2003/04/14 - 24 Heures
Par des annonces dans la presse et une conférence, les paysans de la région ont été avertis des risques encourus à cultiver "l’herbe qui fait rire".
"J’ai des petits problèmes dans ma plantation, pourquoi ça pousse pas ?", dit la chanson qui squatte actuellement la bande FM. Les paysans broyards, eux, viennent d’être avertis à deux reprises qu’ils pourraient en avoir, des problèmes, s’ils se lançaient aveuglément dans la culture du cannabis. Après des annonces dans la presse publiées par les juges d’instruction fribourgeois.
une première du genre - qui rappelaient le cadre légal en matière de culture de chanvre, une soirée d’information a relayé, vendredi à Fétigny (FR), cette mise en garde aux agriculteurs.
La région se mobilise
Près de 12 hectares de champs illégaux ont été répertoriés, en 2002, dans la Broye fribourgeoise. "Il s’agit de cultures dont le taux en THC (n.d.l.r. : la substance psychotrope du cannabis) est supérieur à la loi qui fixe le seuil maximal à 0,3%, a rappelé le préfet de la Broye, Christophe Chardonnens. Dans ce cas, le chanvre est un stupéfiant !" La région broyarde avait défrayé la chronique, l’an passé, par ses plantations hors-la-loi à Vesin, Murist ou encore Aumont. Les taux y étaient de 10 à presque 100 fois supérieurs à la norme en vigueur. Suite à diverses interventions devant le Grand Conseil fribourgeois, mais aussi vaudois par la voix de Frédéric Haenni, de Vallamand, la région se mobilise donc pour qu’on cesse, à l’avenir, de la considérer comme "la Colombie de la Suisse".
"Ne cédez pas aux sirènes du cannabis, les risques pour les producteurs sont trop grands !", a lancé Michel Losey, l’un des leaders agricoles broyards. Même si une dépénalisation est en cours au niveau fédéral, son application n’entrera pas en vigueur avant plusieurs années. Donc prudence ! « Il y a une énorme confusion en matière de culture de cannabis, entre les espèces autorisées et celles qui ne le sont pas », insiste le député de Sévaz (FR).
En effet, il existe du chanvre autorisé par la Confédération, et dans ce cas-là, l’agriculteur perçoit 1600 francs par hectare de paiement direct. "Mais, poursuit le député broyard, cela ne concerne aucun des 380 000 m2 cultivés dans le canton de Fribourg. Et de toute façon, il n’y a pas de marché pour le papier, ni pour les tisanes ou les huiles". Seule la fumette, semble-t-il, rapporterait gros : des paysans auraient fait plus de 200 000 francs de bénéfice en produisant "l’herbe qui fait rire".