2004/04/20 - Le Matin

Dépénalisation - Le Parlement fédéral prié de statuer

Dilemme sur le terrain, les agents ne savent plus sur quel pied danser. Car la loi interdit toute consommation, alors que les mentalités ont totalement changé...

La police manque d’effectifs et n’a pas le moyens de traiter tous les petits délits liés à la consommation de cannabis. C’est le message que veut faire passer la Fédération suisse des fonctionnaires de police. Le syndicat demande aux parlementaires fédéraux de "prendre leurs responsabilités et de statuer s’il faut oui ou non dépénaliser le cannabis".

"Sur le terrain, on piétine ! le débat politique induit les citoyens en erreur. Même si les mentalités ont beaucoup évolué sur la question du cannabis, nous sommes toujours sous le régime de l’interdiction", rappelle Jean-Pierre Monti, secrétaire général de l’organe faîtier des policiers.

Lors de la session de mai, la question de la dépénalisation sera de nouveau soumise aux parlementaires. Enterré en septembre 2003 par le Conseil national, le projet de loi est revenu sur le devant de la scène en janvier dernier. La Commission de la santé publique du Conseil des états a annoncé qu’elle y restait favorable. "les politiciens ne doivent pas repousser une fois de plus la modification de la loi. Le texte actuel est inapplicable ! il recèle de nombreuses lacunes. Avec l’augmentation des cas. Da police peine à poursuivre la lutte", explique Jean-Pierre Monti.

Les policiers aimeraient enfin savoir sur quel pied danser. Aujourd’hui, la loi sur les stupéfiants condamne toute consommation. La police doit dénoncer pour "délit officiel" toute personne en possession de cannabis. Ensuite c’est au juge de statuer. Mais le prévenu n’écope souvent que d’une amende avant d’être relâché...

"Les politiciens doivent tenir compte de la réalité du terrain, conclut Jean-Pierre Monti. Ils doivent nous donner les moyens financiers d’appliquer la loi actuelle, ou alors nous permettre de travailler avec un texte de loi plus efficace".