2003/09/20 - L’Express
BERNE - Un rejet de la loi sur les stupéfiants nous ferait revenir 20 ans en arrière". C’est l’avis de la Commission fédérale pour les problèmes liés à la drogue. Elle s’est exprimée en ce sens alors que le National devrait traiter la loi durant cette session.
Mais la Chambre du peuple pourrait bien allonger les débats afin d’éviter de se pencher juste avant les élections sur le thème sensible de la dépénalisation du cannabis. Ce point est le plus controversé de la loi sur les stupéfiants, acceptée fin 2001 par le Conseil des Etats.
Dans un communiqué, la commission fédérale nommée par le Conseil fédéral insiste sur le fait qu’une légalisation ne signifie en aucun cas que le cannabis est inoffensif. Favorable à la dépénalisation depuis plusieurs années, la commission plaide pour une réglementation de la consommation et une meilleure prise en compte de la protection des jeunes.
"Cela peut sembler paradoxal, mais si la consommation de cannabis était légalisée, la prévention serait plus facilement réalisable qu’aujourd’hui", écrit la commission fédérale.
La commission présidée par le médecin François van der Linde est d’avis que toutes les substances qui ont un effet sur la psyché devraient être considérées ensemble. Il faudrait faire face aux risques liées à leur consommation non pas au moyen du code pénal mais avec une réglementation différenciée portant notamment sur la disponibilité, l’imposition et surtout la protection des jeunes.
En cas d’acceptation de la loi, peu de choses changeront dans la pratique, affirme la commission. Selon elle, c’est la réponse adéquate à la situation présente. La législation suivra ce qui se fait déjà depuis longtemps et qui a porté ses fruits dans le cadre du modèle des quatre piliers, écrit-elle après s’être à nouveau penché sur la révision de la loi.