2003/01/27 - 24 Heures

Trois gendarmes vaudois et fribourgeois sont venus répondre aux questions de cinq sociétés de jeunesse. Bilan positif pour cette fête du 24 Janvier qui a rompu avec la tradition.

"Mais que fait la police ?" La question a été au coeur du débat, vendredi soir à Salavaux, où l’on a fêté l’Indépendance vaudoise en rompant avec la tradition. "Nous avons laissé les livres d’histoire de côté pour donner la parole aux jeunes", a expliqué William Loup, président du Parti radical de l’arrondissement d’Avenches. Cinq sociétés de jeunesse du district ont ainsi pu interroger trois cadres des gendarmeries vaudoise et fribourgeoise. Nourrie, la discussion a duré plus de deux heures. Avec un constat : "La police ne fait qu’appliquer les lois. Mais parfois elles ont des failles !" Et un jeune d’interpeller : "Mais que fait le législateur ? Comment un jeune, interpellé 50 fois pour des délits, est-il toujours dehors ?"

Et le cannabis ?
Cinq gros thèmes ont été mis sur le tapis : la nouvelle loi sur la circulation routière (LCR), la drogue, la violence des jeunes, la sécurité dans les bals et l’alcool au volant. Le cannabis a notamment suscité pas mal de questions. "D’abord, le chanvre est-il dépénalisé ?", a questionné un jeune. "Pas encore ! C’est une question de temps", lui a-t-on répondu. Surpris par la police pour la première fois avec un joint à la bouche, un fumeur risque donc toujours 150 francs d’amende. "Alors pourquoi des magasins, à Berne, vendent sans problème des sachets d’herbe ?" s’est étonnée l’assemblée. "De toute façon, tout le monde fume, a plaidé un jeune. Et grâce à la TVA, cela amènerait de l’argent dans les caisses de l’Etat."

Le chef vaudois de la prévention routière, Pierre Dufour, a rappelé que la drogue est à l’origine de près d’un accident de la route, grave ou mortel, sur deux : "Contrairement à l’alcool, celui qui fume n’est pas conscient de la diminution de ses capacités." Chef de la circulation à la gendarmerie vaudoise, Christian Flüeli a lui évoqué succinctement la nouvelle LCR. "Dès 2004, le taux limite d’alcoolémie passera à 0,5 et nous aurons la base légale pour procéder à des contrôles aléatoires", a-t-il dit. En clair, plus besoin de déceler des symptômes pour faire souffler le chauffard. "Pour les drogues ou les médicaments, aucune norme n’existe, ni de test rapide. Seule la prise de sang et d’urine permet de les déceler. Mais il faut l’accord du juge", a expliqué le sergent Daniel Bächler, chef du groupe mobile de Domdidier (FR).

La problématique des frontières cantonales a aussi été abordée par les jeunes. "Les collaborations intercantonales devraient être discutées dans la foulée de Police 2000 qui, au niveau vaudois, veut développer les synergies entre corps municipaux et cantonaux", leur a expliqué son coprésident Martial Vincent, de Vallamand. Autre souhait des Jeunesses du district d’Avenches : étudier une solution pour ramener les conducteurs enivrés après les bals. "Faites la demande à la région et on en débattra", a alors répondu un élu. Le débat aura porté ses fruits.

Ce qu’ils en pensent

Kenneth Gentizon, Cudrefin :
"C’est clair, les jeunes doivent faire des efforts pour se responsabiliser. De leur côté, les gendarmes devraient être plus cléments pour l’alcool au volant ou les horaires des fêtes de jeunesse. Et intervenir contre les bandes qui provoquent des bagarres dans les bals. Mais ils en ont peur. Ils s’attaquent donc à des proies plus faciles."

Julien Bessard, Salavaux :
"J’ai un sentiment positif à l’issue de ce forum. Je suis satisfait de la participation des milieux politiques (préfète, syndics, députés). J’espère qu’ils ont pris note de nos revendications. C’est en effet à la politique d’agir. Pas à la police. En matière de cannabis ou de délinquance des jeunes, les lois doivent être changées !"

Christophe Rindlisbacher, Donatyre :
"J’ai été moi-même victime de dégâts sur ma voiture lors de la dernière fête de jeunesse du village. Certes, les gendarmes sont intervenus. Mais après avoir pris le nom du responsable, ils sont repartis. Libéré, le fautif a alors commis d’autres méfaits. La police pourrait donc être plus efficace pour éviter tout dérapage."