Un Chinois qui avait conditionné du chanvre écope du sursis
Gruyère - L’un des huit Chinois qui avaient préparé les livraisons de marijuana dans un chalet au Pâquier en 2003 a fait recours contre sa condamnation à trois mois de prison avec sursis de deux ans. Le Tribunal pénal de la Gruyère a alourdi le sursis.
Le trafic de drogue étant punissable de mort en Chine, pourquoi ne pas conditionner du chanvre en Suisse ? Huit Chinois sont ainsi venus préparer des livraisons de plants dans un chalet du Pâquier en 2003. Si les principaux acteurs de la production de marijuana ont été condamnés en juin dernier à des peines avec sursis (La Liberté, 9 et 11 juin 2004), le cas des autres a été réglé par ordonnance pénale. Comme celui du clandestin qui comparaissait hier devant le Tribunal pénal de la Gruyère.
Ce Chinois âgé de 21 ans a fait recours contre sa condamnation en mars 2004 à trois mois d’emprisonnement avec sursis de deux ans pour complicité d’infraction grave à la loi sur les stupéfiants. Il a été mal inspiré, puisque Louis Sansonnens, président du tribunal, a alourdi le sursis de deux ans supplémentaires.
380 kilos de chanvre
Sachant que la came isole, un Chinois a recruté sept compatriotes clandestins pour trier et préparer les livraisons de chanvre dans les sous-sols d’un chalet gruérien durant quinze jours entre octobre et novembre 2003. Jusqu’à ce que la police intercepte un fourgon conduit par un Bernois. A l’intérieur, elle découvre 150 kilos de plants de chanvre.
Le lendemain, les huit Asiatiques sont arrêtés dans le chalet. Derrière les volets clos, ces clandestins avaient préparé près de 380 kilos de chanvre. La valeur totale de la marchandise avoisine 800 000 francs. Mais personne n’a jamais su à qui devait être livrée la drogue. Devant le tribunal, le jeune condamné prétend n’être arrivé que le jour précédant la perquisition. "Je n’ai fait que jouer aux cartes avec des gens que je ne connaissais pas", se défend-il. "Je n’avais rien à voir avec eux". Alors que le recruteur avait déclaré à la police que le prévenu avait travaillé au conditionnement. Le juge préférera retenir les déclarations de ce dernier. "La procédure a permis d’établir que vous ne disiez pas la vérité", lance-t-il au jeune Asiatique.
Coupable également de délit à la loi sur le séjour et l’établissement des étrangers, le clandestin a été invité par le juge à quitter la Suisse "le plus vite possible". Ce qu’il a déjà tenté. Mais n’ayant pas de papiers, il s’est heurté au refus du consulat de Chine de lui faciliter le retour.
bloqué en Suisse
Il faut dire que cet enfant unique a fui la campagne chinoise à l’aide de filières. Il déclare avoir fait le voyage dans le conteneur d’un camion et débarqué en 2002 à Zurich, à des milliers de kilomètres de Shanghai, la destination promise...
En situation irrégulière, il doit quitter la Suisse dans les 48 heures. Il y restera et travaillera durant près d’une année. Un compatriote lui proposera un jour de travailler à Fribourg. Il débarquera dans la claustration d’un chalet du Pâquier.