Le "cannabisme passif" nuirait à la santé de l’entourage des fumeurs, particulièrement au niveau du système cardiovasculaire
Curieux article qui mélange tout sur un fond alarmiste au possible. Concernant le cannabisme passif et il faut attendre la fin du texte pour comprendre que cet article n’avait pas lieu d’être : "Mais chez un fumeur passif, les concentrations dans l’air ambiant sont si faibles qu’à ma connaissance, aucun accident cardiovasculaire lié au cannabisme passif n’a - à ce jour - été déploré" ! Bref, des propos plutôt liés à une sorte de fantasme prohibitionniste qui ne correspond pas à des faits probants ! Le problème : c’est un organisme réputé être sérieux - la Mutualité Française - qui colporte de tels balivernes. Je vais vous donner un "truc de décryptage journalistique" : quand une étude emploie plusieurs fois le conditionnel, c’est qu’elle ne prouve rien du tout et que sa portée n’est alors pas d’ordre médical mais politique et/ou économique. Or, le titre de l’article n’emploie pas ce conditionnel - que l’article pourtant contient plusieurs fois - et se trouve donc écrit de sortes qu’il affirme que ... c’est le reproche que l’on peut faire ici à la Mutualité française. Car, attention : avec des titres "bricolés de la sorte", l’accusation de "journalisme jaune" n’est pas bien loin !
Publié le 24 novembre 2014
http://www.prioritesantemutualiste.....
La fumée de cannabis dangereuse pour le cœur
Comme le tabagisme passif, le " cannabisme passif " nuirait à la santé de l’entourage des fumeurs. La fumée de joint impacterait tout particulièrement le système cardiovasculaire.

Toxique pour les consommateurs, la marijuana nuit aussi à la santé des non-fumeurs. Lesquels inhalent certains produits nocifs - voire cancérigènes - que dégage un joint allumé. "Dès lors qu’elles deviennent régulières, ces expositions involontaires pourraient augmenter le risque d’hypotension voire de troubles cardiaques", viennent de démontrer des chercheurs américains.
Augmentation du rythme cardiaque
Chez un fumeur actif, la consommation de cannabis a pour effet quasi immédiat une augmentation du rythme cardiaque et de la fréquence respiratoire. Sur le long terme, le chanvre altère les tissus profonds des bronches et augmente le risque de cancers de l’appareil respiratoire. Autant de troubles jamais observés chez un fumeur passif.
Pour autant, les effets d’une inhalation involontaire de fumée de cannabis sont loin d’être anodins. "Respirer les volatiles de marijuana après combustion, sans même avoir fumé de joint, impacte la circulation sanguine et les artères", vient en effet de confirmer l’équipe du Dr Matthew Springer (université de Californie, San Francisco). Ainsi, le "cannabisme passif" entraîne une diminution de la pression sanguine. Ce trouble augmente le risque d’athérosclérose, principal facteur d’attaque cardiaque.
Pression sanguine en chute libre
Pour le prouver, les chercheurs ont exposé des rats à la fumée de marijuana. Laquelle était dans un premier lieu concentrée en tétrahydrocannabinol (THC), substance addictogène. Dans les 30 minutes suivant l’inhalation, la pression sanguine des rongeurs a diminué de 70 % en moyenne. L’équipe a ensuite réitéré la même expérience, avec de la marijuana sans THC cette fois. Résultat, la pression sanguine a chuté de la même manière. "Le THC n’est donc pas responsable de l’impact sur la pression sanguine et les artères", ont souligné les chercheurs.
Ces atteintes s’expliquent en fait par l’action du monoxyde de carbone (Co). "Par inhalation directe, ce gaz produit par la combustion du cannabis peut en effet provoquer une diminution de l’apport en oxygène vers différents muscles, dont le cœur", nous précise le Pr Nicolas Bonnet, pharmacien et directeur du Réseau des établissements de santé pour la prévention des addictions (Respadd). Conséquence, le rythme cardiaque ralentit, les fonctions respiratoires sont altérées.
Par ailleurs le monoxyde de carbone provoque une irritation chronique des parois artérielles. Cette complication augmente le risque d’infarctus, d’accident pulmonaire ou cérébral si une artère importante est touchée. " Mais chez un fumeur passif, les concentrations dans l’air ambiant sont si faibles qu’à ma connaissance, aucun accident cardiovasculaire lié au cannabisme passif n’a - à ce jour - été déploré ", tempère le Pr Bonnet.
Sources : American heart association meeting report abstract 19538, University of California, San Francisco’s Cardiology Division. Interview du Pr Nicolas Bonnet, pharmacien et directeur du Réseau des établissements de santé pour la prévention des addictions (Respadd), 13 novembre 2014.
