Rien à voir avec ces "voyous"

2003/07/01 - La Liberté

Cité nommément dans un article lors d’un jugement, ce promoteur du chanvre paysan se défend d’avoir une activité répréhensible.
L’article relate fidèlement ce qui s’est dit au Tribunal d’Estavayer. L’agriculteur de Murist condamné a fait croire au juge qu’il ne cultivait du chanvre agricole que pour le soussigné, qu’il lui avait fait confiance. Mais à tort, semble-t-il, puisque son chanvre révélait un taux de tétrahydrocannabinol (THC) de 11%. Or, les faits sont autres. Cet agriculteur est en possession d’un certificat signé d’un juge d’instruction fribourgeois, où il est dit que s’il fait du chanvre agricole avec moi, il agit dans le cadre de la loi. En 1997, le Muristois a effectivement commencé avec du vrai chanvre agricole (sativa non-indica, 1,5% THC).
Mais dès l’année suivante, il s’est dépêché de faire, à mon insu, du chanvre indien (chanvre à fumer ou marijuana). Ce qui donne beaucoup plus d’argent. Du chanvre paysan, il n’en faisait qu’un tout petit peu, pour donner le change. Avec du chanvre indien, un producteur touche au minimum 100 000 fr./ha. C’est ce qu’a touché le paysan de Murist de 1998 à 2001 et c’est ce qu’il devrait rembourser à l’Etat. Et non pas les petits 15 000 fr. décidés, en ignorance de la vérité, par le Tribunal d’Estavayer. Ce Muristois faisait partie de ce groupe de paysans qui, à Murist, Granges-de-Vesin et Vesin, travaillaient avec des gens de mauvaise vie, liés à la bande à Rappaz, producteur de haschisch valaisan bien connu.
J’ai dénoncé ces quelques paysans au préfet de la Broye et je les ai taxés de "voyous" dans une interview. Si j’avais fait du chanvre indien, j’aurais dû moi aussi être condamné comme complice du paysan. Or, il n’y a rien eu de tel. En effet, qui ne cultive que du chanvre agricole n’a jamais de problème, ni dans le canton ni ailleurs en Suisse. Aucun des paysans travaillant avec le soussigné, depuis 1994, n’a jamais été condamné par un tribunal. Aujourd’hui, ils sont une centaine de paysans à faire honnêtement du chanvre paysan. Aucun n’a quoi que ce soit de commun avec le Muristois.

Jean-Pierre Egger, Franex-Murist