2003/03/28 - La Liberté

Chanvre - Le président de l’Association des amis du chanvre compte récupérer la marque "CannaBio", actuellement propriété de l’entreprise "Swihtco Patterson & Cie". Elle avait promu cette plante dans le Pays-d’Enhaut.

L’Association suisse des amis du chanvre veut récupérer la propriété de deux marques, "CannaBio" et "Tante Emmy", actuellement entre les mains d’une entreprise en faillite... entreprise dont le nom n’est pas inconnu dans le Pays-d’Enhaut. Il s’agit de "Swihtco Patterson & Cie" (voir ci-dessous). "En 2002, j’ai versé 3000 francs pour rouvrir la faillite de Swihtco", indique le Fribourgeois Jean-Pierre Egger, président de l’association. La procédure permet d’établir la liste des actifs existants de la société concernée. Les créanciers ont encore un mois pour se faire connaître.

Des millions et millions...
Ainsi, en "ressuscitant" Swihtco, Jean-Pierre Egger pourra récupérer la propriété de la marque et son logo "Cannabioland" (une vache qui mâche une feuille de chanvre avec une croix fédérale en fond). Ils appartiennent encore à l’entreprise défunte. L’association compte retrouver les biens immatériels qu’elle juge être les siens. "A l’origine, Swihtco a été fondée en fait pour être le "bras commercial" de l’association. Comme elle ne pouvait ni commercialiser du matériel ni réaliser de bénéfices au-delà d’un certain volume, de 70 000 à 80 000 francs environ", explique Jean-Pierre Egger Un bras qui devait vendre des produits tels que couleurs, vernis, huiles essentielles, produits pharmaceutiques, d’hygiène, diététiques, papeterie, meubles, cordes, fils textiles, vêtements, farines...

Or, ce plafond a été dépassé, poursuit l’avocat singinois. "Nous avons gagné des millions et des millions de francs. Il nous fallait créer une société commerciale". D’où la mise en place de Swihtco, fondée avec Shirin Patterson.
Problème : les relations se détériorent entre eux. "Miss Patterson avait des vues différentes de celles de l’association. L’entreprise était une émanation de l’association, mais elle m’échappait. J’ai alors demandé sa dissolution", relate Jean-Pierre Egger.

Ce qui ne l’empêche pas d’intervenir auprès du préfet du Pays-d’Enhaut dans le mois qui précède la récolte, en septembre 1996, pour soutenir le chanvre à Château-d’Oex : "J’avais l’impression que deux chanvres avaient été plantés dans le Pays-d’Enhaut : du chanvre indien, et du chanvre indigène, impropre à l’usage de stupéfiant. C’est ce dernier que je m’étais proposé de reprendre à l’agriculteur qui l’avait planté." Or la transaction qui devait être réalisée par "CannaBio Vertrieb" ne s’est pas faite. La récolte avait été mise sous séquestre. La démarche de Jean-Pierre Egger vise aussi, semble-t-il, à couper l’herbe sous les pieds d’Armin Kaeser, l’actuel exploitant de "Cannabio Vertrieb", à Litzistorf. Ces deux partisans du chanvre s’étaient d’ailleurs déjà disputés la propriété de la marque en 2001. La Chambre commerciale du Tribunal cantonal bernois avait tranché la chose en expliquant que les marques actuellement convoitées par Jean-Pierre Egger appartenaient à Swihtco (La Liberté, 17 janvier 2001). La boucle est pratiquement bouclée...