"Santé Canada s’attaque à la salvia et à la marijuana" par ledevoir.com
Par Florence Sara G. Ferraris - Avec La Presse canadienne, publié le 04 août 2015
http://www.ledevoir.com/societe/sante/...
Le gouvernement canadien entend restreindre davantage la consommation de Salvia divinorum, mieux connu sous le nom de salvia, ainsi que ses préparations et dérivés.
La ministre Rona Ambrose a annoncé samedi son intention de mettre en place des mesures supplémentaires pour « protéger les jeunes Canadiens des drogues dangereuses », liste à laquelle vient maintenant s’ajouter la salvia.
Photo : Adrian Wyld La Presse canadienne
La ministre de la Santé au fédéral, Rona Ambrose
Santé Canada déploie des efforts depuis 2011 pour inscrire la plante, surtout consommée pour ses effets hallucinogènes, sur sa liste des substances contrôlées de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Jusqu’à maintenant, la salvia était considérée comme un produit naturel non homologué.
Le nouveau règlement sera inscrit dans la Gazette du Canada le 12 août. Une fois les modifications publiées, toutes les activités autres que la simple possession seront illégales, à moins d’être autorisées par un règlement ou de faire l’objet d’une exemption.
« Le gouvernement est déterminé à protéger la santé et la sécurité des Canadiens, surtout les jeunes, contre les effets dévastateurs de la toxicomanie. Voilà pourquoi nous rendons la salvia illégale », a-t-elle fait savoir par communiqué.
La ministre a également indiqué que ce projet « s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale antidrogue [SNA], qui contribue à rendre [les] collectivités [canadiennes] plus sûres et plus saines ».
Lancée en 2007, la SNA tend à « prévenir la consommation de drogues illicites, à traiter la dépendance à celles-ci et à réduire la production et la distribution de ces drogues ».
Les produits issus de la salvia sont offerts sous plusieurs formes, notamment en feuilles fraîches ou séchées, en liquides, en graines ou en boutures pour la culture.
Selon l’Enquête sur le tabagisme chez les jeunes de 2012-2013, 2 % des Canadiens âgés de 12 ans à 18 ans avaient consommé de la salvia au cours de l’année précédente.
Publicités surveillées
Le ministère de la Santé canadien a également annoncé samedi son intention de surveiller plus étroitement les groupes faisant la promotion de la marijuana, même dans un contexte médicinal.
« J’ai enjoint à Santé Canada de mettre sur pied une équipe spéciale qui pourra lutter contre la promotion illégale de la marijuana », a indiqué la ministre fédérale Rona Ambrose, dans un communiqué envoyé aux médias samedi.
Plus tôt dans la journée, Santé Canada avait, lui aussi, publié un communiqué, déclarant qu’il surveillera activement toutes les formes de publicité et de promotion de la marijuana, plutôt que d’agir principalement à la suite de plaintes du public.
En vertu de la loi actuelle, seules les « parties réglementées », dont les producteurs autorisés de marijuana à des fins médicales, peuvent rendre publics des renseignements de base, à condition que ces derniers ne soient « pas promotionnels ».
Le communiqué stipule que Santé Canada « émettra des lettres de conformité s’il constate des infractions ». Les contrevenants récidivistes s’exposent à des poursuites.
Or, selon Olivier Duchesneau, porte-parole du Parti libéral du Canada (PLC), l’organisme gouvernemental disposait déjà de tels pouvoirs. Selon le parti de Justin Trudeau, cette « nouvelle annonce » de la ministre est « un peu ridicule », puisque Santé Canada avait déjà les moyens d’intervenir.
Dans son communiqué rendu public samedi, Rona Ambrose avait justement fait référence au chef libéral, évoquant la position de ce dernier par rapport au cannabis. Position jugée « irresponsable » par la ministre de la Santé.
Approche inefficace
Selon le PLC, qui ne cache pas sa position pour une légalisation encadrée de la marijuana, « il serait peut-être temps que la ministre se demande plutôt si la position défendue par [les conservateurs] est responsable ».
« Le Canada est le pays de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] qui a le plus haut taux de consommation de cannabis chez les jeunes, a affirmé le porte-parole libéral. Les faits nous prouvent que leur approche ne fonctionne pas. »
De leur côté, les libéraux défendent plutôt la mise en place d’une « réglementation responsable ».