SEP : Cannabis et spasticité
L’utilisation à des fins médicales de l’extrait de chanvre, également nommé marijuana ou Cannabis sativa, est aussi ancienne que controversée. forte/fortissimo revient une nouvelle fois sur le sujet. Les effets du cannabis sur la spasticité induite par la SEP viennent de donner lieu à une importante étude thérapeutique dont la méthodologie a fait l’objet d’une préparation soigneuse.
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P.-S.
Quintessence
Les travaux cités reflètent l’effort toujours plus grand de
faire des recherches sur les possibilités thérapeutiques du
cannabis, utilisé comme plante médicinale dans l’Antiquité
déjà, et de l’employer également à titre thérapeutique. Jusqu’ici
seules les propriétés antiémétiques et orexigènes du
THC étaient relativement bien documentées. Mais des études
indiquent que le cannabis peut également avoir un rôle en
tant que myorelaxant à effet analgésique.
Dans la plupart des travaux publiés à l’heure actuelle,
le cannabis a été administré par voie orale. Même si ce mode
d’administration n’est pas optimal en raison de la variabilité
de la biodisponibilité, qui est de toute façon faible, il présente
l’avantage de la simplicité de sa posologie et de son mode
d’emploi. La fumée de cannabis serait idéale, pharmacocinétiquement
parlant, ce qui ne peut toutefois être recommandé
en raison de l’effet carcinogène de cette voie d’administration.
D’autres formes, par ex. rectales, topiques, par inhalation
ou spray sublingual, sont en l’occurrence des alternatives
très prometteuses qu’il s’agit encore d’étudier.
Même si le THC n’est certainement pas grevé de tous
les risques qui lui sont actuellement attribués en général, il
ne faut pas scotomiser ses effets potentiels - réversibles, il est
vrai - sur les fonctions cognitives et psychomotrices, qui ont
été décrits dans un article paru récemment [1].
L’aptitude à conduire peut être diminuée immédiatement
après la prise de cannabis, et l’absorption prolongée de hautes
doses de THC diminue les performances cognitives. Pour
contourner justement ces effets (indésirables) psychoactifs,
qui sont le facteur limitant du THC à très hautes doses, la
recherche se concentre actuellement sur l’activation des
cannabinoïdes endogènes, non psychoactifs à doses physiologiques,
ce qui devrait être possible par des substances
inhibant la dégradation des endocannabinoïdes - tout comme
pour les antidépresseurs, qui y parviennent par ex. pour la
sérotonine.
Pour terminer, il ne faut naturellement pas s’attendre à
ce que les patients SEP rient et dansent de joie après avoir
pris du THC, comme les Scythes dont parle Hérodote. Mais
la vente libre de THC et de cannabis à des fins thérapeutiques
pourrait par contre aider les patients SEP à vivre avec moins
de spasmes. L’abandon de la mauvaise conscience sur la
consommation d’une médecine interdite devrait alors très
considérablement contribuer à améliorer leur qualité de vie.
Schweiz Med Forum 2004 ;4:732-738 ou sur internet sous www.smf-cme.ch
