"Sept raisons pour lesquelles les Caraïbes pourraient très vite devenir un foyer cannabique" par Micha (Sensi Seeds)
Par Micha, publié le 02 mars 2016
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Sept raisons pour lesquelles les Caraïbes pourraient très vite devenir un foyer cannabique
Les Caraïbes Plusieurs signes indiquent que certains pays des Caraïbes pourraient très bien devenir l’Eldorado du cannabis pour les consommateurs au cours des prochaines années. Consultez les sept raisons principales ici.

Le cannabis est très répandu dans les Caraïbes, à l’exception de Cuba. Dans le passé, les nombreux travailleurs venus d’Inde à l’époque de l’Empire britannique ont apporté leur « ganja » pour pouvoir relaxer un peu après leurs longues journées de travail sur les plantations. De plus, le mouvement rastafari, pour lequel le cannabis représente un saint sacrement, croît en popularité depuis 1930.
Déjà, deux États des Caraïbes, Porto Rico et la Jamaïque, ont mis en place un programme de cannabis médicinal. Cependant, il semblerait qu’il ne s’agisse là que de quelques signes positifs révélateurs d’un phénomène beaucoup plus global.
Depuis que les premiers États américains ont re-légalisé le cannabis, la peur que « Big Brother » promeuve à nouveau et violemment ces intérêts pour les drogues illégales aux Caraïbes a tout l’air d’avoir disparu. Plusieurs facteurs indiquent que certains pays des Caraïbes pourraient très bien devenir l’Eldorado de cette plante illégale et de ces consommateurs au cours des prochaines années. Voici les sept signes les plus importants :
1. La première plante de cannabis légale fleurira sous peu en Jamaïque
En guise de célébration des 70 ans de Bob Marley, le cannabis a été légalisé en 2015 pour servir des fins médicinales, religieuses et scientifiques. De plus, la possession de 200 grammes ou moins par un adulte et la culture de 5 plantes ou moins pour consommation personnelle ont été dépénalisées.
En ce qui concerne le cannabis médicinal, le pays a mis en place en 2015 une Agence d’État basée sur la parité qui est responsable d’élaborer les lois en régissant la culture. Ce cadre règlementaire est déjà en place, et à la fin de janvier, l’Agence a informé l’Autorité chargée de délivrer des permis de commencer son activité. Les producteurs de cannabis sont prêts et sont impatients que soient octroyés les premiers permis de culture. Incidemment, il y a eu 14 000 d’arrestations en moins liées au cannabis depuis 2015.
2. Le président de Saint-Vincent-et-les-Grenadines préfère exporter du cannabis plutôt que de cultiver des bananes

