USA : la légalisation de marijuana fait fonctionner la matière grise à plein régime !

La légalisation du cannabis connait des conséquences inattendues en matière de consommation énergétique. Rien d’affolant encore, mais déjà "du bien préoccupant", quand même. Il faut donc trouver des solutions de cultures plus économes. Cela passe principalement par le solaire (cultures d’extérieur) mais les producteurs rechignent à s’y mettre. Découvrons ici pourquoi ! Ces expériences de légalisations sont limitées en effets parce que les états voisins n’ont pas dépénalisés et qu’il y grouille donc toujours un trafic, des trafiquants ... et des voleurs ! Ce n’est pas un échec : il y a des solutions. Mais cela complique sérieusement la tâche de ceux qui ont reçus pour mission de gérer au mieux ces légalisations et leurs transitions.


Par Kevin Bulli, publié le 27 Juin 2014

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Texte en anglais. La traduction qui suit a été adaptée sur la base d’une traduction Google (https://translate.google.fr/transla...). J’y ai placé quelques arrangements pour éviter une lourdeur de lecture.

Nouvelles de l’énergie

Énergie : La généralisation des cultures de cannabis sous lampes devient une préoccupation énergétique majeure. La recherche réfléchit à trouver des façons de cultiver de la marijuana plus économiques.

La légalisation de la marijuana dans certains États américains a pour conséquence un boom de consommation énergétique inquiétant.

Dans le Colorado, où l’usage récréatif a été légalisé en Janvier, la construction d’installations d’intérieur de culture de marijuana prend son envol. Dans cet état et comme dans celui de Washington, des chercheurs universitaires étudient les moyens de réduire la consommation d’énergie et les émissions de carbone associées à cette "agriculture intérieure" caractérisée par l’emploi de lampes puissantes très gourmandes en watts.

Pourtant, la légalisation devrait logiquement encourager le redémarrage de la culture d’extérieur (solaire). Mais la culture d’intérieur à des attraits : elle se protège mieux des voleurs et permet de faire pousser les plantes dans un climat idéal car régulé !

Les cultures de la marijuana actuelles consomment déjà d’énormes quantités d’énergie. Les entrepôts couramment développés pour élever les plantes en grandes quantités consomment environ autant d’énergie par mètre carré qu’un centre de serveurs informatique. Un tiers de l’énergie utilisée dans les opérations de croissance vient de l’éclairage ; le reste est consacré à la ventilation, le chauffage, la déshumidification et la climatisation. Au total, la pratique représente 6 milliards de dollars de consommation électrique aux États-Unis, selon Evan Mills, chercheur au Lawrence Berkeley National Laboratory, qui a publié l’estimation dans la revue Energy Policy en 2012 (voir «  Startup Clamps Down on Energy Theft " ("Haro sur vol d’énergie" ).

"C’est juste une énorme quantité d’électricité », explique Bruce Bugbee , professeur de physiologie végétale à l’Université d’État de l’Utah. Il dit des représentants de la branche à Washington lui ont dit qu’ils faudrait construire l’équivalent d’un autre barrage de Grand Coulee juste pour couvrir cette demande spécifique.

Xcel Energy , un des plus grands services publics du Colorado, envoie déjà des représentants dans les installations de culture de marijuana, les aide à dresser un bilan de leur consommations énergétiques, et propose le développement d’un programme qui encourage les producteurs à adopter des technologies plus économes. "Nous savons que installations de cultures d’intérieure diffèrent toutes en taille comme à tous les autres niveaux. Nous étudions actuellement la question et en sommes à la collecte de données" explique Gabriel Romero, un porte-parole Xcel.

Réduire votre consommation énergétique domestique est assez simple : généralement il suffit de remplacer les ampoules à incandescence par des lampes fluorescentes compactes ou LED. Mais ce n’est pas aussi évident pour les producteurs professionnels. Tessa Pocock , un chercheur scientifique expérimenté de l’Institut polytechnique Rensselaer, dispose d’un financement de l’État de New York pour étudier comment les effets des variations de longueurs d’ondes affectent la façon dont les plantes poussent. Elle étudie aussi comment ces mêmes variations modifient les composés actifs de « plantes médicinales »

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les lampes de technologie LED ne sont pas toujours une une bonne alternative. Ce mois-ci Bugbee publié une étude qui a révélé que certaines LED spécifiques à la culture, telles que celles vendus par Hydrogrow et Lumigrow, ont à peine la moité de l’efficacité requis pour une bonne culture théorique. Car ce qui compte dans l’éclairage artificiel : c’est le flux de photons (lumens) par joule consommé (ou lumens par watt de consommation). Rajoutez un prix élevé des LED : d’autre technologie d’ampoules offrent la même puissance de rayonnement pour un coût d’achat réduit de moitié.

