C’est à son bilan qu’on juge généralement de l’efficacité d’une Loi et de son maintien ou non. S’il s’avère catastrophique en n’obtenant aucun des résultats escomptés, il doit alors y avoir débat pour que les contre-propositions puissent s’exprimer.
Si les trente dernières années écoulées depuis l’adoption de la législation sur les stupéfiants ont largement permis de démontrer, entre autres, le caractère criminogène de la prohibition, force est de constater que cette dernière ne souffre aucune critique, échappant ainsi à toute remise en question. Cette situation extraordinaire est des plus paradoxale dans un État de Droit aux prétentions démocratiques. Et l’on peut, dans ce contexte, affirmer tout et n’importe quoi. Condamné à surpassé son prédécesseur, M. Dominique de Villepin n’a ainsi pas dérogé à la règle en présentant, récemment, les "6 chantiers prioritaires" de son ministère. La métaphore évoquant le cyclisme - un sport on ne peut plus touché par le dopage- prêterait à rire si le sujet n’était aussi grave...
Parce que la plupart des arguments des prohibitionnistes n’ont survécu à l’épreuve des faits, ces dernierEs se devaient d’introduire un nouveau personnage dans le paysage du/de la déviantE, le successeur de M. Nicolas Sarkozy l’a formellement identifié : voici le/la fumeurSE de joint complice du terrorisme !
En choisissant délibérément la "stratégie de l’amalgame", le gouvernement, par la voix de son ministre de la Sécurité Intérieur, prend surtout le risque de ridiculiser. Doit-on en effet lui rappeler - mais comment un ancien ministre des Affaires Etrangères peut-il l’ignorer ? - que c’est un de nos plus fidèles alliés - le Maroc pour ne pas le nommer - qui se trouve être le premier pays producteur de haschisch au monde, qu’il ne figure pas, à ce titre, sur la liste des pays dits de "l’axe du mal" ? Peut-on encore parler de probité et d’honnêté ?
Dans la foulée, le premier flic de France annonçait son intention de créer un comité interministériel de lutte contre les drogues. Faut-il là encore lui rappeler qu’il en existe déjà deux ? D’une part la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie), attaché au volet sanitaire ; de l’autre la Milad (Mission interministérielle de lutte anti drogue), créée, pour répondre à la première, sous la pression des administrations chargées de la répression, avec à sa tête M. Michel Bouchet, ancien patron de l’antenne parisienne de la Brigade des Stupéfiants.
Décidemment, l’autoproduction prônée depuis des années par la Fédération des Circ et pratiquée par de plus en plus de cannabinophiles en Europe, se révèle être la seule solution permettant de répondre à l’une des inquiétudes des autorités : comment éviter le marché noir et "l’économie souterraine".
PS : on est toujours sans nouvelles de la proposition de Loi de M. Richard Dell’Agnola, habilement et bruyamment annoncée peu avant le traditionnel Appel du 18 Joint, mais toujours pas "référencé" sur les sites du Sénat et de l’Assemblée Nationale...
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