Au dernier sommet de CARICOM (Union des Caraïbes) qui s’est tenu à Sainte-Lucie à la fin de janvier 2016, le président de Saint-Vincent-et-les-Grenadines Ralph Gonsalves a proposé que le cannabis remplace les monocultures de bananes. Selon un reportage de telesur.tv, le président s’attend à ce que cette nouvelle culture soit bénéfique à l’économie locale, mais également à l’environnement : « l’industrie des bananes est responsable de la déforestation et de l’érosion des collines et des vallées. Ces conséquences environnementales néfastes sévissent depuis près de 50 ans. Lorsqu’il pleut abondamment et qu’il y a des inondations, les cours d’eau emportent les berges et les terres. Même les arbres se font déracinés et entraînés par les eaux, bloquant les rivières, détruisant ponts et maisons, emportant des vies humaines ».
Lors du sommet à Sainte-Lucie, le président a trouvé une oreille attentive chez Marcus Day, représentant de l’Institut de recherche sur les drogues et l’alcool des Caraïbes, qui juge que son pays avance trop lentement : « Je crois qu’il est temps d’entrer dans le 21e siècle et de mettre fin à cette prohibition qui a causé tant de préjudices à tant de personnes ».
Toutefois, personne n’est allé aussi loin que Valentine Clement James, représentant de la ville hôte de Sainte-Lucie qui a déclaré ceci : « Je sens, croyez-moi, que nous aurons autre chose à exporter que les bananes, parce que nous avons plus de jeunes gens dans les ghettos qui seront heureux de la planter et de la vendre. Les bananes ne se vendront pas aussi vite que la marijuana ».
Selon des données américaines, Saint-Vincent-et-les-Grenadines figure parmi les plus importants exportateurs illégaux de cannabis de la région.
3. La mise sur pied d’un Comité du cannabis par CARICOM en 2015
Exactement une journée après l’adoption de la nouvelle loi jamaïcaine en matière de cannabis, l’Union des Caraïbes a mis sur pied une Commission du cannabis pour représenter chacun des 15 États membres. En mai 2015, lors de l’inauguration de la Commission, le premier ministre des Bahamas, alors président de la Commission, a annoncé que celle-ci allait « bientôt commencer à considérer les questions économiques, de la santé et légales entourant la consommation de marijuana et à consulter les acteurs concernés afin de connaître leurs points de vue ». La Commission n’a pas encore publié ses résultats.
4. L’industrie du tourisme des Caraïbes aimerait aussi avoir sa part de gâteau
La Jamaïque espère pouvoir attirer les touristes se traitant au cannabis. En fait, cette tactique est officiellement soutenue par Wykeham McNeill, le ministre jamaïcain du Tourisme qui a qualifié la réforme d’ « historique et de révolutionnaire ». Depuis que le « tourisme cannabique » a fait partie des thèmes de la conférence de l’Organisation touristique des Caraïbes (Caribic Tourism Organisation) en 2014, Trinité-et-Tobago n’est plus le seul État à vouloir suivre l’exemple de la Jamaïque.
5. L’ancienne première ministre de Trinité-et-Tobago s’est fait prendre en 2013 en possession d’une substance similaire au cannabis

Il y a moins de trois ans, Kamla Persad-Bissessar, première ministre de la République de Trinité-et-Tobago de 2010 à 2015, a été arrêtée en possession de cinq grammes d’une substance similaire au cannabis. Aucune analyse n’a été faite, et donc, on ne peut affirmer avec certitude que madame Persad-Bissessar est une fumeuse de cannabis. En fait, les deux îles sont motivées à suivre l’exemple de la Jamaïque.
6. Porto Rico a déjà légalisé le cannabis médicinal
Le gouverneur de Porto Rico, Alejandro Garcia Padilla, avait déjà caressé l’idée de légaliser le cannabis médicinal, sans toutefois dépénaliser la possession et la consommation. Néanmoins, il en a surpris plus d’un lorsqu’il a ordonné que soit promulguée la loi en mai 2015. Depuis, le pays a commencé à élaborer un cadre législatif, et les premiers permis doivent être distribués sous peu.
7. Les autorités de la santé des Caraïbes gardent leur sang-froid
En ce qui concerne les questions liées au cannabis, l’Agence de la santé publique des Caraïbes (CARPHA) n’est que sensiblement plus libérale que l’OMS ou les autorités de la santé de l’UE. Bien qu’elle ne démontre pas trop d’enthousiasme et qu’elle réitère le besoin de mener plus de recherche, elle se rend tout de même à l’évidence. Le président de l’organisation, le Dr James Hospedales, a écrit ceci à propos de la question : « Il importe de procéder avec beaucoup de précautions ». Il a également souligné l’extrême importance de protéger les jeunes.
Ce vent de changements qui souffle sur quelques îles des Caraïbes ne devrait pas occulter le fait que d’autres pays tels la Guyane ou la République Dominicaine pénalisent sévèrement la possession ou la consommation de cannabis, et demeurent insensibles aux réformes que veulent mettre en place leurs voisins. Cependant, l’état des choses pourrait changer rapidement si la Commission du cannabis de l’Union des Caraïbes concluait que Porto Rico et la Jamaïque étaient en train de montrer la voie à suivre.