Pas un mot, pas une ligne...
2000/07/21 - CIRC
C’est pourtant historique
Pour la première fois aux USA, la Drug Enforcement Agency (DEA), autrement dit la brigade des stupéfiants américaine, a reconnu qu’il n’existait pas de base scientifique justifiant le classement du chanvre (Cannabis Sativa L.) au programme du Commanded Substances Act (CSA).
Ce classement nécessite pourtant que soit établie scientifiquement l’existence d’un "fort potentiel de conduite abusive" pour qu’une substance y figure. Cette dernière doit également provoquer dépendance et n’avoir aucune utilisation médicale légitime, précise la Loi américaine.
C’est une pétition lancée à l’initiative de Mr Jon Gettman, membre du Congrès, soutenu par le journal cannabique "High Times" qui est à l’origine de ce revirement d’opinion. Aux USA, des "pétitions administratives" présentant de nouveaux arguments, peuvent être présentées à l’administration. Appuyée par de récentes découvertes scientifiques consacrées aux modes d’actions des cannabinoïdes sur le cerveau humain, la demande a été par la suite officiellement confiée au Health and Human Service Department (HHS), l’organisme chargé d’enquêter et de remettre un rapport sur lequel la DEA devra se baser pour procéder au reclassement du chanvre dans le Droit Pénal américain.
La politique internationale en matière de drogues reposant sur le modèle ultra-répressif américain, les antiprohibitionnistes du monde entier y voient là un événement qui pourrait bien amener à une reconsidération globale du statut des drogues dans nos sociétés.
Autres pays, autres avancées
En Écosse, c’est le parlement qui propose de statuer sur l’utilisation thérapeutique du chanvre, tout comme en Allemagne. Au Portugal, on dépénalise l’usage...
Le Collectif d’information et de recherche cannabique (Circ) déplore que de telles informations ne provoquent pas plus de réactions dans les médias français et européens. Il espère toutefois que la même énergie dépensée à reprendre les affabulations d’une poignée de pseudo-scientifiques ou de politicien(ne)s et policiers démagogues sera employée à diffuser les rapports scientifiques sérieux et à donner la parole aux principaux concernés, les usagers.