Procès Furax : les prévenus s’attendent au pire !

L’enjeu est hallucinant : la réclusion criminelle à perpétuité pour du cannabis !

Certes, ils ne faisaient pas dans le détail : il y avait trafic de gros volumes, il y a association de malfaiteurs et en plus, fortement armés. Dans le domaine criminel "simple", cela se paye de 15 à 20 ans de prison. Peut-être même moins ! Mais là, parce "qu’il y a de la came" (résine de cannabis uniquement), tous s’attendent à un procès au verdict exemplaire. Un petit coup d’œil général sur le reste de la page source, vous fera vite comprendre que l’Eure-et-Loir est un département français assez accès sur le sécuritaire ! Alors, tous s’accordent à dire que ce n’est pas bien ce qu’ils ont fait et qu’ils doivent payer pour cela ! Mais de là à se faire allumer, pour d’évidentes raisons politiques, ce n’est pas bien normal, enfin, d’un point de vue du droit et des principes démocratiques ... enfin, si cela veut toujours dire quelque chose aujourd’hui ! Dans les faits, la Loi permet de leur coller la réclusion criminelle à perpétuité ! Pour du cannabis ... qui est en train d’être légalisé un peu de partout dans le Monde !


Par Jacques Joannopoulos, publié le 21/10/14

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Eure-et-Loir > Pays Drouais > Dreux

Procès du réseau de drogue Furax : "on ne faisait de mal à personne"

Chaque convoi rapportait plus d’une tonne de résine de cannabis.

Neuf Drouais risquent jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir ramené 300 millions d’euros de cannabis depuis le Maroc. Ils affirment pourtant : « On n’était pas des caïds ».

Le trafic de drogue pour lequel neuf Drouais sont jugés depuis la semaine dernière, et pendant trois semaines, par la cour d’assises spéciale de Paris, était le plus gros jamais démantelé en France au vu de la saisie effectuée par les gendarmes, en février 2010, dans une discrète maison de Sorel-Moussel : 3,6 tonnes de résine de cannabis, 326.000 € en liquide, des armes de guerre et un lot de véhicules de grosse cylindrées.

L’enquête a confirmé l’énormité du réseau baptisé “Furax” : 50 tonnes de résine cannabis importées depuis le Maroc en quatorze mois, par quarante-cinq convois. Une entreprise qui n’a pas été menée par des amateurs, comme l’ont confirmé, hier devant la cour, les expertises psychiatriques. Tous sont décrits comme dotés d’une intelligence supérieure à la moyenne. Ce qui ne les a pas empêchés de se faire prendre, comme Belkacem Nasri, 35 ans, l’un des convoyeurs, identifié grâce à ses empreintes digitales laissées sur un ticket de péage. Il a participé à un double convoi, les 5 et 8 février 2010, ramenant 2,7 tonnes de résine. D’après lui, l’organisation était très cloisonnée, peu de membres du réseau se connaissaient entre eux :

« On m’a appelé sur un téléphone dédié. J’ai dû aller en Belgique où un intermédiaire m’a donné une voiture, un autre téléphone et 500 € pour les frais de route. Je conduisais la voiture suiveuse ».

Il a fait deux allers-retours jusqu’à San-Sébastian, dans le nord de l’Espagne, avec un convoi de cinq voitures : deux ouvreuses, deux porteuses et lui-même dans la voiture-balai : « Au cas où l’une des voitures aurait eu un problème  ». Il a touché 2.000 € pour les voyages.

« En travaillant et en fondant une famille »

Pour Mustapha Ouchni, 34 ans, « on ne faisait de mal à personne. On n’était pas des caïds ». Un des psychiatres ne tarit pas d’éloges sur Zaï Tahli, 34 ans, : « S’il avait été cadré étant plus jeune, il aurait eu un autre cursus ».

Les accusés, du moins les sept qui sont dans le box (*), sont en tout cas suffisamment intelligents pour bien comprendre qu’ils ont intérêt à faire profil bas. Tous reconnaissent leur participation, et tous assurent aspirer à une vie meilleure « en travaillant et en fondant une famille ».

Tous risquent entre trente ans de réclusion criminelle et la perpétuité.

(*) Deux sont en fuite, l’une des deux têtes du réseau, Bouchaïd El Kacimi, 41 ans, et un de ses lieutenants-convoyeurs, Mehdi Hammadouche, 35 ans.

Jacques Joannopoulos