Tests salivaires dans les écoles : c’est surtout pour faire cracher la "pompe à fric" publique et en même temps, tenter de rassembler les nigauds du sécuritaire !
Voici deux articles sur le sujet ...
Publié le 20/05/2016 à 10:05
http://www.ledauphine.com/france-mo...
SOCIÉTÉ
Drogues : des tests salivaires dans les lycées d’Ile-de-France
En 2013, la moitié des lycéens (49 %) précisait l’an dernier, dans une étude française, avoir déjà fumé du cannabis, les garçons plus souvent que les filles. Photo LPR
La Région Ile-de-France, présidée par Valérie Pécresse (LR), a adopté jeudi le principe controversé de financer des tests salivaires de dépistage de drogue et des éthylotests pour les lycéens franciliens, pour lutter contre les addictions, « source de décrochage scolaire » selon elle. C’est pourtant plus compliqué que cela.
Le courage d’aborder un sujet tabou pour les uns, l’enfumage politicien pour un électorat qui demande toujours plus de répression et de sécurité pour les autres.
En faisant le choix de financer des tests salivaires de dépistage de drogue et des éthylotests pour les lycéens franciliens, la Région Ile-de-France, à majorité de droite et présidée par Valérie Pécresse (LR), a fait réagir les élus de tous bords.
Malgré l’opposition de la gauche - le Front de gauche a déploré une « stigmatisation caricaturale », et le PS « le rideau de fumée des tests salivaires » - et l’abstention du FN - qui parle « d’enfumage » -, la Région va demander à chaque établissement « d’établir un diagnostic sur la consommation des substances addictives » et d’identifier les éventuels trafics à proximité des lycées.
Pas transmis aux proviseurs
Pour les chefs d’établissement qui le souhaiteront, les tests de dépistage seront « des outils de diagnostic », menés sous couvert du secret médical, et dont les résultats individuels ne seront pas transmis aux chefs d’établissement mais uniquement à la famille ou au lycéen s’il est majeur.
La Région a également adopté la possibilité de détecter des consommations de drogue par l’analyse des eaux usées des lycées, « une détection totalement anonyme » qui donnera « une vision claire et objective » de la consommation dans chaque lycée, a expliqué le groupe MoDem, à l’origine de l’amendement.
Lutter contre le décrochage scolaire, vraiment ?
Pourquoi un tel cheval de bataille de la part de la droite ? « 10% des jeunes d’Ile-de-France fument plus d’un joint par jour », a affirmé Agnès Evren, vice-présidente chargée de l’Education, affirmant qu’il ne s’agissait « pas d’une politique de suspicion et d’accusation, mais une politique de prévention » afin de lutter contre le décrochage scolaire facilité par les addictions diverses.
Un tel lien de cause à effet est-il établi aussi clairement que Valérie Pécresse le laisse entendre ? "L’analyse qui consiste à dire qu’il y a une relation de cause à effet entre cannabis et décrochage scolaire revient à transformer les études scientifiques en propagande sans fondement", expliquaient l’an dernier des chercheurs australiens après une étude sur le sujet.
Des scientifiques rejoints par des confrères anglais, pour qui ce lien se vérifiait que dans le cas de fumeurs très réguliers. Et de conclure par cette réflexion : "On ne peut pas dire si les enfants décrochent de l’école parce qu’ils fument beaucoup de cannabis ou s’ils fument beaucoup parce qu’ils décrochent."
Par Maxime Degenève, publié le 20/05/2016 à 11:32 | Le Point.fr
http://www.lepoint.fr/societe/ile-d...
Ile-de-France - Lycées : "Si on fait des tests salivaires, il y aura des incidents"
Le secrétaire général du syndicat des chefs d’établissement juge inadéquats les tests antidrogue que Valérie Pécresse souhaite fournir aux lycées.
Les tests salivaires dans les lycées pour détecter la consommation de cannabis, une offre controversée de Valérie Pécresse. © Thomas Coex/ THOMAS COEX
La région Ile-de-France a adopté jeudi le principe controversé de financer des tests salivaires de dépistage de drogue et des éthylotests pour les lycéens. C’était une promesse de campagne Valérie Pécresse (LR). L’actuelle présidente de la région Ile-de-France souhaite donner aux chefs d’établissement qui le demandent « des outils de diagnostic » pour lutter pour contre les addictions, principalement le cannabis, sources de décrochage scolaire. Philippe Tournier, le secrétaire général du syndicat des chefs d’établissement (SNPDEN), a réagi à cette annonce.
Interview.
Le Point.fr : Les chefs d’établissement sont-ils à l’origine de cette initiative ?
