"Maroc : le parti islamiste veut interdire la chicha et le narguilé" par i24News

A noter un fait remarquable : le PJD islamiste au pouvoir demande aussi la légalisation de la culture du cannabis et l’instauration d’un débat parlementaire. Avec L’Istiqlal et le PAM, cela fait trois gros partis marocains qui souhaitent cette légalisation ...


Publié : 23/03/2016 - 08:11, mis à jour : 08:23

http://www.i24news.tv/fr/actu/inter...

Maroc : le parti islamiste veut interdire la chicha et le narguilé

Policier marocain saisissant une chicha

A l’approche des législatives, les partis politiques veulent par contre légaliser la culture du cannabis

Le parti islamiste marocain de la Justice et du Développement (PJD) actuellement au pouvoir a déposé une proposition de loi visant à interdire la chicha et le narguilé dans le royaume chérifien. L’initiative en revient au député Abdellah Bouanou, président du groupe au parlement qui espère faire aboutir le combat mené depuis plusieurs années par le parti islamiste.

Les cafés à chicha pourraient ainsi devenir de l’histoire ancienne au Maroc. Même si ce type de tabac n’est pas encore interdit officiellement dans le pays, les autorités de plusieurs villes, notamment à Casablanca et Marrakech font très souvent des descentes dans les bars et les cafés et saisissent les narguilés.

Abdellah Bouanou espère non seulement interdire la chicha et le narguilé dans les cafés - et les bars - mais aussi sa commercialisation et vente.

Contrairement à la cigarette, le narguilé dégage souvent un parfum fruité. Mais fumer la pipe à eau serait bien plus nocif que la cigarette.

C’est la conclusion d’une méta-analyse portant sur 542 études publiées dans la revue Public Health Reports. Selon cette dernière, au cours d’une session chicha, une personne inhale 125 fois plus de fumée que lorsqu’elle fume une cigarette, mais aussi 25 fois plus de goudron et 10 fois plus de monoxyde de carbone. Une séance de narguilé où l’inhalation est plus longue et plus profonde reviendrait à fumer l’équivalent d’un paquet de cigarettes.

La différence majeure entre les deux consommations reste néanmoins la fréquence. Les fumeurs de cigarettes peuvent en consommer plus d’une vingtaine par jour, alors que les adeptes de la chicha ne fument pas forcément quotidiennement.

Légalisation de la culture du cannabis

Parallèlement à cette proposition de loi, des responsables politiques plaident en faveur de la légalisation de la culture du cannabis.

Ainsi, Ilyas El Omari, le président de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, qui a plaidé pour la légalisation de la culture du cannabis, lors d’un colloque international organisé à Tanger, les 18 et 19 mars. Une initiative qui intervient un peu plus d’une année après un débat parlementaire sur la légalisation de la culture et la consommation à des fins médicales du cannabis au Maroc, plus gros producteur mondial. Dans la salle, étaient présents des responsables officiels, des membres du Conseil économique et social, des parlementaires, des diplomates et, des cultivateurs de cannabis ainsi que des représentants de plusieurs partis politiques membres du Conseil, hormis ceux du PJD, au pouvoir.

Plusieurs participants à cette rencontre, qui ont estimé que le débat sur le cannabis ne doit plus ’’être un tabou’’, ont plaidé pour ’’la dépénalisation de sa consommation et de sa culture’’.

A l’approche des élections locales et législatives de septembre 2016, plusieurs partis de l’opposition comme de la majorité, veulent surfer sur la culture du cannabis qui fait vivre plus d’un million de familles marocaines des régions du Rif, de Tanger à Nador.

Ces partis, dont le PJD islamiste au pouvoir n’hésitent plus à demander officiellement la légalisation de la culture du cannabis et l’instauration d’un débat parlementaire. L’Istiqlal, le plus vieux parti politique marocain, a déjà proposé fin 2013 un projet de loi dans ce sens, suivi et soutenu dans cette démarche par le PAM (Parti de l’Authenticité et de la Modernité), qui a même approché et sensibilisé les producteurs du Rif.

Dans son rapport 2014, l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) rapporte que le Maroc ’’reste toujours le premier producteur de résine de cannabis sur le continent et l’un des premiers au monde.’’ En 2013, les producteurs marocains de cannabis ont atteint le volume de 38.000 tonnes et 760 tonnes de cannabis transformé en résine (kif). Officiellement, la production marocaine de cannabis s’étale sur un peu plus de 47.000 hectares, principalement dans les montagnes du Rif.

La France, l’Espagne et l’Europe en général sont les premiers marchés des trafiquants marocains.