Les jeunes toujours plus friands d’alcool et de cannabis

2003/04/25 - 24 Heures

Selon une enquête de l’ISPA, seule la consommation de tabac reste stable.

Les écoliers suisses boivent toujours plus d’alcool et fument davantage de joints. C’est la principale conclusion de l’enquête quadriennale de l’Institut suisse de prévention de l’alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA), présentée hier à Berne. Si la vogue des alcopops ne se dément pas - surtout chez les filles - les écoliers recourent de plus en plus volontiers aux spiritueux pour s’enivrer.
Seule la consommation de tabac reste relativement stable, mais à un niveau élevé, après avoir atteint un pic en 1998. Aujourd’hui, un quart des 15-16 ans fume régulièrement, soit au moins une fois par semaine. Et plus d’un jeune sur six de ce groupe d’âge fume quotidiennement. Plus de la moitié des 20 000 jeunes concernés admettent fumer parce qu’ils n’arrivent pas à s’affranchir de la cigarette. "Le risque de devenir un fumeur quotidien à l’âge adulte est pour cette catégorie de jeunes 38 fois plus élevé que pour celles et ceux qui ne fument qu’occasionnellement ou pas du tout", précise l’ISPA.
En 2002, la consommation hebdomadaire d’alcool a fortement augmenté par rapport aux années précédentes. Près de 40% des garçons et 26% des filles de 15 et 16 ans boivent de l’alcool au moins une fois par semaine. Les alcopops sont désormais très populaires auprès des filles, alors que les garçons préfèrent toujours la bière.
En outre, toujours selon l’ISPA, les adolescents recourent de plus en plus aux spiritueux pour s’enivrer. Près de 60 000 élèves de 11 à 16 ans se sont légèrement ou fortement enivrés au moins deux fois dans leur existence.
L’étude montre aussi la vogue de la fumette. Le haschisch et la marijuana sont les drogues les plus prisées. Près de la moitié des garçons et 40% des filles ont admis avoir essayé du cannabis au moins une fois dans leur vie. Depuis 1986, ces chiffres ont augmenté de manière quasi constante. Avec un taux de 6,5%, le groupe de ceux qui ont fumé plusieurs fois au cours des douze derniers mois est en nette hausse.
Même tendance pour l’ecstasy, dont la consommation chez les adolescents a passé de 1,8% en 1994 à 3,3% en 2002. La consommation de cocaïne a également augmenté, avec des taux de 3,4% chez les garçons et de 1,7% chez les filles. Finalement, près de 4,7% des jeunes ont déjà essayé des champignons hallucinogènes.

Améliorer la prévention

L’ISPA préconise différentes mesures pour lutter contre ce phénomène :

- A l’information et au dialogue, il faut ajouter des restrictions en termes de publicité et d’accès aux substances.

- Les programmes d’aides aux groupes de jeunes en situation de risques présentent une importance particulière.

- L’ISPA annonce par ailleurs la publication de la brochure S’informer sur le cannabis.