"Tout ce que vous ne savez pas sur les drogues synthétiques (et les dangers qu’elles contiennent" par Atlantico
D’après Atlantico : " Muriel Grégoire est addictologue, psychiatre et responsable de l’hospitalisation à l’Hôpital Marmottan où elle gère également les consultations en rapports aux nouveaux produits de synthèse." A propos (pour rappel), Atlantico n’est pas spécialement notre copain : il a publié quelques articles qui descendaient le cannabis à la 12/7 ! J’ai rajouté une illustration car l’article n’en contenait pas.
Publié le 21 Juillet 2015
http://www.atlantico.fr/decryptage/...
Tout ce que vous ne savez pas sur les drogues synthétiques (et les dangers qu’elles contiennent)
Aux États-Unis la consommation de ces stupéfiants connaît un essor important. Divers incidents sans doute dus à leur consommation ont été constatés. Entre désorientation et inconscience, leurs effets sur la santé mentale sont aussi importants que sur le corps.
Atlantico : Les drogues synthétiques font des ravages aux États-Unis. Qu’entend-on par "drogues synthétiques" ? Leur consommation est-elle également en hausse en France ?
Muriel Grégoire : Leur consommation augmente certes, mais reste néanmoins marginale par rapport aux autres drogues (1% environ) plus connues telles que le cannabis, la cocaïne… En France, si elle est en hausse, la situation n’est pas encore comparable à ce qu’elle peut être en Allemagne, en Grande-Bretagne et d’avantage aux États-Unis.
Si leur consommation ne cesse de croître, c’est surtout à cause de l’image de produits légaux dont disposent les drogues de synthèse et parce qu’elle sont plus faciles d’accès En effet, trouver un dealer peut être compliqué alors qu’acheter sur internet est simple (elles se vendent uniquement sur internet ou pendant des soirées).
D’autant plus, qu’au vue du nombre de commande sur internet, les autorités sont dans l’impossibilité de tout contrôler, sans mentionner que leur détection (molécules peu connues et changeantes) est délicate.
Les drogues de synthèse sont créées dans des laboratoires. Si le MDMA en est une, elle est ancienne, aujourd’hui on parle plus des NTS (nouveaux produits de synthèse). Les drogues de synthèse principales - c’est-à-dire les plus vendues, sur des sites Internet le plus souvent illégaux - sont les cannabinoïdes de synthèse (qui se rapprochent du cannabis) qui sont les plus consommés, les plus achetés sur Internet et les cathinones (qui se rapprochent de la plante Kat) qui sont les plus dangereuses car encore peu connues et très variées (plus de cent variétés en 2014) et dont les effets sont très puissants et se rapprochent de ceux des amphétamines (ce sont des psychos stimulants).
Ces drogues sont diverses, il y en a des nouvelles fréquemment. Elles étaient légales (legal high) il y a encore peu ce qui peut expliquer leur nombre : dès lors que l’une d’entre-elle devient illégale, la formule change pour qu’elle redevienne légale obligeant les lois à évoluer rapidement. De ce fait, les produits se ressemblent mais leurs effets varient. Ainsi, les usagers tout comme les soignants en découvrent les effets au fur et à mesure.
On les compare souvent aux amphétamines ou à la cocaïne. Les dangers encourus par une consommation occasionnelle ou régulière sont-ils similaires ?
On retrouve deux drogues de synthèse principales :
- les cannabinoïdes dont les effets sont proches de ceux du cannabis. Ce sont les plus consommés, les plus achetés sur internet. Leur danger est supérieur à celui du cannabis, en les consommant on court des risques d’ordres psychiatriques, psychologiques. Les consommateurs les supportent moins bien, leur impact est plus inattendu et plus long. D’autant plus qu’en les consommant on ne s’attend pas aux problèmes cardiovasculaires qu’ils peuvent entraîner.
- les cathinones qui sont extrêmement dangereuses et dont les effets, plus puissants, se rapprochent de ceux des amphétamines. Leurs impacts se trouvent quelque part entre ceux des amphétamines et de la cocaïne : euphorie, stimulation intellectuelle, hausse du désir sexuel… Ils restent plus stimulants que leurs semblables et en fonction des molécules qui les composent peuvent être plus ou moins hallucinogènes. Certaines personnes les consommant décompenseront plus rapidement au niveau psychiatrique courant des risques de dépression (envie suicidaire) tout en pouvant être désorientées, en ressentant des crises d’angoisse, un état psychotique aigu… Au niveau physique, il y a les risques de troubles cardiovasculaires, des difficultés à parler, des vomissements, des insomnies… Enfin, le risque d’addiction est plus rapide que pour d’autres produits.
D’autre part il y a 5 ou 7 ans, on savait de quoi elles étaient composées. Aujourd’hui, il n’est pas rare que leur contenu soit inconnu or l’analyse du produit fait partie de la prévention.