Maroc : le pari du chanvre
14 décembre 2013
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Milouda Hazib rappelle l’engagement du PAM pour légaliser le cannabis
Milouda Hazib
La présidente du groupe du PAM à la Chambre des représentants, Milouda Hazib, a été l’invitée de Redouane Remdani dans son émission « Fi kafass Al Itiham ». Elle a « réexpliqué » qu’il faut entamer une discussion sérieuse autour de la légalisation du cannabis.
Sur les ondes de Med Radio, Milouda Hazib du PAM a appelé à l’exploitation positive du Kif. Pour son parti, la plante peut servir dans l’économie alternative. En d’autres termes, le cannabis peut entrer dans l’industrie pharmaceutique et il peut guérir d’une panoplie de maladies telles que le cancer.
De plus, le chanvre indien pourra servir d’ingrédient dans les produits cosmétiques, les habits, ainsi que les produits de construction.
Milouda Hazib a également rappeler l’engagement du PAM quant à la légalisation de la plante, c’est pourquoi le parti organisera prochainement une journée d’étude sous le thème : « Pour protéger un million de Marocains qui vit de la culture du cannabis. »
Pour rappel, le PAM a ouvert le débat sur la légalisation du chanvre indien en 2009.
P.-S.
Par la voix de Milouda Hazib, le Pam appuie donc son argumentation sur la base des thèses anti prohibitionnistes occidentales et des récentes découvertes médicales issues de la recherche. Mais ce parti prend des risques car les débouchés - possibles, cela est certifié - ne sont peut-être pas évidents à développer.
L’enjeu est crucial. Il n’est donc pas question de rater cette reconversion. Une guerre avec l’Algérie menace sur la question cannabique. D’autre part, le royaume chérifien est en guerre avec les mafias et la corruption. Cette opportunité permet l’espoir de changements et d’accès à plus de sécurité et de modernité, donc une meilleure qualité de vie.
La première chose qui peut bloquer une reconversion chanvre de l’économie, est la question du cannabis médical en Europe d’une part et dans le monde entier en second lieu. Car il n’est pas dit qu’un pays comme la France, veuille partager la galette à ce niveau. Les industries pharmaceutiques fonctionnent avec le principe de brevets et peuvent très bien s’accaparer l’intégralité du marché du cannabis médical français (et plus si possible), de sa culture ... jusqu’au médicament.
Pour le récréatif, il ne faut pas rêver, en Europe, et encore moins en France, ce n’est pas pour tout de suite ! Mais en cas de libéralisation de ce secteur, pour le Maroc c’est "Bingo" !
Comprenons que le Riff est une région montagneuse assez sèche et que sa zone de culture et ses capacités en arrosages sont assez limités. Il ne pourra jamais fournir assez de résine pour l’Europe entière. Je pense qu’il y a donc de la place pour tout le monde, sans avoir à se "piétiner" !
Le marché légal de la résine et son accès sont les conditions minima pour que l’ouverture sur le chanvre légal débouche sur une part de richesse suffisante prompt à le rendre viable. Le principe de cette légalisation est de soustraire le monde paysan du trafic criminel. S’ils produisent du chanvre et qu’ils n’arrivent pas à l’écouler par la voie légale, ce dernier va vite retrouver ses débouchés d’antan !
Tous, l’Europe comme l’Algérie, ont donc intérêt à ce que le Maroc réussisse dans cette voie de reconversion. Il n’y a que de cette façons que les parties y trouvent tous un avantage.
Le Maroc est un pays qui a soif de modernité. Le chanvre est une opportunité et peut servir de tremplin pour un tel projet. Mais il va falloir que toutes les parties concernés y mettent du leur sinon le projet est voué à l’échec.
Après l’Uruguay, le Maroc veut aussi faire un pari sur l’avenir !