(Destination santé ©)
P.-S.
A la Mutualité Française :
On ne vous en veut pas pour le titre : je suis certain que ce n’est pas volontaire. Mais faites attention : c’est important. 38% des lecteurs ne lisent et ne s’arrêtent qu’aux titres des articles ! Ces 38% là, vous les avez désinformés et ils vont prendre pour sûr et certain que le cannabis passif provoque des problèmes cardiaques !
Bon, bref, pris la main dans le sac en train de colporter des ragots prohibitionnistes et d’essayer de les adapter à une logique cohérente ... mais qui ne l’est pas du tout ! En revanche, merci d’avoir présenté les éléments à charges et à décharges dans cet article – ce qui prouve l’honnêteté de son auteur. De la façon dont vous montez votre article, je pense que vous vous posez aussi la question de savoir s’il n’y a pas de l’incohérence quelque part !
Pas facile de communiquer sur le cannabis, hein ? Entre les déclarations partisanes et les fausses thèses officiellement enseignées, il est difficile d’exprimer un seul mot sans avoir personne pour vous « rentrer dedans » ! Je connais … et je compatis !
Mensonges politiques :
Ce qui est nouveau, c’est qu’il y a plein de choses positives à rapporter sur le cannabis, spécialement au niveau thérapeutique. Difficile de continuer à dire, par exemple, que fumer du cannabis donne le cancer alors que les cannabinoïdes s’avèrent avoir des propriétés anti tumorales fabuleuses ! Cette attaque du cannabis à l’encontre du cardiaque, est en train de se constituer parce que c’est un domaine neuf, non abordé auparavant, dans lequel « on » peut user d’un alarmisme exagéré puisqu’il n’est pas bien connu !
Petit constat et cours de politique : les patients atteints de maladies orphelines, désespèrent de voir des études réalisées à leur sujet. Parce que le nombre de cas atteint est très déduit et qu’il n’y a pas de débouché commerciaux pour en rembourser les frais de recherches et de mises sur le marché, donc aucune motivation à le faire.
Ici, nous avons une problématique supposée qui toucherait encore bien moins de cas que les maladies orphelines. Et comme cela, par miracle, une équipe de chercheurs est constituée et financée et nous pond ce rapport alarmiste … comprenez la brèche politique !
Le cannabis est connu pour ne pas tuer : c’est même une sacrée épine dans le pied de la prohibition. Ici, cela permettrait de prouver l’inverse … même si c’est faux, ce que je suppose à titre personnel, cela va le faire croire, le laisser supposer ! D’un point de vue politique, ce serait alors ultra-gagnant !
Vous savez quoi, la Mutualité française, vous êtes bien placé pour demander qu’une telle étude française soit réalisée spécifiquement sur ce sujet. Vous connaissez les gens qu’il faut et tout, et tout ... ! Et pas une étude pipée : une vraie étude et si le cannabis s’avère innocent, il ne faudra pas le cacher !
Absence de problème :
A propos, même dans les états ayant légalisé le cannabis, fumer dans la rue et les lieux publics est interdit et réprimé. Comment peut-on être fumeur passif de cannabis dans ces conditions, à moins d’être le conjoint d’un consommateur ?.
En revanche, l’environnement de fumeurs de cannabis, comme les enfants, peuvent être indisposées par les fumées lorsqu’il y a addition de tabac. Pour eux, le danger n’est pas au niveau du cœur mais plutôt des poumons (bronchiolites) et au niveau du cerveau (supposément altéré dans sa construction par la THC).
Dans un système répressifs, la plupart des parents cachent leur consommation à leurs enfants et ce, le plus tard possible, c’est bien moins compliqué ainsi. Ils évitent donc de fumer en présence des enfants. Imaginez le gamin qui, à l’école, dis à sa maitresse qui parle de cannabis : "on dirait le tabac qui fait rire de mon papa" ! C’est déjà arrivé, vous savez ! Donc, la plupart des consommateurs de cannabis, ne fument pas en présence de leurs enfants. C’est moins vrai lorsqu’ils deviennent ados mais c’est encore gérable !
C’est un problème de prévention pour les quelques irresponsables qui fumeraient en présence de leurs enfants. Il n’y a pas besoin d’étude médicale et d’une montagne de bobards pour prendre ces précautions en amont ! Mais il est vrai que l’interdit empêche de communiquer (faire de la prévention) sur ce point ! Alors, elle force les choses en pondant des études bricolées avec beaucoup de conditionnel utilisé !
La vraie question est que la prohibition a vu ses principaux arguments tomber les uns après les autres ces dernières années et que, face à la déferlante de légalisations, elle désespère d’en trouver d’autres !
JLB