Polémique autour des magasins de chanvre

2004/12/28 - TSR

A Bienne, la lutte contre le commerce illégal de cannabis passera par la fermeture d’une partie des magasins de chanvre. Le préfet a annoncé hier qu’il avait récemment fermé cinq échoppes, en s’appuyant sur une nouvelle base légale du canton de Berne.

Hier, ce préfet socialiste, Philippe Garbani, a accusé sur notre antenne les cantons voisins, particulièrement le canton de Neuchâtel, d’envoyer ses drogués à Bienne.

En cause : les disparités entre cantons. Les autorités sont plus ou moins tolérantes à l’égard du cannabis...
A Bienne, le préfet a rongé son frein pendant plus de deux ans, coincé par le recours gagnant d’un commerçant dont il avait fermé le magasin. A l’époque, la police parlait de 25 commerces de chanvre à Bienne, aujourd’hui, elle en dénombre 35.
"Avec une telle concentration, on sabote la prévention", estime le Conseil municipal biennois. Les enseignants se disent dépassés : comment expliquer aux écoliers que le chanvre est malsain et illégal alors qu’il y a deux fois plus de magasins qui en vendent que de boulangeries ?
Et puis les Biennois veulent casser l’image d’une ville-capitale du tourisme chanvrier. Les contrôles d’identité faits par la police montrent que le cannabis made in Bienne approvisionne autant la consommation locale que la Suisse romande ou la France voisine.

Un nouvel instrument légal
Le canton de Berne durcit donc la lutte contre la vente de cannabis. Il a récemment donné aux préfectures la compétence de fermer des magasins de chanvre, en cas de commerce illégal de stupéfiants.
En mars 2002, la police avait saisi plusieurs dizaines de kilos de haschisch dans trois magasins biennois. Le préfet Philippe Garbani les avait obligé à fermer, en invoquant la clause de police.
Le Tribunal administratif, en réponse à un recours, lui avait donné tort. L’instance avait estimé que la clause de police était là pour protéger la population de dangers graves et imminents, et que la vente de cannabis n’en était pas un. Seul un juge a la compétence de fermer un commerce de chanvre.
Le jugement était alors remonté alors jusqu’au Parlement cantonal. Un député biennois a fait voter un changement de procédure ; une ordonnance est modifiée.
Cette modification, entrée en vigueur le 1er septembre dernier, a été communiquée en détails aux préfets cet automne. Désormais, ils peuvent s’appuyer sur le droit pour ordonner la fermeture des magasins de chanvre qui enfreignent la loi.

Lutte contre le commerce illégal de cannabis, interview de Fred Hainard, adjoint au chef de la police de sûreté du canton de Neuchâtel. (16:12 min. Real Audio)

RSR