Ce n’est que dans les média vraiment indépendants que l’on trouve des informations sur certains sujets tabous : il devient évident que des médicaments tels que le Prozac (en Suisse : Fluctine) sont la cause de suicides et d’actes de violence.

Par contre, c’est presque quotidiennement que nous avons droit à des nouvelles "révélations" concernant les dangers liés au "cannabis à forte teneur en THC". C’est le sujet favori de la nouvelle répression contre le chanvre.

Cette politique unilatérale des média fait naître le soupçon que les producteurs et vendeurs de chanvre sont les coupables idéaux pour dénoncer et projeter les problèmes d’une société livrée au pillage des grandes industries. Bien entendu, le milieu chanvrier ne bénéficie pas de la même "protection" et des mêmes moyens financiers que l’industrie pharmaceutique et médicale.

5 à 10% de la population est dépressive, les chiffres varient selon les critères appliqués. D’autres troubles psychiques sont en augmentation. C’est avec des médicaments psychotropes, tels que le Prozac que l’on croyait avoir trouvé les substances idéales pour traiter ces problèmes. Mais l’euphorie initiale sur leur efficacité s’est dissipée. La revue New Scientist (1), dans sa dernière édition, relate les faits réels sur ces médicaments miracles.

Lors de l’introduction sur le marché en 1987, par la grande entreprise pharmaceutique américaine Eli Lilly, le Prozac était considéré comme un des grands progrès dans le traitement de la dépression. Ce médicament ne présentait pas les mêmes effets secondaires (tachycardie, constipation, bouche sèche) que les antidépresseurs tricycliques utilisés jusqu’alors.

Euphorie constante
La deuxième génération d’antidépresseurs, appelés inhibiteurs de la réabsorption de sérotonine (SSRI, selective serotonin reuptake inhibitors) a connu un très grand succès. Le Prozac était plus qu’un simple médicament, il était la drogue qui procurait une bonne humeur constante. De nombreux médicaments ressemblant au Prozac ont aussitôt été commercialisés et tout le monde était content : l’industrie qui gagnait des milliards, les consommateurs qui vivaient une euphorie constante, et les médecins qui pouvaient dès lors proposer un traitement lucratif contre des maladies qu’ils n’avaient pas diagnostiquées comme telles avant l’existence de ces nouveaux médicaments.

Effet placebo
Mais l’euphorie s’est dissipée. Depuis les années 1990, de nombreux cas de suicides ou d’actes de violence après traitement avec des médicaments SSRI ont été rapportés et on commença à douter de leur efficacité. C’est la Grande-Bretagne qui a réagi en premier, du moins en ce qui concerne les enfants et les adolescents. La UK Medicines and Healthcare Products Regulatory Agency (MHRA) a mis en place un comité d’experts censé évaluer la sécurité et l’efficacité de ce groupe de médicaments. De même, on exigea la présentation des informations sur les produits de la part de l’industrie pharmaceutique. Le compte-rendu du comité d’experts a conclu que tous les médicaments SSRI, à l’exception du Prozac, étaient dèsormais interdits pour la presciption aux mineurs, et ceci parce que leur efficacité est nulle, mais leur danger d’autant plus grand.

Chez les adultes, le bilan n’est pas meileur. L’Institut National for Clinical Excellence (NICE) au Royaume-Uni a examiné 1.000 études non publiées sur le sujet. Il en ressort qu’en cas de dépression légère, les médicaments SSRI sont en moyenne aussi efficaces que les placebos.

Aux Etats-Unis, l’état de New York a lancé le mois dernier une procédure pénale contre l’entreprise GlaxoSmithKline (GSK). On reproche à cette dernière d’avoir supprimé des investigations qui mettent en évidence un risque de suicide plus élevé chez des mineurs ayant pris le médicament Paxil. Ce n’est pas la première fois que ce médicament fait l’objet de critiques. Déjà en 1998, la famille d’un patient ayant pris du Paxil a été indemnisée par une somme de 8 millions de dollars. 48 heures après l’ingestion du Paxil, le malheureux homme a tué sa femme, sa fille et sa petite-fille. Sur ordre du tribunal, l’entreprise GSK a dû révéler les résultats de recherches gardés secrets, ces derniers prouvant que le Paxil peut provoquer des "états d’excitation anormaux" chez 25% des patients.

Ce n’est que chez les deux tiers des patients que les antidépresseurs sont efficaces et il n’y a aucun moyen de prévoir les effets individuels. Le secret dont s’entourent les entreprises pharmaceutiques, qui ont tendance à supprimer certaines études négatives et à faire pression si nécessaire sur les institutions officielles, est un problème supplémentaire (2).

Le cercle des personnes exigeant un contrôle plus rigoureux des grandes entreprises pharmaceutiques s’accroît. Il est grand temps que celles-ci révèlent tous les résultats de leurs recherches, dans le but d’éviter des conséquences fatales pour les patients.

Sources :
http://www.telepolis.de (Katja Seefeldt, 06.07.2004)
http://www.newscientist.com
http://www.mhra.gov.uk/news/ssri_101203.htm
http://www.prozactruth.com/