Un cannabiculteur et ses proches se font braquer à domicile.
Par Rémy Beurion, le 11 septembre 2014
http://www.leberry.fr/cher/actualit...
Ils dépouillent un planteur de cannabis
Photo d’illustration - OLIVER BERG
Cinq majeurs et deux mineurs montent un coup à Saint-Florent : braquer un cultivateur de cannabis et lui piquer la plantation. Le vol tourne au vinaigre.
À l’époque, en juin 2011, cinq “blancs-becs” se gavent de shit dans la minceur de leur fraîche majorité. Trois ans plus tard, la brochette pure potes se met en rang, sur le barbecue de la justice. Ils ont braqué un cultivateur de cannabis qui, grâce à sa main verte, entretenait une culture de chanvre récréatif à son domicile.
Ce soir-là, le pseudo agriculteur pêche en Brenne, loin de son amie restée à la maison avec son jeune frère et sa copine. Quand la bande de consommateurs déboule chez le producteur, comme dans un drive de supermarché…
Il y a Alexis 23 ans, petit gabarit, il vend l’affaire clef en main ? ; Rémi 24 ans, attend, en bas, dans l’une des deux bagnoles ? ; Benjamin 23 ans, sonne à la porte et entre de force ? ; Abderrahim 21 ans, charge la “came” dans des sacs ? ; Florian 24 ans, “grande tige” à lunettes fait le guet. Tous faucheurs volontaires.
Des mois de prison préventive plus tard ont essoré la superbe des cinq jeunes hommes mûris de force à la lumière de leurs actes, « des faits graves », insiste la magistrate. À l’origine, un braquage à main armée requalifié en vol aggravé par trois circonstances : avec arme et cagoules, dans un local d’habitation.
Dans ce groupe où chacun se fond, difficile de retrouver ses petits entre actions collectives et individuelles. Qui a l’idée des cagoules ? Qui tient l’arme, un fusil à pompe jamais retrouvé, qu’Alexis met entre les mains de ses copains ? Qui se dit « tiens, si on allait moissonner ? » Qui élabore le plan ? Qui frappe au visage ? Qui cogne dans le ventre ? Ils fument de l’herbe, alors ils sont un peu botanistes…
De nombreuses questions résonnent au sein du tribunal. « Pourquoi un fusil à pompe pour un cambriolage alors que 99 % des cambrioleurs n’ont pas d’arme ? », questionne le parquet.
Si Alexis, ado difficile, profite de l’expérience d’un casier judiciaire biffé de cinq condamnations, les autres sont à peu près vierges de tout sauf de leur stupéfiante addiction.
Ils fument de l’herbe, ils sont un peu botanistes… Mais, ce jour-là, les réservoirs sont à sec. Alors, Alexis connaît un mec, à Saint-Flo qui cultive de la marijuana, il suffit de la lui piquer. C’est interdit, non ? Voler de l’interdit, c’est autorisé, non ?
La maison doit être vide, dans le cas contraire, un fusil à pompe dissuade. Benjamin sonne, la porte s’ouvre, il baisse sa cagoule, force pour entrer. Ça démarre. Deux mineurs, Benjamin et Abderrahim tiennent en respect les trois occupants, sans ménagement : coups de poings au visage, coups de pieds, cheveux tirés… Ça dégénère. Les botanistes raflent les pieds de « beuh » et ratissent l’appart des objets qu’il contient. Dehors, Rémi et Florian croisent un voisin, prennent peur et se barrent au volant de la caisse. Dans la seconde, une Clio sans siège à l’arrière, s’entassent le butin et les cinq faucheurs ?! La fièvre retombée, la bande se retrouve plus tard et se partage le trésor. Une soirée de fumette, entre autres. Le parquet n’est pas tendre. Les réquisitions vont de dix mois de prison avec sursis à un an ferme, de quoi couvrir les mois de détention, assorties d’amendes de 1.500 euros à 4.000 euros.
Rémy Beurion