"Marijuana : le PDG d’Alcool NB se fait très prudent" par Acadie Nouvelle
Par Pascal Raiche-Nogue, publié le mercredi 9 mars 2016
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Marijuana : le PDG d’Alcool NB se fait très prudent
La nouvelle image de marque d’Alcool NB. - Gracieuseté
Les travaux sur la légalisation de la marijuana menés par l’Association canadienne des sociétés des alcools sont strictement exploratoires, assure le PDG d’Alcool NB, Brian Harriman.
On a appris cette semaine que l’ACSA, qui regroupe les sociétés des alcools provinciales et territoriales, a créé un sous-comité chargé de se pencher sur le dossier de la marijuana. Le PDG d’Alcool NB, Brian Harriman, qui préside l’association, est aussi responsable de ce sous-comité.
Lorsque la nouvelle est tombée, Brian Harriman a affirmé dans une déclaration écrite que les membres de l’ACSA veulent simplement « comprendre les impacts potentiels de la légalisation par le gouvernement fédéral » et qu’il ne souhaitait pas commenter davantage.
En interview téléphonique avec l’Acadie Nouvelle, mercredi, Brian Harriman en a précisé sa pensée. Il rappelle d’abord que c’est le gouvernement fédéral qui pilote la légalisation de la marijuana.
« Mais ce qu’on essaie de faire, c’est d’avoir assez de connaissances sur le sujet pour que si le gouvernement fédéral nous demande quelle est notre opinion, ce que l’on pense, ce qui doit être fait avec la marijuana, on puisse donner une réponse réfléchie sur le sujet », poursuit-il.
Il précise que le sous-comité dont il est responsable ne s’intéresse pas qu’aux débouchés commerciaux possibles de la légalisation de la marijuana, mais aussi aux questions liées à la santé, à l’économie et à la sécurité publique.
De plus, il assure qu’il s’agit simplement de recherche et qu’il n’est pas question de préparer le terrain pour la vente de marijuana par les sociétés des alcools du pays, comme certains médias l’ont rapporté plus tôt cette semaine.
L’ACSA fera-t-elle du lobbying ou lancera-t-elle une campagne publique pour convaincre le gouvernement de permettre aux sociétés des alcools de vendre de la marijuana ?
« Non. La raison que l’on ne fera pas ça, c’est que notre association n’est pas une association de lobbying. On a des réunions deux fois par année pour partager les meilleures pratiques d’affaires et des idées afin de mieux faire notre travail », répond Brian Harriman.
La question est d’autant plus intéressante que l’on voit déjà des joueurs de l’industrie pharmaceutique et des producteurs de marijuana médicinale mener la charge et argumenter qu’ils sont les mieux outillés pour vendre du « pot » récréatif.
Lorsqu’on lui demande d’enlever son chapeau de président de l’ACSA et de dire – à titre de PDG d’Alcool NB – s’il pense que la marijuana devrait être vendue dans les mêmes commerces que la bière, le vin et les spiritueux, il maintient que c’est au gouvernement fédéral de voir comment il veut gérer la légalisation et que plusieurs ministères provinciaux seront aussi appelés à donner leur avis.
Une nouvelle image de marque pour Alcool NB
Le PDG d’Alcool NB ne s’intéresse pas qu’à la légalisation de la marijuana ces temps-ci, puisque la société de la Couronne entame une cure de rajeunissement qui se poursuivra au cours des quelques prochaines années.
Sa nouvelle image de marque, qui comprend un nouveau logo, a été dévoilée la semaine dernière lors de l’inauguration d’une nouvelle succursale à Saint-Jean.
Le concept des magasins sera aussi renouvelé. Les clients auront accès à davantage de services et à plus de nouveaux produits, selon Brian Harriman.
Par exemple, la succursale inaugurée à Saint-Jean est dotée d’une station de remplissage des bouteilles de type « growler », d’une station où l’on peut apprendre à faire des cocktails et d’une station de découverte des vins.
« Il y a 20 ans, les clients arrivaient et ils achetaient les bouteilles qui étaient là. C’était ça. Maintenant, les gens arrivent avec leur iPhone. Ils ont beaucoup de connaissances et ils cherchent une expérience relevée dans nos magasins. »
Les consommateurs devront cependant être patients, puisque la transition se fera progressivement et pourrait prendre jusqu’à sept ans.
« Chaque fois que nos baux se terminent, on va faire une rénovation. C’est une pratique qu’on a toujours eue, ce n’est pas nouveau », explique-t-il.
Brian Harriman croit que ces changements aideront Alcool NB à augmenter ses revenus, comme le demande le gouvernement provincial. Le ministre des Finances, Roger Melanson, estime que jusqu’à 20 millions $ supplémentaires devront être générés par année.