Berne - Le Parti radical aura un successeur à Rolf Schweiger d’ici à la mi-avril au plus tard. Cela pourrait aller plus vite si le Zurichois Felix Gutzwiller se porte candidat.
"Le capitaine nous a quittés mais j’ai repris le gouvernail et le bateau ne va pas s’échouer", assure la conseillère nationale Marianne Kleiner (AR) qui occupe la présidence par intérim du Parti radical depuis la démission de Rolf Schweiger, vendredi passé. La direction du parti a décidé hier que la députée appenzelloise occupera cette fonction jusqu’à la nomination du nouveau président. L’élection aura lieu à la mi-avril 2005 au plus tard. Pour l’heure, tous les yeux se tournent vers le conseiller national Felix Gutzwiller, 56 ans, directeur de l’Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Zurich. S’il acceptait de se porter candidat, les choses pourraient aller beaucoup plus vite. Avec une personnalité de ce format, il ne serait pas nécessaire d’engager une compétition artificielle, entend-on dire au sein du parti.
Le "profil recherché"
L’homme correspond en effet parfaitement au profil recherché, à savoir des positions rigoureuses sur les questions fiscales et financières, libérales dans le domaine économique et sur les sujets de société. Spécialiste de la politique sociale, il s’était notamment engagé pour la dépénalisation de la consommation de cannabis. Polyglotte, contrairement à Rolf Schweiger, il n’aurait aucune difficulté à maintenir le lien avec les Romands.
Les jeux sont cependant loin d’être faits car le principal intéressé ne s’est pas encore prononcé. En automne 2002, il avait déjà été pressenti pour la succession de Gerold Bührer mais il n’avait pas voulu consentir au sacrifice professionnel imposé par une telle fonction. Aujourd’hui, la démission de Rolf Schweiger pour cause de surmenage donne un poids encore plus important à l’argument de la disponibilité professionnelle.
Hier, la direction du parti a refusé de se laisser mettre sous pression. Elle s’est contentée de mettre en place la procédure de remplacement. Le conseiller aux Etats Fritz Schiesser (GL) dirigera le groupe de travail de cinq personnes chargé de rassembler les candidatures. Ses membres seront désignés samedi à l’occasion d’une réunion de travail du groupe parlementaire avec les représentants des sections cantonales. Il appartiendra ensuite à l’assemblée des délégués de procéder à l’élection. La prochaine assemblée est agendée à la mi-janvier et le délai risque d’être trop serré compte tenu des vacances de Noël. La suivante aura lieu à la mi-avril à Mendrisio. "Le nouveau président sera élu au plus tard à ce moment-là", promet Fritz Schiesser.
Tout reste ouvert
Pour l’instant, tout reste ouvert. C’est au groupe de travail qu’il incombe de définir les critères de sélection des candidats. "Nous n’avons aucun a priori", affirme Fritz Schiesser. Il a néanmoins admis que la fonction s’adressait à un parlementaire. Par ailleurs, des candidatures romandes seraient peu crédibles après les déclarations des Vaudois Charles Favre et Yves Christen concernant la nécessité d’une présidence alémanique. Reste l’éventualité d’une candidature du Tessinois Fulvio Pelli, chef du groupe parlementaire. Mais le parti hésitera à le nommer, sachant qu’il devrait ensuite se mettre en quête d’un nouveau chef de groupe. Logiquement, le Tessinois n’entrera en considération que si Felix Gutzwiller ne se présente pas.