Philippe Tournier : Non. Nous nous félicitons que l’on s’intéresse au problème de la toxicomanie dans les lycées, et notamment au problème du cannabis, mais nous n’avons pas fait de demande de cette nature. C’était un engagement de campagne de Valérie Pécresse, et nous ne pouvons pas lui faire le reproche de tenir ses promesses. Et il est important que le sujet revienne au centre des débats.
Les tests sont-ils une réponse adaptée au problème de toxicomanie dans les lycées ?
Nous sommes sceptiques sur la mise en place du dispositif. Depuis 30 ans, la consommation de cannabis est un phénomène bien connu, il y a des montagnes d’études sur le sujet. On connaît grosso modo les chiffres, le nombre de consommateurs, la répartition à peu près équivalente sur le territoire. Ce sont près d’un jeune sur deux qui aurait consommé de la drogue au lycée. Donc, pour connaître des pourcentages, pas besoin de tests. Et surtout, il n’y a toujours pas de réponse à la question : on fait quoi après ?
Les chefs d’établissement vont-ils saisir l’offre de Valérie Pécresse ?
L’écrasante majorité des chefs d’établissement n’envisage pas de demander les tests. D’abord, parce que comme je l’ai dit, le diagnostic est déjà connu. Mais surtout, cela soulève un grand nombre de problèmes. Il est impossible d’obliger un élève à se soumettre au test. Le conseil régional dit qu’il n’y a pas de problème juridique, mais ce n’est pas vrai. En cas de vol, l’établissement n’a même pas le droit d’ouvrir le sac des élèves. Alors, forcer un élève à faire un test salivaire, c’est une mission pour la justice ou la police, pas pour les lycées.
Le dispositif va-t-il rester lettre morte ?
Aujourd’hui, les conditions pour accepter l’offre ne sont pas réunies. Si l’on impose ces tests demain, c’est la certitude de polémiques virulentes et d’incidents dans les lycées. Vous savez, cela fait 30 ans que nous menons des actions régulièrement. Il n’y a pas un lycéen en Ile-de-France qui n’ait pas eu une action de sensibilisation sur les dangers du cannabis ou de l’alcool. Peut-être qu’il n’y a pas de politique globale cohérente, mais le vrai problème, c’est la société française qui s’est installée dans une tolérance. Et les lycées sont sans doute un des endroits où le discours reste ferme contre les drogues. Dehors, vous avez déjà vu beaucoup de condamnations pour avoir fumé du cannabis ?
Citation de la toute fin de l’article :
Dehors, vous avez déjà vu beaucoup de condamnations pour avoir fumé du cannabis ?
Ben, nous, à Chanvre Info, on en voit passer quelques-unes, et même - c’est récent - de mineurs scolarisés pour trafic "dans et aux abords" de leur lycée ... Comme nous le rappelons à chaque occasion : "Dormez tranquillement, braves gens, la police protège vos enfants de la drogue ... en les mettant en prison !".
P.-S.
"Un enfumage à tous les niveaux ..."
L’Elue de la région Ile-de-France veut marquer le coup qu’elle tient ses promesses. C’est du marketing politique basé sur les sondages avec un soupçon de psychologie : actuellement, Hollande est très mal perçu parce qu’il n’a pas tenu les siennes.
Chanvre Info est tout à fait favorable aux testing dans les écoles, mais alors pas du tout comme le conçoit cette dame. Ni pour le même but, ni pour les mêmes raisons.
Son "testing" à elle sert d’instrument de mesure policière de sorte à cibler la répression en dehors mais aussi dans les écoles. L’idée n’est même pas masquée : elle veut faire des établissements scolaires un filtre et un observatoire policier qui prépare le travail de la police dédiée aux stupéfiants.
Notre testing à nous évoluerait dans un cadre hors-pénal et ne concernerait que les parents, la médecine scolaire, éventuellement le cadre scolaire et bien sûr, l’élève concerné.
Elle serait basée sur le dialogue, la prévention et se verrait bien moins alarmiste ... à partir de 16 ans, si on relève une et unique fois du THC dans des urines ou en test salivaire d’un jeune, on peut se dire que cela relève de l’expérimentation et qu’il n’y a pas besoin d’alerter (affoler) les parents. On peut éventuellement convoquer l’élève pour lui mettre la pression.
Mais si cela devient régulier ... ce n’est pas la même. Les parents doivent-être prévenus et disposer de moyens pour lutter contre cela. Par exemple, des écoles spécialisées en demi-pensions ou pensions complète. Ce n’est pas que je suis facho : il y a des parents qui vont demander cela et le problème est que dans notre civilisation, les parents sont les seuls à légalement décider de ce qui arrive à leur rejeton ! Mais cela ne doit concerner que les élèves qui ont un réel problème d’addiction, il ne faut pas appliquer cette "recette extrême" à toutes celles et ceux qui vont fumer un joint une fois ... c’est difficile dans ce pays de trouver des gens équilibrés ... ; c’est ou des Soral et Dieudonné, ou des Valls et Le Pen ...
