2004/12/24 - La Liberté

Ce lecteur, grand défenseur du chanvre agricole, remet Galmiz à sa place.

L’opposition (alémanique) au projet d’implantation d’une usine à Galmiz a soulevé de l’indignation, comme celle du conseiller d’Etat Beat Vonlanthen : comment des Alémaniques peuvent-ils oser s’opposer à un projet romand, de quoi se mêlent-ils ? Eh bien, ils se mêlent de ce qui les regarde, car ils sont chez eux. Galmiz, en effet, ce n’est pas du tout la Romandie, loin de là. Un coup d’oeil sur la carte géographique remet la future usine à sa place, c’est-à-dire en Suisse allemande, partie alémanique du canton de Fribourg. Au nord et à l’est de Galmiz, c’est territoire suisse allemand ; au sud il faut dix kilomètres pour arriver en Romandie (Courtepin) et au sud-ouest, c’est Faoug le premier village romand, bien après Murten. La seule terre de langue française effectivement proche de Galmiz, c’est le Bas-Vully (Sugiez), et encore cela ne représente que quelques kilomètres carrés.
Main-d’oeuvre romande en péril ? Que nenni ! Les terres romandes avoisinantes sont très peu peuplées (contreforts neuchâtelois du Jura) ou alors de caractère agricole (Vully, Broye). Non, le réservoir de main-d’oeuvre se trouve en Suisse allemande, dans le périmètre Kerzers, Lyss, Berne, Laupen. L’agglomération bernoise n’est éloignée que de 15minutes en train ou voiture. Galmiz, c’est un projet à 100% alémanique. Cela dit, pourquoi se battre pour une incertaine usine américaine ? Pourquoi ne pas soutenir le chanvre indigène, dont le potentiel pharmaceutique est énorme, connu, appliqué, apprécié. M. Vonlanthen, ancien vice-directeur du secrétariat d’Etat à la science et à la recherche, Département fédéral de l’intérieur, ne peut ignorer cela. D’autant plus que le chanvre indigène, c’est déjà une réalité concrète dans le Seeland, avec son parc d’exposition estival de 20 000 m2 à Chiètres, à côté du Papiliorama.

Jean-Pierre EGGER, Franex