2003/03/29 - La Liberté
"Je suis indigné. C’est un véritable appel à la haine du chanvre. Il me porte un grave préjudice personnel : je devais signer des contrats de culture lundi prochain pour deux hectares dans la Broye. C’est compromis parce que cette annonce a fait peur aux propriétaires. Ce qu’ils ont compris, c’est que la culture d’autres variétés que celles qui figurent dans l’annonce est interdite. C’est faux ! ! !"
Comme il est faux, pour le bouillant apôtre du chanvre, de dire que les variétés "officielles" titrent moins de 0,5% de THC. "Elles en ont entre 1,5 et 3%. Mais ces variétés manquent de nombreuses autres propriétés qui font du chanvre suisse une plante bonne à tout ou presque. On ne peut en tirer que de la ficelle. C’est pour cela que les paysans n’en veulent pas", explose Jean-Pierre Egger.
D’autres arguments le font bondir. "Les juges exigent des contrats de distillation. Pour eux, si l’on ne distille pas, c’est que l’on produit des stupéfiants. C’est archifaux. Ce que la loi sur les stupéfiants interdit, c’est les extraits ou les teintures. Mais il y a des dizaines d’autres usages du chanvre. Nous, on en fait du pain et du thé vendus en grandes surfaces, des succédanés de tabac pour arrêter de fumer, des somnifères doux, des cosmétiques. Sans parler de l’usage des fibres pour fabriquer des habits ou des matériaux de construction." Et les "coussins relaxants" ? Il ne faut pas confondre, précise Jean-Pierre Egger : "Ceux qui produisent des stupéfiants vendent des coussinets à 50 francs les dix grammes, nous c’est 250 francs le kilo. Vingt fois moins cher."
Ancien avocat, le chantre du chanvre estime par ailleurs que "chaque phrase de ce texte est la négation même des principes de base du droit suisse : il amalgame le droit civil et administratif pour en faire l’instrument du droit pénal, il crée des délits par négligence là où le législateur ne voulait punir que l’intention. Il érige même en délit le fait d’être victime d’un vol. C’est inadmissible", conclut Jean-Pierre Egger.