A retenir que nous pensons que le fait de mettre un bâton dans la bouche est dégradant alors qu’un test urinaire, puisque c’est plus précis et plus discret (cela se pratique pour plusieurs motifs médicaux déjà), c’est psychologiquement plus subtil.
De plus, les profs et administrateurs de collèges et lycée, s’ils admettent qu’il faut agir sur les jeunes addicts à qui cela pose visiblement un problème, la plupart des consommateurs de cannabis, même jeunes, n’ont pas de problème particulier et les lycées rechignent d’avoir à "pré-chier" le travail des flics et mener une répression sur l’ensemble de ces jeunes qui vivent très bien leurs consommations - hors cadre scolaire bien évidement. Je pense que dans leur plus grand nombre, les employés de cette institution ont bien compris qu’on leur demande de jouer un rôle de fachos et ils n’ont pas envie du tout d’assumer cette tâche.
Mais allez expliquer cela à des bourrins et des "bourrines" politicard(e)s qui n’ont qu’un seul but : imposer leur volonté ...
Venant d’une femme (madame Pécresse), d’une mère donc, j’ai du mal à comprendre qu’elle réplique la logique et le comportement de mâles primaires et violents gonflés de testostérone ... Ce sont des gosses, merdes, pourquoi mettre les flics là-dedans, avec les conséquences que l’on connait ... !
Cela fait 100 ans que la France lutte en vain contre la drogue en général et le cannabis en particulier : résultat, il y en a de partout, quelle belle réussite et persévérons ... . Il y a bien une solution pour inverser la tendance : faire comme les nazis ont fait aux juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, persécuter, rafler, exterminer ... mais c’est psychopathe, sans compassion, sans humanité ... et comme je fume des joints, cela m’embête un petit peu … !
Serait-ce une fatalité que l’on ne connaisse que des crétins à la direction de notre pays et de nos institutions ? Crétins sans cœur, sans compassion ... ! Et pleins de magouilles par derrière parce que le lobby du testing pousse à la roue : merde, appliqué à la France entière, c’est un marché de plusieurs millions d’élèves garanti par l’État et payé par les cons - tribuables ... une rente à vie au frais de la princesse, quoi !
Je souhaite à madame Pécresse que sa fille se mette à fumer des joints ... !
Tout cela pour de l’Orgueil et de la Vanité, madame Pécresse ... Ouvrez votre cœur : ce que vous voulez en bien pour votre enfant, appliquez le aussi aux enfants des classes sociétales inférieures, SVP ... Vous ne voulez pas mettre votre enfant en prison, non (si un jour elle fume des joints ) ? Alors pourquoi réunissez-vous les conditions qui le permettrait pour les « enfants des autres » ?
Pourquoi imposer le testing antidrogue dans les lycée et collèges ?
Bonne question, isnt’t it ?
Parce que la recherche médicale a décrété que la consommation de cannabis est une catastrophe pour la construction du cerveau, surtout sur les moins de 13 ans, et que cela ne concerne pas les adultes dont le cerveau est achevé. Dans la pratique, on conçoit une limite de 18 ans mais dans la théorie, le cerveau se construit jusqu’à l’âge de 21 ans et parfois même, un peu plus.
On parle de « catastrophes » dans le cadre de consommations régulières et surtout, de produits forts … Un jeune qui fumerait un joint par expérimentation ne deviendra pas un légume, plus tard, pour autant. Autre arguments : beaucoup de celles et ceux qui ont commencés à fumer un peu avant 16 ans sont très bien insérés aujourd’hui et déclarent n’avoir aucune séquelle. En revanche, pour celles et ceux qui ont débuté avant 14 ans, cela ne semble pas être le cas … du tout !
L’idée n’est pas d’être des fachos, mais de « casser les nouille » à ces sales mioches de sortes à ce qu’ils consomment le moins possible avant 18 ans … après, ils feront ce qu’ils voudront … ! C’est un devoir pour des adultes, d’avoir à protéger leurs gosses, non ?
Ceci-dit : certain parent permettent dès 16 ans, à leur(s) enfant(s) de consommer et essayent ainsi de le responsabiliser et le réguler … Il faudrait tenir compte de cette exception mais comprenez-bien qu’avec la situation répressive actuelle, cela ne sert même à rien d’en parler !
jeanlouis.bouvarel chez gmail.com
JLB