2000/06/21 - CIRC
Interview de Jack Lang dans France-Soir de ce jour, où il reconnaît avoir déjà fumé du cannabis et être favorable à un grand débat national posant la question de dépénalisation de cette substance. Par ailleurs, il appuie la démarche du testing dans les raves de façon assez appuyée, louant le travail des associations.
"Ma drogue, c’est le travail et mes amis"
F.S : On associe la techno à la drogue, êtes-vous consommateur ?
J.L : Non. Ma drogue, c’est le travail et mes amis. C’est l’ivresse de respirer, de vivre. Ce sont les plaisirs intellectuels ou sensuels. Les drogues traditionnelles ne m’ont jamais tenté. Il m’est arrivé de consommer du haschisch à 18 ans, mais sans grande passion.
F.S : N’avez-vous pas le sentiment qu’un vrai débat sur le cannabis devrait commencer aujourd’hui ?
J.L : C’est certain, je pense personnellement que nous aurions tout à gagner à instaurer un débat national. On devrait jouer cartes sur table, travailler avec des médecins, des éducateurs, mais pas uniquement pour le cannabis. Et que dire du tabac, de l’alcool, qui sont certainement encore plus destructeurs auprès des jeunes.
F.S : En tant qu’homme, seriez-vous favorable à la dépénalisation ou à la légalisation des drogues douces ?
J.L : Si on veut que ce débat ait lieu, il ne faut surtout pas poser la question sur le plan légaliste. C’est le meilleur moyen de figer le débat.
F.S : Certains jeunes risquent tout de même la prison... et d’autres jouent avec leur vie !
J.L : C’est vrai. Une loi qui ici est appliquée et là ne l’est pas, ce n’est pas satisfaisant. En ce qui concerne l’ecstasy, j’ai encouragé la présence d’associations dans les raves pour tester les produits. Il ne faut pas qu’ils se bousillent la santé par la prise de saloperies ! Tant qu’à prendre des drogues, autant qu’elles soient testées. La santé des jeunes est à ce prix.