1999/10/19 - L.D.H

Belgique - Olivier Hofman est depuis quatre ans, le héros malgré lui d’un feuilleton judiciaire, et, il en a marre. En mai 1995, il a été contrôlé et fouillé par deux gendarmes, qui ont trouvé sur lui une cigarette de cannabis. Convoqué régulièrement au commissariat, il s’est prêté aux tests d’urine de dépistage de drogue dont il annonçait qu’ils seraient positifs, puisqu’il continue à fumer (et ne s’en porte pas mal). Après six mois, il a reçu une lettre du parquet de Bruxelles lui proposant de payer une transaction de 12.000 FB qui mettrait fin aux poursuites engagées contre lui. Que ceux qui en ont les moyens échappent aux poursuites subies par ceux qui ne les ont pas, lui a paru relever d’une "justice à deux vitesses", une sorte de coûteux "permis de se droguer" réservé aux riches. Il soutient que son usage de drogue ne l’empêche en rien de se comporter en "citoyen comme les autres". Il a alors choisi de poser un acte politique et citoyen : refuser cette transaction, pour mettre le débat sur la place (Poelaert) publique. Ce qui lui vaut pour la cinquième fois de comparaître devant la 56ème chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles, ce mardi 19 octobre 1999 pour détention de quantité infime de cannabis. La directive de l’ancien ministre de la justice Mr.De Clerck demande aux Parquets d’accorder "la priorité la plus basse aux poursuites pour consommation de cannabis". Certains ont pu penser qu’une sorte de dépénalisation qui ne dit pas son nom, était entrée dans les faits. Mais le cas d’Olivier Hofman montre qu’ils se trompent. Cette plus basse priorité permet la perpétuation de pratiques arbitraires : gendarmes et policiers verbalisent sur bases de données subjectives relatives à la personnalité de l’intéressé - gare au look. La ligue des droits de l’Homme soutient le combat d’Olivier Hofman et vous invite à lui manifester votre soutien lors de sa comparution ce mardi à 11 heures.