart des demandes de soins sont d’origines souvent judiciaires, professionnelles ou familiales et ne sont qu’en minorité, le fait d’une décision propre de l’individu.

Notre position est de dire que le cannabis a été abusivement interdit sur la base de théories médicales pour certaines mensongères. Il est donc logique qu’aujourd’hui, des médecins comme monsieur Benyamina, se retrouvent en porte à faux entre le discours prohibitionnistes des instances dirigeantes et la réalité des découvertes réalisées par des études et la Recherche médicale. Les inquiétudes au sujet de la relation cannabis / schizophrénie, ne semblent pas fondées au niveau des adultes. Pour ce qui est de l’enfance et de l’adolescence, c’est-à-dire au niveau d’un cerveau en cours de formation, beaucoup d’études récentes rapportent qu’il puisse effectivement se passer quelque chose de négatif et on ne peut que lui donner raison de se préoccuper de ce problème. Et puis même, sans parler d’impact médical, des gamins qui fument, ce n’est pas bien normal, n’est-ce pas ? Et à plusieurs niveaux !

Nous ne critiquons pas ces médecins : ils ne sont responsables en rien de cet état des choses et monsieur Benyamina qui particulièrement, est déjà allé très loin dans une forme de contestation. C’est quelqu’un qui a une vision assez claire du problème : il est très important qu’il occupe la fonction dont on l’a doté ! Il en est même à espérer qu’un jour, nos élites lui confient un poste encore plus important ! Le problème est … que cette « vision assez claire du problème  » s’avère beaucoup moins « claire » à expliquer aux autres ! N’est-ce pas monsieur Benyamina ? Si vous enlevez un mot sur trois pour échapper aux foudres de gens comme Costentin ou Lebigot, il ne nous reste plus grand-chose à comprendre !

Pourquoi ne dites-vous pas les choses clairement, à savoir : « … des thèses médicales du passé, qui ont procédées à l’interdiction généralisée du cannabis, se sont avérées depuis exagérées pour certaines et inexactes pour d’autres. Ce qui nous fait perdre en perçu d’objectivité et nous oblige à un point de vue moins restrictif sur cette plante, concernant les adultes et une possible remise en question de l’interdit. Toutefois, de sérieuses craintes concernent la jeunesse et les malades de la schizophrénie. Dans ces conditions, seule une légalisation – déjà au niveau médical - pourrait permettre une réglementation efficace apte à traiter le problème ... ».

Si je recoupe plusieurs articles et plusieurs interviews, plusieurs interventions vidéo vous concernant, c’est une bonne synthèse de ce que vous nous avez dit … mais ici réuni en un seul texte et de façon … claire !

Voilà, si ce petit PS peut aider à « crever l’abcès » pour reprendre une image médicale.

JLB