2004/10/15 - AFP
MONTFERMEIL - A l’occasion de la semaine de la sécurité routière, la police s’est installée sur un parking de Montfermeil (Seine-Saint-Denis) pour contrôler les automobilistes et tester en "grandeur réelle" la nouvelle méthode salivaire de détection des stupéfiants.
"On arrête les conducteurs en infraction au code de la route. On les verbalise, puis on cherche la présence de cannabis, héroïne ou cocaïne", explique un agent présent lors de cette opération, qui s’est déroulée jeudi.
La police du département, qui a été la première en France à procéder à ces tests en décembre 2003, n’a pas ménagé sa peine, mobilisant un bus tout confort spécialement aménagé.
Après avoir attendu "le bon client" pendant deux heures, la trentaine de policiers s’agite soudain : un homme d’une vingtaine d’années semble être "positif".
L’homme monte et se réfugie dans le bus pour effectuer d’abord le test urinaire. Au grand soulagement des policiers présents, il est positif au cannabis. Le matériel salivaire ne restera pas dans les cartons.
"On a trois tests, une sucette à mâcher, un rape-langue et un bâtonnet placé entre les dents et la joue. On ne sait pas lequel sera finalement choisi", explique Raymond Darriet, commissaire de Montfermeil.
L’examen salivaire de l’homme confirme ses analyses urinaires. Un bon point pour ce test. L’homme doit maintenant affronter un contrôle sanguin.
"Toujours le seul à faire foi, souligne Christophe Fichot, chef du Centre de recherche et d’étude de la logistique de la police nationale. Il ne faut pas nier les difficultés, portant notamment sur le seuil de détection, plus haut que celui de la méthode urinaire. Mais c’est un test efficace pour tous les types de stupéfiants avec un résultat en 20 minutes maximum".
Dehors, la file des autres "clients" s’allonge. Finalement, le jeune homme sort, les menottes aux poignets, avant de se voir notifier un retrait provisoire de permis, que les résultats des examens sanguins pourraient transformer en définitif.
A terme, la méthode salivaire testée par la police, moins contraignante, doit remplacer la voie urinaire qui nécessite la présence d’un médecin.
"Si celle-ci s’avère efficace, elle remplacera un dispositif lourd sur le terrain par un procédé simple. Le gain en temps et en hommes pourrait être divisé par quatre", explique M. Fichot.
Sur 18 infractions relevées pendant l’opération, quatre hommes étaient positifs au cannabis, dont un également à l’héroïne.