Cette année, six Circ ont relancé l’appel du 18 joint un peu partout en France. Certains d’entre eux se sont vus interdire le droit de se rassembler, alors que pour d’autres, l’appel du 18 Joint s’est déroulé sans encombres. Néanmoins, dans tous les cas pendant plusieurs heures, sur quelques places de France, la consommation du chanvre a été légalisée, et ce, avec la bénédiction de la police qui bien que très proche, n’a jamais demandé aux nombreux usagers d’éteindre leurs joyeuses cigarettes !

Circ Bretagne
C’est à Rennes, cette année, que les Bretons se sont rassemblés à l’appel du Circ, de Chiche ! et des M.J.S (Mouvement des jeunes socialistes) pour fêter l’appel du 18 joint, mais ce ne fut pas sans mal et finalement pas sans intérêts pour le Circ. Les ennuis commencèrent lors du collage des affiches annonçant le 18 Joint et la campagne électorale des Verts. Nos amis colleurs furent embarqués et un procès verbal pour la fois étonnant fut dressé. Pourquoi étonnant ? Tout simplement car le rassemblement n’est pas interdit, car il n’y figure pas d’accusation sur le fait que les affiches comportaient des feuilles ou la phrase légaliser le chanvre, car il n’y aura pas de procès pour "incitation à la consommation", car il y a seulement eu, le 8 juillet dernier, un rapide passage des protagonistes devant un médiateur pénal qui leur a fait la morale. On peut assurer, sans risquer de se tromper, que s’il n’y avait pas eu l’affiche des Verts en plus de celles du Circ, le parquet ne se serait pas gêné pour attaquer le Circ Bretagne. Le deuxième petit souci intervint après le collage des affiches. Une association familiale catholique, n’appréciant pas l’affiche du Circ, décida de les attaquer au nom de l’article L630 du code pénal. Mais pour une fois, le plaignant a été débouté et le Circ sort de cette histoire avec une jurisprudence qu’il ne va pas manquer d’exploiter. Après ces quelques rebondissements, l’appel du 18 Joint se déroula sans problèmes et réunit plus de 250 personnes.

Circ Languedoc
Une année de plus, le rassemblement prévu par le Circ Languedoc fut interdit, à une différence près cependant car ce fut sur place, le 18 juin, que la présidente du Circ Languedoc se le fit notifier. Devant la pression policière accrue, très peu de sympathisants vinrent soutenir la cause cannabique lors du 18 juin, en revanche les CRS étaient venus bien nombreux et n’hésitèrent pas à intervenir au moindre mouvement des défenseurs du chanvre. Leur première intervention se déclencha lorsque quelques irréductibles cannabinophiles décidèrent de lever une banderole. "Non, Non, ça c’est interdit" dirent-ils. En revanche, le fait que les détenteurs de la banderole arborent de magnifiques pétards fut occulté. Une Zone Franche de Dépénalisation venait de naître. Leur deuxième et dernière intervention fut comique. Voyant un adhérent distribuer des autocollants, nos amis CRS accoururent, se saisirent de l’objet du délit, et Oh ! surprise, découvrirent qu’il s’agissait d’un autocollant de la campagne des Verts. Deux membres des Verts étant présents sur place "l’Affaire" fut coupée dans son élan, et les autocollants distribués de nouveau. A 20 heures, manifestants et CRS se quittèrent en se disant : "A l’année prochaine !".

Circ Lyon
C’est entouré d’une dizaine d’associations (Chiche !, Fédération Anarchiste, Jeunesses Communistes Révolutionnaires, Ligue Communiste Révolutionnaire, Ligue des Droits de l’Homme, Les Verts, Maison de l’écologie, Mouvements des Jeunes Socialistes, Union Nationale des Etudiants de France - Indépendante et Démocratique) que nous avons appelé les sympathisants de la cause cannabique à se rassembler le 18 juin à 18 heures pour "consumer le L630". Comment consumer le L630 avec humour ?, très simple !, confectionnez quelques sablés et gâteaux en forme de feuille de chanvre et offrez-les en dégustation à toutes les personnes qui vous entourent. Quiconque se saisit de cette représentation de la feuille tombe sous le coup de l’incitation. Reste une seule solution, consommer la preuve, et c’est ce que firent les cannabinophiles présents. Fait étonnant, la police ne s’est absolument pas montrée, si ce n’est un petit inspecteur venu se renseigner sur l’heure de notre départ. La solution consistant à se mêler à beaucoup d’autres mouvements pour appeler au rassemblement de l’appel du 18 Joint semble porter ses fruits et empêcher toute interdiction abusive.

