Tolérance zéro pour la drogue sous les drapeaux
2002/07/11 - Le Matin
TOXICOMANIE À L’ARMÉE
Que les 20 000 conscrits qui entrent à l’école de recrues lundi se le tiennent pour dit : l’armée suisse pratique la tolérance zéro vis-à-vis de toutes les drogues, douces ou dures. Les sanctions vont des mesures disciplinaires à la dénonciation pénale.
Les multiples cas de consommation de drogue qui ont défrayé la chronique à la fin des écoles de recrues de printemps - dont une affaire de cocaïne dans une école de sous-officiers - ne doivent pas se reproduire, a indiqué hier le Département fédéral de la défense (DDPS). Les contrôles seront renforcés dans les 43 écoles de cet été.
Arrêts de rigueur ou remise aux autorités civiles
Une première série de tables rondes entre des spécialistes des toxicomanies et des représentants de l’armée a renforcé le commandant de corps Jacques Dousse dans ses convictions. "La politique de l’armée suisse dans le domaine des drogues doit être poursuivie avec rigueur."
Le chef des forces terrestres en rappelle les principes : durant la durée de leur service, les militaires qui possèdent ou consomment des drogues douces ou dures en quantité minime feront l’objet de mesures disciplinaires, allant jusqu’aux arrêts de rigueur. Les cas plus lourds ou les personnes se livrant au trafic de stupéfiants ainsi qu’à d’autres violant la loi sur les stupéfiants seront remis aux autorités civiles.
Si l’armée n’est pas une institution de désintoxication, le commandant de corps a cependant prévu une aide, en plus des sanctions. Les personnes dépendantes seront suivies par le service psychologique et pédagogique de l’armée, les médecins de troupe et les aumôniers.
Un tiers des infractions ce printemps
Le recours aux drogues douces n’est pas nouveau, mais son augmentation sous les drapeaux est le reflet de l’évolution de la société civile, estime le commandant Jacques Dousse. Un tiers des jeunes conscrits ont déjà été en contact avec la drogue. En outre, prés d’un tiers des mesures disciplinaires prises durant les écoles du printemps dernier étaient liées à la drogue. Que les soldats clean - deux tiers des effectifs - soient mis en danger est intolérable, conclut le commandant Dousse.
La consommation de boissons alcoolisées dans les écoles et les cours de répétition reste cependant le problème majeur, rappelle le DDPS.