2003/11/23 - Le Matin

SOCIÉTÉ - Les jeunes s’estiment en bonne santé, mais une étude révèle que 30% d’entre eux rencontrent des difficultés affectives et relationnelles. Et la consommation de drogue et d’alcool augmente

"Nous sommes impressionnés par les changements vécus en dix ans par les filles". Professeur à l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive de Lausanne (IUMSP), Pierre-André Michaud analyse une étude sur les comportements de 7400 étudiants et apprentis interrogés l’an dernier. Constat : la situation mentale s’est dégradée et les dépendances ? chez les filles surtout ? s’aggravent.

Si une grande majorité des adolescents se sent en bonne santé, 5% d’entre eux pensent que leur santé est médiocre ou franchement mauvaise. L’étude, menée par trois instituts sous l’égide de l’Office fédéral de la santé publique, indique que les problèmes de société sont croissants. "Les jeunes qui ont des difficultés avec leur santé ont souvent des raisons cachées et plus générales de malaise", relève Françoise Narring, des Hôpitaux universitaires de Genève. La solution : "Il faut leur donner du travail et un avenir", préconise Pierre-André Michaud.

L’ALIMENTATION
Les ados sont souvent peu satisfaits de leur image corporelle. Surtout les filles, qui sont 40% à se dire insatisfaites de leur corps et même 70% à vouloir perdre du poids. Pierre-André Michaud : "Avec le matraquage publicitaire, elles pensent pouvoir résoudre leur problème en maigrissant jusqu’à devenir anorexiques. Et les garçons aimeraient devenir plus musclés".

LA FUMÉE
Un jeune sur trois se considère comme un fumeur régulier. L’étude confirme aussi la consommation précoce du cannabis (et de drogues comme le LSD, l’ecstasy ou la cocaïne). Une augmentation du prix du paquet de cigarettes est préconisée. Dépénaliser le hasch ? La vraie réponse passe par la prévention.

L’ALCOOL
La consommation augmente, surtout chez les filles. Pierre-André Michaud évoque les alcopops : "Je suis favorable à un meilleur contrôle des ventes dans les bistrots". Au cours des trente jours précédant l ?enquête, 60% des garçons et 40% des filles ont été ivres au moins une fois.

LA VIOLENCE
Elle n’a pas augmenté en dix ans, mais sa fréquence reste élevée, puisque 18% des filles et 25% des garçons ont été victimes de vol, de violence physique ou de racket en 2002. Le nombre de tentatives de suicide est considérable : 8% des filles et 3% des garçons y ont déjà cédé au cours de leur vie.

VINCENT DONZÉ