Selon le rapport annuel de l’Observatoire national des drogues et des addictions (ONDA) : 800.000 marocains seraient des usagers de drogue.
L’huffpostmaghreb.com, qui a jadis publié d’excellents articles, n’y est pour rien : ce site s’est fait abuser comme de nombreux autres qui ont repris cette fausse information. Par exemple, "Aujourd’hui le Maroc " c’est aussi fait "couillonner" ! On peut juste leur reprocher de ne pas avoir fait le bon boulot de base : vérifier ses sources ! En fait, ce rapport se base sur un rapport plus ancien (2014 - qui existe donc) dont il a modifié (falsifié) les données chiffrées... mais personne ne semble l’avoir commandé ni même en être au courant de son existence au sein de l’ONDA. Donc ici, l’action se passe en deux temps : 1) l’article qui colporte ce qui est établi maintenant comme une rumeur et, 2) Celui qui en dénonce l’imposture.
Premier article :
Par HuffPost Maroc/MAP, publié le 05 février 2015
http://www.huffpostmaghreb.com/2015...
800.000 consommateurs de drogue au Maroc, selon le rapport annuel de l’Observatoire national des drogues et des addictions (ONDA)

DROGUES - Environ 5 Marocains sur 100 sont des consommateurs de drogue, soit un minimum de 800.000 usagers, selon le rapport annuel de l’Observatoire national des drogues et des addictions (ONDA).
Une écrasante majorité de ces usagers de drogue (95%) sont consommateurs de cannabis, alors qu’entre 50.000 et 70.000 marocains ont une consommation anormale d’alcool relève l’ONDA dans sa synthèse de la situation de drogues au Maroc pour 2014.
Selon le rapport, 1 lycéen sur 5 a déjà fumé une cigarette et 1 sur 10 a touché au cannabis.
Parmi les recommandations prônées par l’ONDA, "l’élaboration d’un programme national de prévention diversifié et adapté culturellement, surtout pour les jeunes et les populations vulnérables", ou encore "l’’interdiction de la vente de tabac et de drogues près des établissements scolaires".
Ces mesures sont d’autant plus nécessaires que la moitié des lycéens ont une perception banalisante de l’usage de drogues, alors qu’un lycéen sur trois s’est vu offrir une drogue à proximité de l’établissement scolaire, lit-on dans cette étude, qui note aussi que l’usage de benzodiazépines détournées de leur usage médical est plutôt l’apanage des lycéennes.
Le rapport conclut que le tabac est la drogue la plus consommée au Maroc, suivie du cannabis, de l’alcool, des benzodiazépines détournées de leur usage, de la cocaïne, de l’héroïne, des solvants et autres colles (particulièrement pour les enfants de la rue), puis des amphétamines.
Cette étude est basée essentiellement sur l’enquête nationale des ménages sur les troubles mentaux et l’usage de drogues 2006, MEDSPAD nationales 1 et 2 2009 et 2013 et les enquêtes "Respondents driven sampling" parmi les usagers de drogues par voie injectables dans la région du Nord.
Second article :
Publié le 07 février 2015 (libération Maroc).
http://www.libe.ma/L-Observatoire-n...
L’Observatoire national des drogues et des addictions joue à l’Arlésienne
Une soi disant étude attribuée à l’ONDA fait jaser

L’Observatoire national des drogues et des addictions joue à l’Arlésienne L’information a fait le buzz sur le Net. Plus de 800.000 Marocains seraient des consommateurs de drogues et entre 50.000 et 70.000 présentent un usage problématique d’alcool. Neuf usagers de la drogue sur 10 sont des consommateurs de cannabis, ont rapporté certains organes de presse en citant un récent rapport de l’Observatoire national des drogues et des addictions (ONDA). Lequel suscite plusieurs questions.
D’abord, le rapport en question n’a rien de récent. Ses statistiques sur la prévalence de la consommation de drogues, toutes substances confondues, et de la dépendance auprès de la population âgée de plus de 17 ans ont été rendues publiques en mai 2014.
A cette date, le rapport en question avait fait état d’autres chiffres : 4,2% et non entre 4 et 5% comme aujourd’hui. S’agit-il d’une mise à niveau de l’étude ancienne ? Personne n’en sait rien.
Ensuite, qu’en est-il du document original ? Aucune trace n’existe sur le site Internet de l’ONDA. Mieux, le secrétariat de ce dernier a nié la publication de tout récent rapport sur la consommation de drogues au Maroc. Contacté par nos soins, il a même été surpris d’entendre parler de cette information. Des propos qu’on n’a pas pu vérifier auprès de Jalal Toufik, chef de service de l’hôpital psychiatrique Arrazi de Salé et directeur de l’ONDA dont le téléphone était aux abonnés absents.
Le contenu de l’étude dont tout le monde vient de parler suscite également plusieurs observations. C’est le cas pour le classement des drogues les plus consommées au Maroc. L’ONDA met le tabac en tête de celles-ci, suivi du cannabis, de l’alcool, des benzodiazépines détournées de leur usage normal, de la cocaïne, de l’héroïne, des solvants et autres colles (particulièrement pour les enfants de la rue), puis des amphétamines.
Des résultats en contradiction avec ceux qui ont été rendus publics par le Centre anti poison du Maroc (CAPM) qui a révélé que la mixture appelée Mâajoune arrive en tête avec 62,6% suivie par le cannabis. Les alcools viennent en troisième position devant les solvants et autres psychotropes et médicaments en aérosols qui font partie des nouvelles drogues consommées par des mineurs, notamment ceux issus de milieux déstructurés et pauvres.
Viennent, en dernier lieu, les benzodiazépines (2,3%) et le tabac (1,4%), l’étude du CAPM ne semblant pas considérer ce dernier comme une drogue. Certains acteurs associatifs ont reproché à cette étude le fait qu’elle a omis de parler des nouveaux types de drogues qui sont en nette évolution. Il s’agit en premier lieu des drogues pas chères comme le « maâjoune », la « kala », le tabac à priser et même le « silissioune » (colle à rustines que l’on sniffe).
Le chiffre même de 800.000 consommateurs fait aussi débat. Plusieurs observateurs nous ont affirmé qu’il est fort difficile de cerner le nombre réel d’usagers des drogues du fait que cette question demeure de l’ordre des tabous ou d’identifier le nombre de consommateurs occasionnels des réguliers ; ce qui explique, en partie, la rareté des études réalisées à ce propos.