Sous le titre "l’herbe qui soulage" Sciences et Avenir se penche sur les "vertus médicinales du cannabis"
2000/05/24 - AFP
Le journal qui note que "le possible médicament a pâti de l’interdit frappant la drogue" estime que "pourtant les rares études existantes sont très encourageantes et plaident pour un assouplissement des règles prohibant cette drogue douce".
D’après le mensuel "la marie jeanne est intéressante à bien des aspects". En effet, selon Jean Pol Tassin de l’INSERM "elle peut combattre certaines douleurs et affections résistantes aux traitements classiques par les opiacés" et le neurobiologiste ajoute "les effets du cannabis sur le glaucome ou certaines douleurs neurologiques comme celle des membres fantômes semblent bien reconnus".
Sciences et Avenir mentionne les effets positifs du cannabis pour les malades du sida ou les patients sous chimiothérapie en raison de son action anti-nauséeuse et stimulatrice d’appétit. Il évoque aussi "la place" qu’il "pourrait trouver" dans le traitement de l’asthme, ou comme antispasmodique dans le traitement de la sclérose en plaque et signale que "des travaux encore préliminaires (...) ont mis en évidence son action anti tumorale".
Hervé Ratel indique par ailleurs qu’au Etats Unis existe déjà le Marinol qui contient le principe actif majeur du cannabis, mais "une seule version de l’un de ses composants" ou le Cannabidiol dont Mark Rogerson de GW Pharmaceutical explique qu’il semble "avoir des vertus thérapeutiques comparables voire supérieures à celles du THC".
Quoiqu’il en soit, pour le journaliste, si "un jour le cannabis entre dans la pharmacie légale, ce ne pourra pas être sous la forme d’un produit à fumer" car "les cigarettes de marijuana contiennent trois fois plus de goudrons que celles au tabac" et il révèle que GW Pharmaceutical travaille sur "un spray sublingual qui pourrait voir le jour en 2003", forme de médication, à son avis, "la plus efficace en même temps que la moins nocive".
Sciences et Vie qui indique aussi que la France a signé la convention de Vienne "stipulant que des produits classés peuvent toutefois être utilisés à des fins de recherche" note que "quelques laboratoires privés travaillent donc sur le cannabis dans le cadre de travaux très fondamentaux" et Hervé Ratel de s’exclamer "Attention pas plus. Même si le produit s’avérait bénéfique, pas question d’en faire un médicament".
Pour le journaliste "Si la France a l’impression d’avoir clos le débat (...) avec les avis négatifs rendus par l’Académie des Sciences et de celle de Médecine (...) la Grande Bretagne réfléchit encore" mais selon lui, dans ce pays, "le gouvernement semble vouloir affronter la tempête qui ne manquera pas de se lever si le statut de cette drogue douce devait être réexaminé à la hausse".