Circ Midi Pyrénées
Le Circ Midi Pyrénées était le Circ qui avait prévu la plus grosse fiesta pour fêter l’appel du 18 joint, ce fut également le plus touché par la répression. La fête devait commencer le 18 juin à 18 heures et durer 24 heures. Douze groupes étaient prévus à l’affiche, de nombreuses associations devaient tenir des stands mais moins de 24 heures avant le début des festivités, l’interdiction tombait. Une sombre histoire de pression du maire du village où devait se tenir la fête, sur la propriétaire du lieu, fit que cette dernière déclara devant les gendarmes que les organisateurs de la fête allaient vendre et consommer du haschich. Résultat des courses, la fête fut interdite sous caution de l’article L630. Néanmoins, devant l’ampleur de la foule qui s’est déplacée pour la fête (plus de 1000 personnes) et à qui il a fallu annoncer l’interdiction, les membres du Circ Midi Pyrénées ont retrouvé le sourire et sont déjà en train de concevoir une autre fête.

Circ Nord Est
C’est à Nancy, dans le parc de la ’Pépinière’ que les cannabinophiles du NORD Est se sont retrouvés pour fêter l’appel du 18 Joint. Dès 14 heures, les stands du CIRC, de ICARE, d’ASUD 67, de Chiche ! ou encore de FTP étaient montés. Beaucoup de promeneurs s’arrêtèrent, curieux de savoir ce qu’il se passait, puis restèrent, étonnés d’entendre de telles revendications. Ceci donna lieu à de nombreuses discussions animées mais toujours amicales qui furent interrompues par .... la brigade des stups sur les coups de 16 heures. Leur intervention fut sans équivoque, les responsables du Circ furent recensés, dès fois qu’ils n’aient pas encore leurs noms et coordonnées, et l’ordre de quitter le parc à 18 heures leur fut intimé. La fin d’après-midi se déroula sans incident, les stands furent pliés à peu près dans les temps et quelques milles personnes purent recevoir une information objective sur le chanvre. Belle réussite tout de même !

Circ Paris
Cette année, bien que n’ayant fait aucune demande d’autorisation de rassemblement, Jean Pierre Galland s’est vu une fois de plus stipuler que le rassemblement, prévu par le Circ Paris, pour fêter l’appel du 18 Joint, était interdit. Le soutien des Verts, du syndicat de la magistrature, de la Ligue des Droits de l’Homme, de Chiche !, d’Asud et de Aides Fédération n’a, en effet, pas dissuadé la préfecture d’empêcher les cannabinophiles d’exprimer librement leur avis sur la question de la légalisation du chanvre. Cette interdiction étant tombée le 17 juin, le Circ, malgré toute sa bonne volonté !, n’a pu prévenir ses sympathisants et a donc du se rendre au Parc de la Villette le 18 juin à 18 heures pour, non pas fêter l’appel du 18 Joint mais annoncer l’interdiction !, ce qui leur vaudra à coup sur un nouveau procès. Interdiction mise à part, plus de 2500 personnes s’étaient déplacées pour demander, au coté du Circ, la légalisation du chanvre. Une nouveauté cette année, moins de familles présentes mais pour une fois les banlieues étaient représentées. Faute de mégaphone aucun discours n’a été prononcé, en revanche, de nombreuses discussions ont éclos un peu partout entre les personnes rassemblées. Il a beaucoup été question de la campagne électorale des Verts auquel J.P. Galland a participé. Tout le monde semblait ravi de ce " coup " médiatique, et en espérait un retentissement qui n’a pas encore eu lieu. Le rassemblement s’est terminé très tard dans la soirée mais les gens du Circ avaient déjà rejoint le lieu où se déroulait " La nuit du chanvre ", organisé par Chanvre et compagnie, pour y tenir un stand. Cette fête-concert fût un succès et quelques 800 personnes y participèrent. Ce 18 Joint parisien vaudra certainement un procès de plus à J.P. Galland et au Circ, mais il leur a permis de constater qu’ils étaient de plus en plus connus et soutenus par la population, ce qui semble être essentiel lorsque l’on veut se faire entendre des politiques. Nous venons d’apprendre qu’un des colleurs d’affiche du Circ Paris venait d’écoper d’une amende de 10000f avec sursis pour avoir décorer les murs de sa ville avec notre beau clown.