Marc Emery, le semencier canadien emprisonné aux USA, a été libéré ce 09 juillet 2014

L’affaire avait fait grands bruits : les USA demandaient alors l’extradition du Canada d’un citoyen canadien. Et ils l’ont obtenu alors qu’eux ne le font pas et ne le feront jamais en réciproque. Le Canada est donc un pays qui ne protège pas ses citoyens. Enfin, Marc Emery est libre, plus remonté que jamais et nous lui souhaitons que du bonheur avec sa femme Jodie. Bernard Rappaz, et tous les autres prisonniers du chanvre de notre planète, sont toujours en prison. Ne l’oublions pas.


Rédigé par Martijn le 09 juillet 2014

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Marc Emery libéré de prison aux États-Unis

Le 9 juillet 2014, Marc Emery, un politicien canadien, éditeur et distributeur de graines de cannabis, a été libéré de l’institution correctionnelle de Yazoo City, dans l’état du Mississipi. M. Emery fut condamné à cinq ans d’emprisonnement aux États-Unis pour avoir vendu des graines de cannabis en ligne à des citoyens américains.

Marc et Jodie Emery.

Avant son extradition vers les États-Unis, Marc était connu en tant qu’éditeur du « Cannabis Culture Magazine »ainsi qu’en tant que fondateur de « Pot TV ». Il est également l’un des initiateurs du « Freedom Party » dans l’Ontario, et du « Marijuana Party » dans l’état canadien de British Columbia (Colombie-Britannique). En 1996, 2002, et 2008, il participait aux élections afin de devenir maire de la ville de Vancouver. Extradition pour vente de graines

En 1994, M. Emery visitait la High Times Cannabis Cup, durant laquelle il fut inspiré et démarra sa propre banque de graines, en partie en raison d’une certaine connaissance de Sensi Seeds. Peu après son retour au Canada, il fonda « Hemp BC » (Chanvre Colombie-Britannique) et par leur biais, soutint des groupes d’action, des lobbyistes, des actions en justice, et le développement de propositions de loi. Un an plus tard, Hemp BC était en couverture du Wall Street Journal, provoquant une attention médiatique de taille. Tout cela mena à de nombreux raids et procès, sans pourtant finir sur des condamnations importantes.

Jusqu’à Juillet 2005 cependant, la société de Marc Emery fut fermée, sur la requête de la DEA (agence nationale de lutte contre le trafic et la consommation de drogues). La DEA considérait qu’il était un dealer de drogues qui trafiquait sur le territoire américain, et encourageait la population à cultiver et consommer du cannabis. La DEA le voulait donc sur le territoire américain. En 2009, il fut arrêté, et en 2010, fut extradité vers les États-Unis, où il fut condamné à 5 années d’emprisonnement. En raison de sa bonne conduite, il a donc été libéré après un peu plus de 4 ans de prison. Libre mais pas encore sauf

En dépit de sa libération, plusieurs semaines pourraient passer avant que M. Emery ne remette les pieds sur le territoire canadien. Il sera dans un premier temps transféré vers un établissement des services de l’immigration en Louisiane, via lequel son passeport temporaire sera délivré. Puis, le gouvernement devrait lui fournir un ticket pour un vol de Detroit à Windsor, à partir de laquelle il devrait pouvoir rejoindre Vancouver. M. Emery indiquait estimer sa date de retour à mi-août. Davantage de publicité

Marc Emery était déjà un activiste cannabique renommé avant d’être extradé vers les États-Unis, mais la publicité provenant de cette affaire aura clairement joué un rôle concernant sa célébrité actuelle. Il s’agit probablement d’une conséquence que le gouvernement américain n’avait pas prévue ; l’attention portée aux valeurs et politiques de Marc Emery fut gigantesque, mettant en avant son désir d’une politique cannabique juste et libre. La publicité liée a cette affaire fut donc bénéfique, avec au centre du mouvement, le blog de Marc, et les efforts de sa femme Jodie.

En janvier, Marc Emery annonçait une tournée du Canada en 2015, ce afin de lutter contre la politique conservatrice du gouvernement, en prévision des élections fédérales qui auront lieu en Octobre. Sensi Seeds est ravie de savoir que Marc Emery entend continuer dans sa lancée et dans sa carrière politique, et lui apporte son soutien.

P.-S.

Quelques infos supplémentaires :

Dans le principe, l’arrestation et l’incarcération de Marc Emery reviendrait au même que d’extrader aux USA, par exemple des français vendeurs de ceps aux vignerons du monde entier, si l’alcool venait à être interdit aux USA. En achetant des vignes, vous n’êtes pas obligé d’en faire du vin (reste le fruit qui est excellent et bourré de bonnes choses) mais parce que cette potentialité existe, on mettrait alors les vendeurs de ceps en prison ! La France devrait alors extrader ses ressortissants sur la demande d’un oncle Sam outrancier !

