Le parlement de la ville de Berne souhaite l’application d’une politique du chanvre plus ouverte de la part du conseil communal.
La majorité du parlement de la ville de Berne s’est prononcée hier soir pour l’application d’une politique du chanvre plus ouverte de la part du gouvernement. Il a approuvé les six points d’une motion qui a été préalablement changée en postulat.
C’est au printemps dernier que la motion "Neue Hanfpolitik in Bern" (nouvelle politique du chanvre à Berne) avait été déposée par le groupe GB/JA/GBP, avant même que le Conseil national refuse pour la seconde fois, et à la surprise de tout le monde, d’entrer en matière concernant la révision de la Loi sur les stupéfiants. La motion exige qu’on tolère les magasins de chanvre à condition que les produits issus du chanvre psychotrope ne soient pas vendus aux mineurs, que la vente de chanvre soit limitée en quantité, et que les magasins ne fassent pas de publicité. Cet arrangement impliquerait un certain contrôle par la fondation "Contact". Elle se chargerait de la formation du personnel et contrôlerait la protection de la jeunesse. En outre, la motion demande que le conseil communal informe la police pour qu’elle ne dénonce plus la consommation de chanvre dans les lieux publics. Selon la porte-parole de la fraction, Mme Catherine Weber (gb), "Il est temps de regarder la consommation des produits de chanvre comme une réalité sociale et de cesser de diaboliser le chanvre". En même temps, il faut renforcer les mesures de protection de la jeunesse afin de faire comprendre aux jeunes que fumer du cannabis n’est pas forcément"cool", déclare-t-elle. Des campagnes d’information dans les écoles rendront attentif quant aux dangers d’une consommation excessive.
"Signal exemplaire pour la politique des drogues"
La majorité du parlement approuve les mesures de prévention pour la consommation. Par contre, plusieurs membres considèrent que des décisions sur la dépénalisation doivent être prises au niveau fédéral. Stefan Jordi (Socialistes) note "qu’il est inutile d’approuver un postulat qui ne peut être mis en pratique faute de lois superposées". Cet argument n’a pas eu l’approbation de sa collègue du même parti, Mme Barbara Mühlheim, experte en matière de drogues. Le débat lui rappelle les discussions à propos d’un "Fixerstübli" (institution de soins pour toxicomanes) en 1987. A l’époque, le conseil communal avait déclaré que le droit en vigueur n’autorisait pas ce genre d’institution. Quelques mois plus tard, on avait "assoupli la loi car le gouvernement s’était rendu compte qu’une telle institution était nécessaire d’urgence", selon Mme Mühlheim. Actuellement, il est nécessaire que le parlement "donne un petit signal, mais exemplaire, pour la politique des drogues", en tolérant l’existence de magasins de chanvre contrôlés par l’état. Le signal a été promptement donné par la majorité rouge-verte. (ruk)