(France) "Pour une autre politique du cannabis en Île-de-France" par Les Jeunes Socialistes
Cannabis chez les Socialistes : les vieux sont contre, les jeunes sont pour !
Par Karl Rafidimanana, publié le Juin 18, 2016 | À la une
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Pour une autre politique du cannabis en Île-de-France
Comme chaque année, les Jeunes Socialistes de Paris se joignent à l’Appel du 18 joint visant à remettre la question de la légalisation du cannabis au cœur du débat public. C’est également pour nous l’occasion de dénoncer la décision prise par Valérie Pécresse de financer des tests salivaires pour détecter une éventuelle consommation de cannabis chez les lycéens d’Île-de-France.
Le projet de tests salivaires de la droite francilienne démontre une fois de plus leur profond mépris pour la jeunesse, leur déconnexion du quotidien et des réalités et, si cela était encore nécessaire, une vision simpliste et erronée des questions liées aux drogues douces qui ne pourra en aucun cas résoudre les problèmes d’addiction.
Avec 480 000 lycéens dans la région, la droite choisit de mettre en œuvre une mesure qui pourrait coûter jusqu’à 4,5 millions d’euros au moment même où elle décide de supprimer le Pass Contraception (au coût annuel de 20 000 euros) et 300 postes d’insertion dans les lycées. Elle ignore également les études scientifiques et les expérimentations internationales qui démontrent que cette volonté de « fliquer » la jeunesse ne sera jamais efficace. L’hypothèse est ici que le lycéen serait forcément coupable, surtout s’il refuse l’un de ces tests. Derrière ces derniers, c’est pourtant l’intégrité physique qui est atteinte ; le médecin est perçu comme un intrus et sa relation avec les jeunes ne peut qu’en être fragilisée. Dans une période où les moins de trente ans sont parmi ceux qui fréquentent le moins les établissements de santé, susciter une telle méfiance envers le corps médical est à la fois dangereux et irresponsable.
Nous ne pouvons résumer la question de l’addiction à des tests salivaires. Se concentrer sur le dépistage, c’est se situer en bout de chaîne. C’est vouloir prendre l’élève sur le fait accompli sans résoudre les problèmes qu’il rencontre. Il serait plus judicieux pour la région Île-de-France de prendre exemple sur la politique menée par l’ancien président, Jean-Paul Huchon. Les Jeunes Socialistes soulignent en effet l’effort réalisé lors de ces trois dernières années pour consolider les consultations « Jeunes Consommateurs » et développer l’intervention précoce à destination des plus jeunes.
Nous regrettons qu’une fois de plus les postures politiciennes empêchent d’appréhender sereinement le débat sur un sujet complexe. La question des drogues douces se trouvent en effet au carrefour des problématiques de santé publique, de politique de la ville et de prévention de la délinquance. Partout dans le monde, des acteurs s’interrogent sur l’avenir du « tout répressif » qui n’aura jamais su faire reculer la consommation. Non contente d’être inefficace, cette politique conduit chaque année des milliers de jeunes en prison pour des courtes peines liées à de petits trafics. Elle détruit ainsi de nombreux parcours de vie et contraint la société à investir massivement pour reconstruire a posteriori ce qu’elle a aveuglement brisé.
Les Jeunes Socialistes de Paris exhortent la Région à revenir sur sa position et propose de mener au plus vite un grand débat national multi-acteurs sur la politique du cannabis en France. Une telle consultation pourrait réunir des scientifiques, des médecins, les pouvoirs publics et la police, ainsi que des représentants des jeunes et de la société civile. Elle aurait pour mission de sortir des postures pour se poser sereinement la vraie question de l’efficacité de notre politique actuelle. Elle dessinerait les contours d’une approche plus intelligente centrée sur la prévention et l’accompagnement. Elle aborderait sans a priori la question de la légalisation pour permettre un meilleur contrôle de la production et de la consommation et, ainsi, réduire au maximum les risques. Elle incarnerait en définitive l’espoir d’une construction commune de la société dans laquelle nous voulons vivre.