Ne chipotez-pas : la pratique d’extradition n’avait rien de morale ni de légale dans ses principes. On peut être contre le cannabis et pourtant respecter à la lettre les principes du Droit.

Au niveau International :

La vente et l’achat de graines de cannabis est libre, la culture de ces graines peuvent être toutefois interdites par les pays des acheteurs (interdit de les faire pousser, pas de les acheter ni de les manger par exemple). Si vous achetez des graines et que les autorités de votre pays l’apprennent : ils ne peuvent en théorie rien contre cela. Toutefois, ils peuvent venir voir chez-vous ce que vous en faites ... ! Et en cas d’infractions, chercher à agir aussi contre l’expéditeur des semences.

C’est le cas de Marc Emery auquel vient se greffer, quand même, une petite grosse atteinte au principe de liberté de vente des semences chanvrières. L’extradition d’un citoyen canadien aux USA, qui un énorme problème moral et légal, n’intervient qu’en second volet : c’est la vente de semence aux USA qui a été visée, les étasuniens étant prix au propre pièges de lois commerciales qu’ils avaient coécrites.

Tous ceci en rapport aux lois et aux accords internationaux qui prévalent dans ce domaine. Un Droit qu’une fois de plus (droit international que les USA ont rédigés à 95% et imposent aux autres), les USA bafouent et ne respectent pas à leur propre niveau.

Ce n’est ni la première, ni la dernière fois, que les dirigeants de cet état font comme ils le veulent. En exemple, parmi une foule de cas, les obligations imposées aux pays signataires de la Convention Unique sur les Stupéfiants de 1961. Aucun pays ne peux faire des recherches sur le cannabis et ne peux légaliser ... dans l’interprétation que font les pays les plus répressifs des textes de la Convention (interprétation fausse). Pourtant, pendant que les USA pressaient leur partenaires à respecter scrupuleusement cette interprétation fallacieuse des textes, ils menaient à bien ces recherches et légalisent à l’intérieur de leur pays ! On peut se demander quel est la nature, alors, du pouvoir qui tient les rênes de ce grand pays. Criminel, Nazie, Communiste élitiste ? Ou tout simplement ultra capitaliste ? Enfin bref, un pays qui ne manque jamais de trahir sa parole donnée et de vous planter un couteau dans le dos à la première occasion. Appelez donc cela comme vous le voulez, mais ce pays est une Infamie !

Quelques faits au sujet de Marc Emery

- Marc Emery est un citoyen canadien qui n’est jamais allé aux États-Unis en tant que distributeur de semences.

- Marc Emery a toujours exploité son entreprise de semences au Canada et n’a jamais eu de bureaux ou d’employés aux États-Unis.

- Marc Emery a déclaré ses revenus provenant de la vente de graines de cannabis sur ses rapports d’impôt, et payé plus de 580 000$ aux gouvernements fédéral et provincial de 1999 à 2005.

- Marc Emery est le chef du BC Marijuana Party, un parti politique provincial autorisé et qui a régulièrement participé aux élections en Colombie-Britannique. En 2000, il a été un candidat du Parti Marijuana aux élections fédérales dans la circonscription de Vancouver Center.

- Marc Emery n’a jamais été arrêté ou condamné pour la production et/ou la distribution de marijuana au Canada. Il n’a vendu que des semences.

- Marc Emery a remis la totalité des profits de son entreprise à des groupes de lobby anti-prohibitionniste, partis politiques, manifestations et rassemblements mondiaux, actions en justice, initiatives pour le cannabis médical, cliniques de désintoxication et à plusieurs autres organisations.

- Marc Emery a contribué à la fondation de l’United States Marijuana Party et financé plusieurs autres partis politiques de par le monde.

- Marc Emery a débuté son activisme politique il y a déjà trente ans comme vendeur de livres interdits par la censure canadienne.

- Marc Emery est une figure médiatique depuis 20 ans en ce qui concerne la réforme de la loi sur le cannabis et les autres drogues. Il est très bien connu des médias canadiens, étasuniens et internationaux.

- Marc Emery exploitait son entreprise en toute transparence et honnêteté depuis sa création en 1994. Il a envoyé son catalogue de graines de cannabis, qui se retrouvait à l’intérieur de son magazine "Cannabis Culture", à chaque membre du Parlement du Canada pendant plusieurs années.

- La Drug Enforcement Administration des États-Unis a admis dans un communiqué de presse de l’administratrice Karen Tandy que l’arrestation de Marc Emery était fondée principalement sur les efforts qu’il a mis afin de légaliser le cannabis - une traduction de ce communiqué peut être lu ici.