Finalement, comme la culture de marijuana devient socialement acceptée, certains agriculteurs pourraient s’orienter sur la culture d’extérieur. "J’ai visité des producteurs, dans le Colorado, qui ont toujours cultivés le cannabis en intérieur durant 30 ans. Et les plus progressistes d’entre eux ont commencé cette reconversion et, à la place d’entrepôts, commencent à construire des serres.« Les plantes sont alors toujours abritées (plus ou moins de contrôle climatique), certes elles poussent à vue (pour la discrétion c’est raté) mais enfin, à la lumière naturelle du soleil (c’est gratuit et ne produit pas de gaz à effet de serre) !

dossier sur le même

P.-S.

Elle coûte vraiment très cher cette herbe ! Pas qu’en argent, mais aussi en soucis, temps occupé, énergie bouffée et au point de vue émotif !

L’article n’a pas été écrit par un spécialiste de ces questions (cela se sent). Mais il soulève un très intéressant sujet ! C’est donc l’occasion d’approfondir un peu de sorte à réaliser un petit dossier sur ce thème. Cela tombe bien : je suis spécialisé dans les sujets traités dans l’article précédant et, tombant fort à propos, j’ai quelques photos perso à vous soumettre concernant ce thème. Des illustrations rares et des infos scoop offertes gratuitement à nos lecteurs.

La question de l’éclairage et des technologies disponibles :

Il y a plein de paramètres qui rentrent en ligne de compte. La puissance est le point faible des LED mais aussi leur spectre de rayonnement pas toujours très adapté. En revanche, leur faible consommation et la faible émission thermique en font des lampes idéales pour procéder à du bouturage et de la germination, mais pas pour de la culture intensive !

Pour la croissance, le rendement optimal, des puissances adaptées, il n’existe rien de mieux que le mercure (croissance) et le sodium (floraison) exception faites peut-être des iodures métalliques et du plasma pour de fortes puissances, mais bien plus chers à l’achat.

Placard à plantes mère-filles de Bernard Rappaz / ferme Oasis sous lampes sodium !

Le soleil (culture en extérieur) : il n’y a rien de mieux. Au niveau cannabinoïdes et terpènes, la plante exposé à la source naturelle de lumière - et poussant en pleine terre - s’épanouit au mieux. La biomasse produite est plus conséquente (les plante pouvant croître à plus de 4 mètres en serres), le rapport n’est pas le même qu’en intérieur (entre 400 et 1000 g de fleurs par plante).

Des plantes bien plus grandes en extérieur (ici serre), dans les conditions naturelles.

En revanche, le taux de résine et de THC peut être plus bas qu’en culture d’intérieur, c’est même certain en plein air mais cela l’est moins en serre. Mais la génétique (par sélection) des plantes intervient dans ce domaine : je connais une variété qui donne mieux en serre et aussi bien en extérieur, qu’en intérieur. Idem, les plantes poussant en climat méditerranéen bénéficieront de bien meilleures conditions que les contrées situées plus au nord ! Ce n’est pas par hasard que les bataves se sont spécialisés dans la culture d’intérieur !

Mais le choix "intérieur-extérieur : c’est aussi et surtout une question de sécurité

Pour certains, une culture de cannabis à THC, c’est un "coffre-fort à ciel ouvert" :

Des champs difficiles à garder, surtout quand les plantes sont grandes !

Nous allons traiter de cette problématique par un exemple que j’ai connu personnellement en travaillant à la ferme Oasis. J’ai beaucoup de photos de l’époque qui tombent fort à propos.

Le problème des vols est chronique : c’est devenu une sorte de sport national dans tous les pays. Le coût excessif de la plante et sa rareté en sont les principales raisons. Il est logique que, dans quelques années, quand la distribution de l’herbe sera stabilisée et qu’elle sera abordable à un prix plus raisonnable, le taux de vols diminuera alors drastiquement.

des dégâts incessants, une pression psychologique et physique de chaque instant, ... et des risques insensés" !

Lorsque l’on cherche à comprendre pourquoi les cannabiculteurs préfèrent actuellement la culture d’intérieure à celle naturelle, on ne peut échapper à la question des vols et de la violence.

J’ai pris cette photo de Jack Herer en serre (hyper résineuse et odorante) et quelques heures plus tard, on nous l’avait volé (coupé). Grrrrr !

Ce n’est pas une raison, mais un ensemble de raisons qui pousse à cela. Tout d’abord, historiquement, une répression abusive et disproportionnées. 30 ans, dans les textes, de réclusion criminelle pour culture de cannabis ... quand même ! La discrétion assurée par ce mode de culture répond en grande partie à cette préoccupation.

L’hiver, en extérieur, nous sommes obligés d’éclairer artificiellement les plantes en complément de la faible luminosité et de la brévité de la période diurne. Pour la discrétion ... c’est raté ! Evidemment, si vous n’êtes pas chanvrier, vous ne pouvez pas imaginer toutes les contraintes que ces derniers rencontrent.

