Rhône : il vend pour 100 000 euros de cannabis à des collégiens

Un exemple de manipulations de chiffres et faits pour tromper !

C’en est fatiguant de constater comment nos concitoyens se font berner avec une Presse sous ordre qui raconte bien souvent n’importe quoi, en tous cas, déforme la réalité au point d’en devenir mensonger et manipulatoire. Beaucoup ont "gobés" le cancer du testicule, les seins qui poussent chez les mâles, l’épidémie de schizophrénie, l’expérience des singes asphyxiés ... des oreilles qui pousseraient aux fesses aussi, pourquoi pas ? Alors que toute étude sérieuse battrait en brèches ces informations en quelques minutes à peine. Ici nous faisons cas d’un dogme différent, celui de "la came vendue à des gosses", une idée forte qui pousse à un rejet extrême et bien souvent à la haine ! Pourtant, même dans ce domaine, l’artifice est de mise. Démonstration ... :


Le Parisien : "Rhône : il vend pour 100 000 euros de cannabis à des collégiens"

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Tel est le titre d’un article du média "Le Parisien". En ce moment, une campagne anti-cannabis sur le thème de la protection de la jeunesse bat son plein. Alors, connaissant la prohibition, attendez-vous à des déclarations fracassante qui, dans quelques semaines, seront soit contredites, soit tombées dans l’oubli.

L’exemple que nous traitons ici est significatif et l’info falsifiée provient des sources mêmes de la gendarmerie : bigre les forces de répression et celles de la prohibition essayent d’être cohérentes dans leurs actions comme dans leurs mensonges.

Ce n’est donc pas par hasard que cet article tombe fort à propos !

Alors voilà : le titre annonce : "Rhône : il vend pour 100 000 euros de cannabis à des collégiens"

Juste après, en titre de l’image : Il empoche 100.000 euros en dealant pendant deux ans du cannabis dans des collèges du Beaujolais. |

Une ligne et demi plus loin : "Ce trafic lui a rapporté quelque 100.000 euros en deux ans, selon la gendarmerie.

Question : s’il vend pour 100 000 euros de stupéfiant, il ne peut pas faire 100 000 euros de bénéfice, nous allons apprendre ici pourquoi ! Notre confrère se "mélange un peu les pinceaux" à ce niveau !

Nous allons constater que tout ceci est faux, très exagéré pour le moins. Voici quelques rappels de données et faits concernant le trafic de cannabis :

Ne pas confondre valeur marchande global, chiffre d’affaire et bénéfices !

Le haschich (apparemment c’est de ça qu’il s’agit ici), en dépit que ce mot anglais signifie "matière fécale" dans un sens plus argotique, n’est pas « déféqué » par les dealers... ! Il n’apparait pas non plus dans leurs mains par magie ou par l’opération du St Esprit ! Il est acheté ! Son prix de base varie en fonction de la qualité et de la quantité commandée. Il peut varier entre 3.5 euros à 4.5 euros le gramme par kg acheté.

Revendu, il est payé entre 6 et 10 euros le gramme au dernier maillon de la chaîne. Le dealer ne le vend jamais à ce prix puisqu’il existe un ou plusieurs intermédiaires qui vont "gratter une commission" au passage. L’article le dit en plus : il faisait revendre son cannabis par des personnes dans les collèges. Or le bénévolat est très rare dans les trafics de stupéfiants.

Probablement, l’individu principal du trafic, le fournisseur, prenait 1 euro sur les transactions de demi gros et 1.5 à 2 euros sur des transactions de plus faible volume.

S’il a réellement vendu 500 g par semaine, on descend alors sur un chiffre d’affaire qui se concrétise plutôt sur 500 à 750 euros par semaines.

Mais entretemps, le dealer à des frais. Entre les échantillons généreusement offerts pour "goutter" et le financement d’une nourrice (personne gardant le gros du stock de la marchandise), les mauvais payeurs et ceux qui se sont fait braqué leur matos où l’ont fumé (en ayant emprunté pardi - beaucoup de jeunes vivent leur conso à crédit), la propre consommation du dealer ... on descend en dessous de la barre des 500 euros par semaines. Soit la moitié du chiffre annoncé par la gendarmerie. Ce n’est pas fini

Ce qui est crapuleux ici, n’est pas le fait qu’il gagnait de l’argent, mais qu’il le faisait en vendant dans des collèges (des moins de 16 ans) ! Je ne vais pas défendre cet individu, ce n’est pas le but de l’exercice, mais de mettre en évidence la triche policière dans ce genre d’affaires destinées à faire les gros titres des journaux.

Les gendarmes supposent que du premier jour au dernier, date de son arrestation, l’individu a vendu 500 g de shit en moyenne. Ce n’est pas comme cela que ça marche. Un trafic, cela commence doucement, surtout quand cela concerne des jeunes ... pas forcément fortunés et bon payeurs. Je doute que le gars eu les moyens d’acheter et de vendre 500 g de hasch d’entrée de jeu. Il lui a fallu forcément du temps pour tisser des liens avec des personnes de confiances. L’aboutissement au bout de 2 ans était de 500 g par semaine. Quand on voit les centaines de kg saisis dans des go-fasts, les dizaines ou centaines de kg saisis dans des citées … on se dit que nous faisons cas ici d’un petit trafic minable !

On peut supposer que son petit trafic a commencé par des 100g plus pour financer sa propre consommation qu’autre chose. Puis, la mayonnaise prenant, un réseau de gens de confiances se construisant, il a pu évoluer vers 500 g par semaine. On est loin du très-très gros trafic et ce qu’il y a à déplorer ici c’est plutôt que les gendarmes aient mis deux années à le mettre hors d’état de nuire ! D’où ce "tapage sur des casseroles" certainement destiné à attirer l’attention ailleurs pour cacher leur nullité dans ce dossier ! Disons qu’en deux ans, l’individu a dû se faire un bénéfice mensuel moyen de 350 euros. Autour de 35 000 euros, un peu plus peut-être, en total dans toute la période.

