USA : la (presque) moitié des états ont déjà légalisé le cannabis thérapeutique !

Les USA sont constitués de 50 états et l’article qui suit en recense 21 qui ont légalisé le cannabis thérapeutique et deux autres, l’Alaska et l’Oregon, qui s’apprêtent à le faire dans les semaines qui viennent. Si nous comptons bien et si (conditionnel) les deux états basculent dans la légalisation, il ne manquera plus que deux états pour que la moitié des États-Unis aient légalisés cette médication. Or, dans les deux années à venir, une dizaine d’états vont trancher à leur tour, la question du cannabis thérapeutique. La barrière psychologique et Historique des 25 pourrait alors être franchie. Voici une projection du futur proche. On comprend alors que d’anciens alliés des USA dans la guerre aux drogues, comme le Mexique par exemple, veuillent à leur tour faire défection !

Par Lucie Robequain / Correspondante à New York | Le 23/06

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De plus en plus d’États américains autorisent le cannabis

Une dizaine d’États pourraient légaliser la marijuana récréative dans les deux prochaines années - Governing.com

Un référendum est prévu cet automne en Alaska et dans l’Oregon. Une dizaine d’autres États pourraient suivre prochainement.

Le Colorado ne sera bientôt plus une exception. A compter du 1er juillet, l’état de Washington autorisera lui aussi la production, la vente et la consommation de cannabis à des fins non médicales. Comme dans le Colorado, la réforme a été soumise à référendum en novembre 2012 et approuvée à une majorité de 56 %. A quelques mois d’intervalle, ces deux États prouvent combien la légalisation du cannabis progresse rapidement aux États-Unis.

«  Je pense que le débat va exploser en 2016. C’est l’année où les gouverneurs devront se faire réélire dans chaque État et ils ont besoin du vote des jeunes  », veut croire Kayvan Khalatbari, qui possède un dispensaire à Denver et voyage aux quatre coins du pays pour faire du lobbying et partager son expérience du Colorado. Les jeunes de 18 à 34 ans sont effectivement deux tiers à défendre la légalisation de la marijuana, selon les derniers sondages.

L’accès au cannabis déjà largement répandu

En novembre, les habitants d’Alaska et de l’Oregon devront décider par référendum s’ils souhaitent devenir, eux aussi, des États pro-cannabis. Des initiatives similaires se préparent dans le Nevada, l’Arizona, la Californie, le Massachusetts et le Montana. Au total, une dizaine d’États pourraient ainsi légaliser la marijuana récréative dans les deux prochaines années, estiment les acteurs du secteur.

A condition d’avoir un certificat médical, les Américains ont déjà largement accès au cannabis. La semaine dernière, l’État de New York est devenu le 23e État américain à autoriser sa consommation pour soulager les douleurs, qu’il s’agisse d’un cancer ou d’un banal mal de dos. La frontière entre la consommation médicale et récréative est ténue, pour ne pas dire inexistante  : en Californie, les cliniques spécialisées dans le cannabis sont partout et le nombre de personnes souffrant de mal de dos «  chronique  » a explosé. San Jose, la capitale de la Silicon Valley, compte plus de 100 dispensaires  !

Sujet sensible politiquement

L’industrie souffre toutefois d’un sérieux handicap  : la marijuana reste illégale au niveau fédéral. Les entrepreneurs peuvent vendre du cannabis dans les États qui l’autorisent, mais ils ont du mal à trouver des banques qui acceptent de financer leur projet (lire ci-contre), celles-ci craignant de perdre leur licence bancaire.

Les hommes politiques au niveau national cultivent l’ambiguïté, ne sachant pas trop si l’Amérique est prête à assumer un si gros changement à l’échelle du pays. Barack Obama a reconnu qu’il fumait du cannabis quand il était jeune. «  Je ne pense pas que ce soit plus dangereux que l’alcool  », a-t-il lancé récemment. Hillary Clinton, qui espère s’imposer à la présidentielle de 2016, évite soigneusement le débat depuis plusieurs mois. Les républicains sont encore plus embarrassés  : ils savent que l’opinion américaine penche à une courte majorité (54 %) pour la légalisation, mais que les deux tiers des électeurs républicains y restent opposés. «  Laissons les États décider  », suggère lâchement Paul Ryan, l’un des prétendants à la prochaine présidentielle.

L. R.