"Saint-Omer : un vaste réseau de drogue démantelé, 12 personnes arrêtées" par La Voix du Nord

Par DAVID MONNERY, publié le 15/01/2016 - Mis à jour le 15/01/2016 à 16:58

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Saint-Omer : un vaste réseau de drogue démantelé, 12 personnes arrêtées

Un vaste coup de filet policier a été mené jeudi 14 janvier pour faire tomber l’un des plus gros trafics de stupéfiants jamais connu à Saint-Omer. Douze personnes ont été arrêtées, un pistolet-mitrailleur a été saisi ainsi que d’importantes quantités de drogue et d’argent liquide.

Les enquêteurs ont mis la main sur des stupéfiants pour un montant estimé à 15 000 euros : 2 kg de cannabis, 230 grammes d’héroïne et 80 grammes de cocaïne. Ils ont également découvert un total de 17 000 euros en liquide.

1. Le coup de filet

Soixante et onze policiers, dont douze membres du RAID (recherche assistance intervention dissuasion) et huit fonctionnaires de la brigade cynophile avec six chiens, ont été mobilisés pour réaliser les interpellations en cascade à partir de 6 heures du matin, jeudi. Les policiers du commissariat de Saint-Omer ont quasiment tous mis la main à la pâte d’une façon ou d’une autre pour mener à bien cette opération.

Le commissaire Sébastien Delmotte faisait même partie de l’équipe partie interpeller la tête présumée du réseau, à Tourcoing. Les onze autres ont été arrêtés à Saint-Omer. Leur trafic aurait généré un chiffre d’affaires estimé par les enquêteurs à 700 000 euros depuis le mois de juillet.

2. Ce que la police a trouvé

Les enquêteurs ont mis la main sur des stupéfiants pour un montant estimé à 15 000 euros : 2 kg de cannabis, 230 grammes d’héroïne et 80 grammes de cocaïne. Ils ont également découvert un total de 17 000 euros en liquide ainsi que tout le nécessaire à l’organisation du trafic (balances, etc.) Un pistolet-mitrailleur Skorpion avec plusieurs chargeurs remplis de munitions a également été trouvé au domicile de l’homme présenté comme le chef de réseau.

Les policiers ont aussi déniché des registres tenus par les trafiquants où figurent des noms de consommateurs, des quantités vendues et des sommes dues. Près de 400 consommateurs audomarois ont ainsi pu être identifiés. Plus de 50 d’entre eux ont déjà été auditionnés, jeudi, pour les besoins de l’enquête.

3. Qui a été interpellé

A. S., 39 ans, est présenté comme le chef de réseau. Cet ancien audomarois au casier judiciaire chargé vit désormais à Tourcoing. Deux de ses principaux lieutenants ont été interpellés à Saint-Omer : S. L., 21 ans, sorti de prison en juin, a été arrêté chez lui rue de la Gaieté ; et N. C., 37 ans, qui venait d’être papa, fin décembre. Dans son appartement de la rue de l’Écusserie, 2 kg de cannabis ont été découverts ainsi que 15 000 euros en liquide.

Neuf autres personnes, dont une femme, ont été interpellées à Saint-Omer. Tous sont déjà connus de la justice.

4. Comment la police a procédé

C’est une information anonyme obtenue dans le cadre d’une autre affaire qui a mis les policiers audomarois sur la trace de ce trafic. Six mois d’enquête ont été nécessaires avant de lancer ce vaste coup de filet.

Des écoutes téléphoniques ont été mises en place et des balises ont été posées sur des voitures pour les suivre à la trace. Elles ont notamment permis d’établir que jusqu’à quatre voyages aux Pays-Bas par semaine étaient effectués pour alimenter le réseau, sans compter les fréquents allers-retours entre Tourcoing et Saint-Omer. Les appartements des suspects ont également été placés sous surveillance. C’est notamment parce que les écoutes téléphoniques les avaient renseignés sur la présence d’un pistolet-mitrailleur que les policiers avaient mis en place un tel déploiement de force.

5. Que va-t-il se passer

Les policiers audomarois, qui pilotent l’enquête, travaillent en lien avec le groupe d’intervention régional (GIR) de la police judiciaire, les douanes et les impôts, notamment pour définir le parcours de l’argent et déterminer comment ont été utilisés les bénéfices. A. S., le chef présumé du réseau qui vit dans un pavillon de Tourcoing décrit comme modeste, serait un joueur compulsif qui fréquente assidûment les casinos. Est-ce une façon de blanchir de l’argent ? Des sommes sont-elles envoyées vers l’étranger ? Autant de questions auxquelles les enquêteurs vont tenter de répondre.

Les poursuites judiciaires seront vraisemblablement séparées selon le degré d’implication des personnes interpellées dans ce trafic. Sept d’entre elles devraient être relâchées samedi 16 janvier à l’issue de 48 heures de garde à vue. Elles devraient être convoquées prochainement devant le tribunal correctionnel de Saint-Omer pour répondre de leurs actes.

Les cinq autres, le chef présumé du réseau et ses plus proches collaborateurs, devraient rester 96 heures en garde à vue, le maximum autorisé par la loi dans le cadre d’un trafic de stupéfiants. Lundi 18 janvier, ils seront alors déférés au palais de justice de Saint-Omer où il sera décidé de leur avenir immédiat dans l’attente de leur jugement.