Toxicomanie-UDF François Bayrou contre la dépénalisation des drogues douces

2001/05/02 - PARIS (AFP)

François Bayrou, président de l’UDF, s’est prononcé mercredi contrela dépénalisation des drogues douces, se refusant à "favoriser" l’usage des drogues."Est-ce qu’on favorise ou on refuse de favoriser ?", a demandé M. Bayrou lors d’un colloque de sa formation intitulé : "Faut-il dépénaliser les drogues douces ?", coordonné par le délégué général Hervé Morin et animé par Françoise de Veyrinas.

"Je suis tout à fait d’avis que le cannabis n’est pas délétère au point d’être destructeur pour tous ceux qui le touchent", a-t-il dit, tout en affirmant que la réflexion "ne doit pas s’appliquer aux plus solides mais aux plus fragiles". Et il a estimé que "tout débat public se concluant par la dépénalisation serait interprété comme un feu vert" et une "fragilisation de la position" des parents, des enseignants et des intervenants qui luttent contre la drogue.

Parmi des intervenants du secteur, comme deux médecins et une juge d’instruction, le parlementaire Marc Suter, président de la Commission des drogues du Parlement helvétique, a défendu la position suisse de la dépénalisation. "Est-ce donner des condamnations pénales à des consommateurs cela sert à quelque chose ? Nous pensons que c’est un trompe l’oeil", a-t-il dit, soulignant que "dépénaliser, cela ne veut pas dire légaliser".

Mme de Veyrinas a pour sa part d’emblée contesté l’intitulé du colloque : "Nous ne pouvons pas parler des drogues douces et des drogues dures, il faut parler des drogues", a-t-elle dit.