Décriminaliser, oui - banaliser, non !
L’Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies, ISPA, soutient la décriminalisation de la consommation de cannabis ; la culture et la possession de petites quantités pour la consommation personnelle doivent aussi être dépénalisées. Pour suivre la même tendance que celle appliquée pour le tabac, la consommation dans des lieux publics doit être soumise à de strictes restrictions.
Ne pas criminaliser les jeunes
Un peu plus de la moitié des adolescents et des jeunes adultes a déjà consommé du cannabis ; les considérer, au sens de la loi, comme des criminels est insensé. Ce d’autant plus que les risques pour la santé ne sont, selon l’état actuel de la recherche scientifique, certainement pas plus élevés pour le cannabis que pour les autres drogues légales, largement répandues, dont la consommation n’est pas criminalisée. Mais cependant, décriminaliser la consommation de cannabis ne signifie pas que celle-ci soit sans risque. La production et le commerce des produits cannabiques à des fins lucratives - à l’exception des petites quantités - doivent donc toujours rester interdits.
Les interdictions de consommation ne portent pas leur fruit
Il n’y a pas de preuve scientifique qui démontre que l’interdiction actuelle de consommation a un effet dissuasif sur les jeunes. Les expériences de l’étranger montrent que la consommation de cannabis n’est pas liée aux changements de lois sur le cannabis et à leurs applications.
Suppression des inégalités envers la loi Bien que la Loi fédérale sur le stupéfiants soit valable partout en Suisse, son application est différente de canton à canton. Dans certains cantons, la consommation de cannabis est largement tolérée, dans d’autres fortement réprimée. Ces différentes applications de la loi créent des inégalités de traitement. De plus, ces différences cantonales en matière d’application de la loi n’ont montré aucune incidence sur la consommation de cannabis.
Ne pas banaliser la consommation de cannabis
L’ISPA revendique un ancrage juridique de l’interdiction de consommer dans les bâtiments et transports publics, etc. Il s’agit de donner un signal clair que, bien que la consommation de cannabis soit tolérée, elle n’est toutefois pas souhaitée par notre société. Cette attitude est semblable à celle que nous voulons voir adopter en Suisse pour le tabac. Les infractions à l’interdiction de consommer en public doivent être sanctionnées par des mesures administratives ou éducatives et non pénales.
Renforcer la prévention
Une prévention qui doit s’appuyer sur la criminalisation d’un comportement pour chercher à l’éviter n’atteint pas son objectif : cela ne fait que rompre le dialogue avec les jeunes et stigmatise celles et ceux qui auraient essayé de fumer des joints. Il est bien plus efficace de non seulement mettre en évidence les risques d’une consommation problématique - une grande majorité des jeunes arrête d’ailleurs rapidement après quelques essais - mais plus encore de renforcer l’équilibre des adolescents pour leur éviter ainsi d’entrer dans une consommation habituelle.
ISPA - Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies