2004/11/14 - Le Matin

DROGUE - Dépénalisation de nouveau soumise au Parlement

Enterrée en septembre par le Conseil national, la dépénalisation de la consommation du cannabis revient sur le devant de la scène. La Commission de la santé publique du Conseil des Etats a annoncé lundi qu’elle y restait favorable. La question sera soumise en mars à la Chambre des cantons, qui avait déjà accepté le projet en décembre 2001. Présidente de la commission aux Etats, la socialiste genevoise Christiane Brunner estime qu’il est urgent de débattre de nouveau du problème :

Pourquoi relancer le projet de dépénalisation de la consommation de cannabis ?
Notre analyse n’a pas changé depuis 2001. La situation est chaotique. Les producteurs suisses de chanvre ont profité du flou pour faire de l’argent et le marché noir s’est intensifié. De plus, dans la pratique, les cantons ont des attitudes très différentes. Certains poursuivent les consommateurs, d’autres pas.

Pensez-vous avoir une chance, le Conseil national ayant clairement refusé l’entrée en matière ?
Je suis assez confiante. La décision du National était due à la proximité des élections fédérales. Sa commission préparatoire avait d’ailleurs soutenu la dépénalisation, en proposant des mesures de contrôle comme l’introduction d’une "taxe de dissuasion" et d’une limitation des achats. Et il est rare que l’assemblée plénière ne suive pas sa commission.

Les jeunes se sentent perdus au milieu des messages contradictoires des politiciens. Que leur diriez-vous ?
Je leur dirais que la consommation de cannabis est dangereuse. Elle provoque des troubles de la concentration et isole les gens. Il faut rappeler qu’avec la révision de la loi la vente sera interdite aux moins de 18 ans. La dépénalisation nous permettrait de mieux contrôler la consommation et la vente auprès des jeunes.

YAN PAUCHARD