"Prison ferme pour un couple qui cultivait du cannabis"
" ... C’est un dossier décourageant. Affligeant, pour tout l’ensemble des services de justice ..." Comprenez que ce n’est ni de culture, ni de consommation qu’il est question dans cette remarque, mais que de simples personnes réalisent de tels "crimes" alors qu’elles n’évoluent pas dans un contexte criminel. Ici, la Justice se sent débordée, impuissante, incompétente à juger de telles choses avec le contenu actuel du Code Pénal. Dans ce dossier, on note donc des évolutions intéressantes. En premier lieu, une récidive qui est moins "punie" que d’habitude. Et en second, on sent une réticence à envoyer en prison, des chargés de familles (ici 11 enfants) qui n’ont rien du profil criminel traditionnel. Et "Oh, miracle" : la justice reconnait que l’infraction était de nature "alimentaire" et non pas criminelle. Nous reconnaissons donc que l’avertissement donné par ce tribunal est très pédagogue et compassionnel : ces gens auraient pu prendre 5 ans fermes ! Maintenant, ils savent qu’ils peuvent les effectuer, un troisième passage devant le juge serait ... Enfin, je crois que nous sommes arrivé à un stade où cette prohibition du cannabis fatigue vraiment beaucoup de monde !
Par Riad DOUA | Publié le 20/06/2015 à 06:01
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Prison ferme pour un couple qui cultivait du cannabis
« C’est un dossier décourageant. Affligeant, pour tout l’ensemble des services de justice », déplore le substitut du procureur Nicolas Delpierre. Il est à peine plus de 14 heures, hier. Le magistrat parle à ce moment-là de Jean-Louis Peyron, 55 ans, et de sa compagne Agnès Boffelli, 50 ans. Deux Sarriannais. Le visage fatigué, le couple écoute depuis le box du tribunal correctionnel d‘Avignon. Ces deux parents de onze enfants ont admis qu’ils étaient bien à l’origine de la plantation de cannabis découverte dans un hangar à Bédarrides le 17 juin (lire notre précédente édition).
Les deux prévenus ont été condamnés, révocation d’un précédent sursis comprise, à deux années de prison. La plaidoirie de leur conseil, Me Stéphane Simonin, est venue casser l’image “trafiquants de drogue”. Le couple échappe au mandat de dépôt.
Ils pourront de nouveau plaider leur cause devant un juge d’application des peines dans l’optique d’un éventuel aménagement.
Condamnés le 4 mars à Carpentras pour des faits similaires
À l’énoncé du jugement, les proches des prévenus sont ressortis soulagés de la salle. D’autant que Jean-Louis Peyron et Agnès Boffelli partaient avec un sacré handicap. Le 4 mars dernier, à Carpentras, ils avaient été condamnés à un an de prison pour les mêmes faits. D’où l’agacement du procureur. Les gendarmes avaient découvert 140 pieds de cannabis dans le grenier de la maison de famille.
« C’était temporaire parce ce que n’est pas dans notre ADN »
À l’époque, le couple s’était défendu d’avoir franchi la ligne blanche par nécessité. Une question de survie pour ne pas sombrer dans le surendettement.
Cette fois-ci, leur discours n’est plus le même. L’ouvrier agricole et cette infirmière se sont accrochés à une seule version. Ils prétendent qu’ils ont été obligés de reprendre la cannabiculture. On leur aurait forcé la main pour qu’ils paient la récolte perdue. « Ils ne nous ont pas dit leurs noms mais ils ont su être très persuasifs. Moi je ne suis pas dans leur monde. Alors quand ils m’ont dit “tu sais, tu as une belle famille…” Pour moi, ça veut tout dire. J’ai eu peur. De toute façon c’était temporaire parce ce que n’est pas dans notre ADN », raconte un homme qui a tout au long des débats tenté de minimiser la participation de sa compagne. « Je devais surveiller la culture », interrompt la mère de famille. Présentée comme la comptable de la plantation.
Le couple s’est fait avoir très simplement. À Bédarrides, le propriétaire d’un hangar a trouvé bizarre que son nouveau locataire pose des cadenas sur les portes, calfeutre les fenêtres. Sans compter qu’une odeur de cannabis flottait dans le quartier… Le travail des gendarmes n’a pas été compliqué. Ils ont découvert 58 pieds de chanvre et tout le matériel nécessaire à la cannabiculture. « Ce que vous avez fait, c’est ce que font toutes les personnes qui vendent des “stups”. C’est du business. Peut-être pas comme dans les cités où on le fait pour s’acheter une BMW ou pour faire du bling-bling, argumente le représentant du ministère public. Vous, c’était peut-être pour nourrir votre famille ou rembourser vos dettes. Mais il y a d’autres moyens de s’en sortir. »
P.-S.
Citation (extrait) :
" ... Vous, c’était peut-être pour nourrir votre famille ou rembourser vos dettes. Mais il y a d’autres moyens de s’en sortir..."
Ah oui ? Eh bien, expliquez-nous - à moi et nos lecteurs - comment, c’est la crise depuis 10 ans et nous aimerions bien savoir "comment s’en sortir" ! Nous sommes même tous très motivés à l’apprendre et désireux de le mettre en pratique ! Si vous avez une recette miracle, je pense qu’il est grand temps de nous la dévoiler ! Car 1 200 Euros par mois, avec 11 enfants ... ce n’est même pas la peine de développer !
Question : combien gagne un Juge et un procureur ... ? Et un commissaire de police ... ?
Ce n’est pas pour "critiquer", mais pour faire comprendre que la morale qui prévalait jadis dans les affaires judiciaires, désormais, n’est plus valide ! Nous en sommes à je ne sais combien de millions de chômeurs en France et on demande à ces gens de se tenir tranquille pour ne pas contrarier la part d’individus qui reste active et qui peut jouir d’une existence épanouie constructive ... ça ne tiendra pas longtemps !
Et puis, tenons compte aussi que toutes ces lois qui répriment le cannabis sont basées sur des mensonges et exagérations et sont non-constructives, préjudiciables même pour le pays entier. Les gens veulent utiliser - disposer du cannabis. C’est un phénomène de société et les lois qui concernent et répriment ce domaine sont donc devenues obsolètes et liberticides ! Techniquement parlant, elles forcent à soumettre les jeunes générations aux lois de la précédente ... ce qui est interdit et anticonstitutionnel !
Parlons maintenant des conséquences sociétales : la France se définie comme un pays démocratique mais ... quand sa population dit "Non" à l’Europe, c’est "Oui" quand même et quand sa population ou part importante de sa population réclame le cannabis, récréatif ou médical, c’est la prison ! En rapport à ce qui est rédigé ("gravé dans le marbre") dans notre Constitution et la Déclaration des Droits de l’homme qui en est la base (celle de 1793) : c’est au Devoir d’Insurrection qu’en est cette "Affaire" ! Qui peut me contredire ? J’aimerai bien en trouver un – de préférence diplômé dans son domaine - et en débattre publiquement !
Au procureur et au juge de ce tribunal - que je respecte beaucoup en rapport à d’autres : " finalement, toute l’action de la justice en France, est de laisser le trafic à la pègre et la consommation de cannabis à ceux qui en ont les moyens. Ceux qui sont malades (donc avec peu de moyens) ou ceux qui veulent en consommer pour échapper un peu à leur misères et détresses, en sont exclus et sont les premiers persécutés !". C’est une guerre contre les pauvres, avant tout !
JLB