Les juges n’ont d’ailleurs pas été dupes de la manipulation gendarmesque comme le démontre la condamnation : " ... Il a écopé de deux ans de prison, dont un avec sursis, sans mandat de dépôt. Il a également été condamné à 12.000 euros d’amende avec obligation de soins et de travailler. Sa voiture de sport lui a été immédiatement confisquée ...".

S’il avait vraiment gagné 100 000 euros, je pense que la condamnation aurait été plus dure, l’amende plus importante et les saisis de biens plus conséquentes ! Voyez qu’en réfléchissant un peu à décortiquer un article de presse, on peut établir des vérités que l’on cherche à cacher !

La guerre des mots dans les dépositions et procès-verbaux :

Une autre déclaration attire notre attention "... qu’ils avaient agi sous l’emprise de stupéfiants et qu’ils se fournissaient dans leurs collèges ...". Ce ne peut pas, mais alors vraiment pas, être du langage de jeunes - ni même leur façon de penser. C’est un fantasme policier transféré en texte dans la déclaration que les jeunes ont signé sans relire et comprendre de toute façon.

Comprenez qu’avec cet " aveu préfabriqué " glissé dans les dépositions, c’est une "circonstance aggravante" destinée à enterrer l’inculpé responsable pendant son jugement. Tout pue l’amateurisme et on veut lui coller une grosse affaire sur le dos, dans un élan de préoccupations politiques dues à une campagne de protection de la jeunesse vis à vis du cannabis.

" Moi, je suis passé chez les flics et je peux vous certifier que ces gens-là ne tapent jamais sur leur clavier l’exacte déclaration que vous prononcez ". Ce sont des spécialistes du rapport et ils connaissent les mots et expressions à placer ou éviter selon s’ils veulent vous descendre ou protéger. C’est à un point ou je refuse de signer leurs procès-verbaux, x fois jusqu’au moment où las du jeu qu’il impose lui-même, l’agent se contente de taper mot à mot mes déclarations. Une fois, cela a duré deux-jours et demi et je ne lâchais pas l’affaire !

Conclusion : ce genre d’articles est destiné à monter les gens contre le cannabis et son monde. Pour un smicard ou à peine plus, 100 000 euro est déjà une très grosse somme et c’est destiné à frapper les esprits et attiser la jalousie de "celui qui en chie pour gagner sa vie". Mais gagner 100 000 euros en vendant du poison à des gosses (note : de la façon dont c’est présenté), nous ne sommes pas loin du rétablissement de la peine de mort !

Tout est psychologique dans cette guerre aux drogues et l’hypocrisie est parfois de part et d’autre, il faut le reconnaitre. Mais l’hypocrisie part toujours du camp de la prohibition, les fumeurs, vendeurs et trafiquants ne faisant que de s’y adapter !

De toute façon, c’est ainsi dans pratiquement tous les collèges et lycée de France. C’est le résultat de 44 années de prohibition qui n’ont protégé en rien ni les adultes, ni les jeunes - et très jeunes, on le constate ici - de la propagation du cannabis. On vous "fait une fanfare" de ce cas particulier mais on vous passe sous silence cette terrible réalité !

Les mêmes responsables de ce sinistre bilan sont en train de "vous farcir le choux" pour obtenir : plus de pouvoirs, plus de budgets, plus de lois répressives, moins de libertés pour les personnes ... on prend les mêmes, nuls, cupides, cruels et imbéciles, et on recommence … On reproduit incessamment les mêmes conneries et méchancetés et on en attend un résultat différent ! Persister à ce point dans l’erreur s’appelle la Folie !

Les pouvoir publics, engagés à fond dans cette voie de perdition, nous font ici et ailleurs l’étalage de leur échec mais essayent toujours de transformer la réalité comme c’est le cas ici, afin de vous manipuler, lectrices lecteurs, et vous faire croire qu’ils arrivent à des résultats probants. Je suis certain que le trafic de collège va s’estomper quelques jours, puis un autre petit malin va prendre la place et tout va recommencer de plus belle !

Il est grand temps de légaliser le cannabis sous un modèle de légalisation contrôlée et de renoncer à cette folie de la prohibition ! Seule la légalisation contrôlée pourrait limiter l’accès des jeunes à ce produit, en sapant la base du trafic de rue. Mais vous avez tous les petits haineux, les nazillons en herbe, qui vous prétendent le contraire. Cela fait 20 ans que l’on prouve l’ensemble des mensonges de la prohibition et vous continuez pourtant à les croire dans votre plus grand nombre… ! A refuser même un débat public qui pourrait faire établir certaines vérités … ! L’enjeu étatique de la guerre des drogues est une dictature et vous votez, pour la plupart d’entre vous, pour elle ! Ne pas (ne plus) voter est ne pas s’y opposer non plus, donc la favoriser !

JLB

P.-S.

Cannabinophiles, lectrices- lecteurs de Chanvre Info, ne vous sentez pas concerné par cet article, il s’adresse particulièrement à tous ceux qui pensent qu’il faut lutter contre le terrible fléau du cannabis et ses ravages !

Sauf à propos de la toute dernière phrase qui en concerne pas mal d’entre-vous ! Au fait, avez-vous signé la pétition-référendum " Weed like to talk " ... ! Oui, je sais, je suis vraiment têtu, vous n’avez pas de chance ! C’est pour cela qu’on m’a embauché à Chanvre Info (hé-hé) !