Ensuite il existe aussi une raison "climatique" : une pluie en pleine période de récolte ... et tchao le taux de résine est en berne ! Comptez aussi les parasites, la grêle, le gel ... faut mieux faire cela en milieu fermé dans un climat que l’on contrôle entièrement ! Enfin, le souci de vols est en nette augmentation et cause le même problème que celui de la prohibition. Pour vivre heureux, vivons cachés affirme le dicton et actuellement, seule la culture d’intérieure discrète se pose en solution à tous ces paramètres.

J’étais jadis (2001-fin 2004) spécialiste de cette question à la ferme oasis et le problème causé par les vols devenait quasiment insurmontable au point d’écœurer les chanvriers et même souvent, de les mettre en danger.

Des débuts d’installations long et compliqués, à côté desquels il fallait travailler (le chanvre) et passer des nuits à surveiller le tout ! Épuisant et stressant !

Il a fallu équiper la ferme comme un camp retranché ou une sorte de "camp de concentration" non pas destiné à empêcher d’en sortir celui-là, mais pour empêcher d’y entrer ! Un hectare (100 x 100 l) grillagé et entouré de lampes alarmes à infrarouges (une tous les 10 mètres). "Fort Alamo" version Guantánamo !

Et, le temps passant, petit à petit, "l’oiseau fait son nid"

De 40 à 60% de vols sur l’ensemble de la production, avec un tel système, nous étions tombés à bien moins de 3 %. Toutefois, cela avait l’inconvénient d’angoisser nos voleurs (qui entretemps avaient pris l’habitude de se faire un max de pognon chaque année) et les pousser parfois à des actes violents et désespérés !

A mon palmarès : des dizaines de bagarres dans les champs, un braquage de la Ferme Oasis évité, je me suis fait tiré dessus deux fois, on a empoisonné mes chiens 3 fois, j’ai connu un nombre incalculable de tentatives d’intimidations, de corruption aussi et même une Ferrari avec deux gugusses qui voulaient nous acheter des tonnes d’herbes à fumer ... Ma vie était un film d’action à chaque instant et je vous assure que je ne blague pas ! Aujourd’hui, je me "fais chier" en comparaison avec cette époque !

Pour ceux que cela intéresse : je raconte tout cela en textes et en images dans un livre que je n’ai jamais terminé (bourré de fautes d’orthographes, j’ai honte)- dis-je à propos -. J’ai préparé, spécialement pour vous, lectrices-lecteurs de Chanvre Info, un extrait qui ne concerne que la partie "Aventure suisse" que vous pouvez télécharger "ici " :

PDF - 23.9 Mo

Soyez tolérant : le livre est un document d’auteur encore brouillon très inachevé, ... mais en l’état déjà pertinent par son contenu. Vous trouverez d’autres scoops dans la partie "l’Aventure suisse", comme 51 tonnes de cannabis saisis ... rendus par la police et une distillation de cannabis avec Bernard Rappaz himself ! La partie qui nous concerne se retrouve entre les pages 412 à 418 et 450 à 453. C’était quelque chose d’unique à l’époque et je pense que les cannabiculteurs légaux peuvent aujourd’hui s’intéresser de près à mon travail pour s’en inspirer ! (je veux bien aller travailler en Uruguay … j’y suis même très-très-très motivé !)

Dans les champs, je ramassais le jour les "instruments" de ceux que je mettais en fuite la nuit : coupe-coupe, matraques, poing-américains, couteaux, batte de base-ball, lacrymogène ... que des outils très pratique pour couper du chanvre ! Bref, tout cela pour vous faire comprendre que cultiver du cannabis (légal-illégal) peut être actuellement très dangereux et que cela pousse les cannabiculteurs à une extrême discrétion ou la culture d’intérieur prend toute la place ! Parce qu’actuellement, pour se lancer dans la culture d’extérieur, il faut s’appeler "Rambo" !

Qu’est-ce que tu m’arraches des plantes, toi ?

Il doit en être de même actuellement dans tous les états qui ont légalisés. Les uruguayens sont en train de distribuer les licences de cultures, mais ils n’ont pas encore récolté … dans leurs champs d’État ! Attendez, il est probable que la Presse relate quelques problèmes quand le moment arrivera ! Comme quoi tous ces gens devraient nous consulter plus souvent à Chanvre Info (hé-hé pub) !

Je vais réfléchir à un article qui apporterait des solutions à ces problèmes. Car il y en a et qu’il est évident que lors d’une période transitoire, on rencontre parfois des inconvénients à résoudre prestement, qui n’avaient pas été anticipés. Comme pour bien d’autres, la légalisation de marijuana m’oblige à faire fonctionner ma matière grise à plein régime !

Note : notre confrère Cannabis Infos a aussi sorti un dossier sur le même sujet que vous pouvez consulter en complément.

JLB