2000/06 - Sciences & Vie
Un certain nombre de malades de sclérose en plaques (SEP) ont déjà signalé que la consommation de cannabis réduisait leurs tremblements et leurs symptômes d’hypertonie musculaire. Des études cliniques avaient tenté de vérifier cette rumeur sans y parvenir, peut-être faute de porter sur un nombre assez important de sujets. L’intérêt pour le cannabis est relancé depuis qu’une équipe britannique a constaté, après administration d’un cannaiboïde, une amélioration des symptômes chez des souris atteintes de troubles comparables à ceux de la SEP humaine. Par ailleurs, le principe actif du cannabis s’est révélé capable d’induire, in vitro et in vivo chez la souris, l’autodestruction de cellules cérébrales cancéreuses. Par quel processus ? C’est encore mystérieux.
Tandis que les vertus médicinales du cannabis redeviennent d’actualité, on lui découvre de nouveaux vices. Sa consommation toxicomaniaque s’étend dans la jeunesse, et une équipe de médecins américains signale une fréquence élevée d’infarctus après la prise de cannabis chez les consommateurs de longue date. Les cardiologues américains conseillent donc aux baby-boomers vieillissants de cesser de tirer sur le joint comme lorsqu’ils avaient 20 ans. On ignore si l’accroissement du risque est dû à l’accélération du rythme cardiaque que provoque la drogue (environ 40 battements supplémentaires par minute).