Maroc : le Pam doublé par l’Istiqlal dans la ligne droite de la légalisation du cannabis.
Et de deux ! Le parti Istiqlal surprend le Pam en déposant son propre projet de loi sur la légalisation du cannabis. L’enjeu de la course est électoral : les deux partis veulent être chacun celui qui aura pu sorti le million d’électeurs de la misère ! L’enjeu n’est donc pas qu’une simple question économique, c’est aussi une question de prestige et de pouvoir ! Finalement, les populations du Riff pourraient être bénéficiaire de cette concurrence par un effet de surenchère.
Article du 24/12/2013 signé Z.C.
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Cannabis : l’Istiqlal dépose une proposition de loi
Désormais, deux partis marocains, le PAM et l’Istiqlal soutiennent la légalisation du cannabis © DR
Le débat sur la légalisation du Cannabis est de retour au parlement. Cette fois-ci, c’est à travers une proposition de loi déposée par le groupe parlementaire de l’Istiqlal.
La loi reprend dans les grandes lignes ce qu’avait déjà proposé le Collectif marocain pour l’usage médical et industriel du kif ( CMUMIK ), à savoir une législation qui sanctionne le trafic de drogue et pose le cadre pour l’exploitation du kif à des fins médicales et industrielles (textile, médicaments, cosmétiques, etc.)
Le parti de la balance propose que la cannabiculture soit limitée à des régions bien précises : Al Hoceima, Chefchaouen, Ouazzane, Tétouan et Taounate. Une agence étatique devra se charger de contrôler l’exploitation de la plante, sa commercialisation et son usage final.
Le parti de la balance précède ainsi le PAM (Parti authenticité et modernité), le premier à avoir introduit le kif à l’hémicycle et qui espérait déposer une proposition de loi d’ici mars 2014.
L’Istiqlal veut-il couper l’herbe de sous les pieds du parti du tracteur ? La région du Rif avec son million d’âmes qui vivent du cannabis est en effet un réservoir à voix. Se positionner comme la formation qui propose de sortir les paysans de leur misère en autorisant l’usage industriel et pharmaceutique de la plante interdite peut donc pousser à la surenchère politique.
Une loi imparfaite
Est-ce pour autant dommageable pour la cause des défenseurs du Cannabis ? « Pas vraiment », assure ce défenseur de la légalisation, qui nous parle sous couvert d’anonymat afin de ne pas braquer les politiques. « L’Istiqlal peut toujours retirer cette proposition et proposer ensuite avec d’autres partis un texte commun. Tout cela est favorable à l’accélération du processus pour qu’une loi voie enfin le jour », explique notre source. Aussi, l’entrée en lice de l’Istiqlal fait que le PAM n’est plus tout seul à défendre un sujet polémique.
Aussi, la loi proposée par l’Istiqlal est perfectible selon notre source. Elle prévoit une taxe de 2% imposée aux cultivateurs et 5% aux distributeurs. Cet impôt est destiné à une caisse de santé pour aider les personnes dépendantes au cannabis. « On envoie un mauvais message, car on compare le cannabis au tabac et aux jeux d’argent par exemple. On oublie que l’essence même de cette loi est de combattre la drogue » , estime notre source.
Autre faille : la loi ne contient pas de disposition sur l’importation et l’exportation de kif. Des dispositions qui ont tout le temps pour être débattues. « Le plus important est que le tabou est tombé » , s’enthousiasme notre interlocuteur.
Mise à jour
Du côté du PAM, l’initiative du parti de la balance n’est pas vue d’un mauvais œil. "Notre objectif est qu’il n’y ait pas de concurrence entre les partis justement et ce pour donner un maximum de chance à la loi d’être appliquée après son adoption" , assure le député Mehdi Bensaïd, qui prend en charge ce dossier au niveau du PAM. Cela étant, le coup médiatique de l’Istiqlal bouscule un peu l’agenda du parti du tracteur : la proposition de loi du groupe sera déposé en février et non plus en mars, comme annoncé précédemment sur H24info.