2002/12/27 - La Liberté
RÉPONSE - Alors même que le Conseil d’Etat s’est clairement exprimé en faveur d’une dépénalisation de la consommation de cannabis, il veut renforcer les contrôles des fournisseurs. Réponse à deux députés.
Il faut renforcer les contrôles de police pour permettre d’éviter une banalisation du cannabis "dont les effets néfastes sur notre jeunesse ne doivent pas être sous-estimés". C’est en ces termes visant la commercialisation du chanvre que le Conseil d’Etat répond à une question de Charly Haenni (r, Vesin) et Jacques Bourgeois (r, Avry-sur-Matran). Les deux députés demandaient au canton sa position dans le domaine, et sa réaction si le Conseil national choisissait également la dépénalisation du cannabis. La question portait également sur les mesures prises sur le plan cantonal afin de maîtriser, d’encadrer la production et la commercialisation.
"Le système répressif que nous connaissons actuellement est en contradiction avec les réalités vécues au quotidien et avec la manière dont est perçu ce produit dans la société", estiment les autorités cantonales. Même si le Conseil d’Etat fribourgeois s’est prononcé en faveur d’une dépénalisation générale de la consommation de chanvre, il suit une proposition du Conseil fédéral qui permet de renforcer le contrôle et de poursuivre plus efficacement les fournisseurs. "Le Conseil d’Etat s’oppose ainsi à l’introduction du principe de l’opportunité pour la culture, la fabrication et le commerce du chanvre."
Dans leur réponse, les autorités cantonales précisent toutefois : "Il serait prématuré de définir aujourd’hui déjà une politique cantonale d’application en matière de culture et de commerce de chanvre." Les Chambres fédérales ne se sont pas encore prononcées définitivement sur cet objet.
prévenir aussi...
Mais, que la consommation du chanvre soit dépénalisée ou pas, le Conseil d’Etat promet de continuer son engagement pour la prévention. En 2001, le canton de Fribourg a subventionné, à hauteur de 680 000 francs, des institutions actives dans le domaine de la prévention des toxicomanies, de manière générale. Alors que pour 2002 le montant inscrit au budget était de près de 715 000 francs.
Quant à la question de la protection de la jeunesse contre les substances qui engendrent une dépendance (catégorie dans laquelle les deux députés mettent le chanvre), elle est réglée par la modification, en 97, de l’article 40 de la loi scolaire. Cette disposition prévoit des programmes établis et mis à jour par les Directions de l’instruction publique et de la santé publique. "Il est admis que le problème des dépendances doit être abordé dans sa globalité, en cherchant à agir en amont sur les comportements plutôt que sur les produits", remarque le Conseil d’Etat.
cours, ateliers, soirées Ces programmes permettent la sensibilisation des élèves à la problématique de la dépendance à travers plusieurs activités. Tout d’abord les cours de biologie de 2e année du CO, ainsi que ceux d’information générale ou encore ceux d’éducation physique. Les médiateurs scolaires sont également des acteurs importants dans la prévention, en apportant écoute, aide ou conseils. Enfin les intervenants extérieurs au milieu scolaire, comme la LIFAT (Ligue fribourgeoise pour la prévention de l’alcoolisme et des autres toxicomanies), ne sont pas négligeables. "Selon un rapport établi par cette institution, trente-cinq interventions ont été faites dans les écoles du degré primaire, du Cycle d’orientation et du secondaire II, ces deux dernières années", indique le Conseil d’Etat.
Ainsi, entre les théâtres interactifs, les ateliers de réflexion, les soirées grand public ou celles destinées aux parents, ces interventions ont touché plus de 6000 élèves, 1000 enseignants et 2000 parents.