"Rouen : il défend l’usage thérapeutique du cannabis et se fait condamner" par Paris Normandie

En France, la compassion, au niveau judiciaire, à un cout : une condamnation symbolique et 100 euros d’amende ! mais c’est un réel progrès ... ! Et une forme de décriminalisation judiciaire ... mais gare à a récidive ... !


Publié le 25/04/2016 à 22H49

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Rouen : il défend l’usage thérapeutique du cannabis et se fait condamner

Tribunal. Un consommateur de cannabis déclare en faire uniquement un usage thérapeutique. Le tribunal condamne par principe.

Le prévenu cultivait l’herbe à son domicile après avoir acquis un kit

Le débat sur la légalisation du cannabis est très présent en France. Certains, peut-être poussés par la douleur, brûlent les étapes et n’attendent pas la légalisation de la substance qu’ils pensent miraculeuse pour en consommer. Ces derniers se retrouvent comme David A. (45 ans), devant le tribunal. Suite à une perquisition à son domicile le 22 avril 2015 à Yvetot, 30,5 grammes de cannabis sont retrouvés dans un pot en verre ainsi que cinq graines et deux plants de cannabis.

La maladie « la plus douloureuse au monde »

« C’est un cannabis spécifique, destiné aux soins médicaux. J’ai acheté le kit pour le cultiver sur internet. C’est la seule solution connue pour soigner la maladie neurologique dont je suis atteint. C’est accepté dans beaucoup de pays mais pas en France. C’est une maladie donnée comme étant la plus douloureuse au monde, elle amène de nombreux patients à se suicider », explique le quadragénaire devant les juges.

« Avez-vous un avis écrit d’un médecin qui nous déclarerait que c’est le seul traitement qui existe pour cette pathologie ? », interroge la présidente. « Mon neurologue et mon médecin traitant m’ont incité à prendre du cannabis même s’ils ne peuvent pas l’écrire. Il existe un autre traitement mais il ne fonctionne pas. Tout le monde autour de moi sait comment je me soigne », explique le prévenu.

«  J’ai pris le temps de regarder ce dossier en prenant en compte les douleurs du prévenu. J’ai effectué des recherches. Je n’ai trouvé que des éléments allant à l’encontre de l’argumentation présentée. Il existe des jurisprudences en France tendant à faire reconnaître la légitimité de l’utilisation de cannabis en état de nécessité. Ce n’est cependant pas le cas de Monsieur. Il s’agit de cannabis pur et un médicament contenant du cannabis est disponible sur le marché qui aurait pu se substituer à l’usage de la substance  », expose la procureure dans ses réquisitions. «  Le traitement dont vous parlez n’est pas encore sur le marché. On l’attend tous !  », lui oppose le prévenu.

« Je suis devant vous pour défendre un homme qui souffre. On ne parle pas d’une simple migraine mais d’une maladie que l’on appelle aussi la céphalée suicidaire. On ne peut lui reprocher de chercher une solution. Il a essayé le cannabis car il en a entendu parler sur internet. C’est un cannabis à usage thérapeutique et non-récréatif ».

Le tribunal ne prend pas position dans cet épineux débat pharmacologique et condamne pour la forme le prévenu à une amende de 100 €.